Compte-rendu de la Réunion d’information sur les primaires aux secrétaires de sections PS de Paris présidée par le secrétaire fédéral Rémi Féraud • 11 janvier 2011 • Fédération de Paris • 32 rue Alexandre Dumas • 75011 • Paris

16/01/2011

Rémi Féraud a présenté l’architecture générale du projet d’organisation des primaries à Paris. Ce n’est pas une opération anodine, dans la mesure où cette coordination se fait en vue des « vraies » élections de 2012.

D’abord quelques dates :

29 janvier 2011 : réunion des secrétaires de section… (réunion de formation en

communication “spécial campagne primaires” de 9h à 17h)

28 juin ou 13 juillet 2011 : dépôt des candidatures

9 et 16 octobre 2011 : premier et second tour du vote (si un second tour s’avérait nécessaire)

18 juin 2011 : Fête de la Rose

Il n’y aura pas de cantonales, d’où la possibilité d’étoffer le dispositif des primaires. Des questions se posent : Qui participe ? Qui vote ?

La convention nationale du 3 juillet 2010 sur la rénovation a envisagé et résolu toutes ces problématiques. Elle vise, via un processus ouvert, à créer une dynamique électorale et militante, ainsi qu’un rassemblement de sensibilités renforçant le candidat à la présidentielle dans une totale exemplarité démocratique.

Le 23 novembre 2010 a été mis en place le Comité National d’Organisation des Primaires (CNOP).

Décembre 2010 a vu la création des comités départementaux d’organisation des primaires

Janvier 2011 voit l’élaboration de la loi électorale par le CNOP et la fixation du

calendrier définitif par le Bureau National. Création parallèle de la Haute Autorité, chargée de recueillir les candidatures et de proclamer les résultats.

Février 2011 verra la réservation des salles et le maillage territorial.

Mars 2011 sera consacré à la mise à jour et au traitement des listes électorales au niveau national.

Juin 2011, l’ouverture des dépôts de candidatures, ainsi que le finalisation et la

publication des cartes départementales des bureaux de vote.

Septembre à Novembre 2011 verra la campagne et le vote en deux tours ainsi que le rassemblement autour de la convention d’investiture.

Ce travail de préparation devra être finalisé pour les vacances de février…

On compte créer un bureau de vote pour environ 5000 votants maximum, avec un minimum de 4 intervenants présents en permanence (militants ou sympathisants). Les écoles seront accessibles ; elles accueilleront de 100 000 à 200 000 parisiens. Un site internet spécialement créé précisera l’emplacement des bureaux de vote installés dans chaque arrondissement et les modalités du vote. Les votants s’acquitteront d’une participation minimum aux frais de 1 à 150 euros et signeront une charte d’adhésion qui sera distribuée aux militants ou sympathisants installés dans les bureaux de votes pour les primaires dans les semaines précédant le scrutin. Le vote sera ouvert de 8 heures à 20 heures.

Une réunion dans une configuration identique à celle-ci se tiendra le 7 février 2011.


Parti Socialiste

Non classé

La section Culture du PS s’est réunie le 13 décembre 2010

06/01/2011

 

Thème central de cette réunion : rapports entre Ville et Culture.

Gaspard Gantzer (directeur de cabinet de Christophe Girard, Responsable culture de la Fondation Terra Nova) était l’invité de cette réunion-débat.

Dans la salle, de nombreux participants concernés par la culture ou issus du monde de la culture : artistes, metteurs-en-scène, jeunes artistes plasticiens, directeurs de structures et autres membres du milieu associatif ou syndical.

Membres présents de la C.A. :

Jean-Paul Bessières (secrétaire délégué), Pierre Balas (Trésorier), Rosine Young, François Adibi.

Le secrétaire de Sectio, après avoir annoncé avec joie la reprise des réunions de la section Culture à un rythme mensuel et régulier, ouvrit la discussion en évoquant le risque d’exclusion que représentait le projet du Grand Paris et ses infrastructures tentaculaires. Il exprimait son attente de voir apporter des réponses d’ordre culturel aux citoyens qui se partagent l’espace urbain. La culture générant du lien social, un des éléments chimiquement pur de la Ville.

Pierre Balas soulignait les grandes contradictions culturelles de la ville : le Grand Paris et ses infrastructures routières ou ferroviaires et l’incarnation de la ville par ses citoyens dans ses inégalités, qui fabrique de la précarité et de la déculturation. Pour lui il est essentiel de Reconstruire la Ville.

Gaspard Gantzer partage l’inquiétude concernant le projet du Grand Paris (la notion d’infrastructures faisant souvent abstraction de dimension culturelle). Pour lui, la culture n’est pas seulement un supplément d’âme mais l’élément central dans la construction de tout projet de société. La Gauche, quand elle était au pouvoir, avait placé très haut cette valeur, au service des habitants. Il y a trois principaux motifs d’exclusion.

Le seuil géographique (forme d’exclusion par la distance), la Mairie de Paris a pris toute une série d’initiatives publiques dans des espaces où les institutions culturelles faisaient défaut, pour exemple : l’aménagement de la Maison des Métallos , la réhabilitation des 3 Baudets, la création du 104…

En rééquilibrant l’espace publicafin que les habitants s’approprient les lieux et les codes culturels qui y sont associés : avec la création de Paris-Plage, la création ou la rénovation des bibliothèques, les médiathèques (Marguerite Duras dans le 20e)…

Le seuil économique : le choix de la gratuité pour l’ouverture des collections permanentes des musées de la Ville de Paris a généré une hausse de fréquentation de 30%, la Nuit Blanche est une manifestation à laquelle il est très attaché parce qu’elle permet à tous d’avoir accès à l’art contemporain, même chose pour la Fête de la Musique.

 

Le seuil de l’éducation : il constate qu’un certain nombre de pratiques culturelles sont en recul. Intéresser les jeunes à la culture passé

• par l’éducation et le projet de la majorité actuelle en matière d’éducation artistique n’est pas approprié d’où la nécessité d’agir pour nos grandes municipalités : Paris, Lille, Lyon par le jumelage des institutions culturelles et des écoles (quand par exemple les artistes se déplacent et investissent le Musée d’Art Moderne de Paris),

• par la qualités des professeurs de la Ville de Paris,

• par une plus grande interdisciplinarité des établissements culturels, par des propositions culturelles là où on ne les attend pas (métro, stations de tramway, etc).

Afin de retenir les artistes tentés par Berlin, Londres ou New York, Gaspard Gantzer nous signale les politiques volontaristes menées par Paris, Lille et Lyon pour favoriser l’accès au logement et aux résidences d’artistes. Il reste cependant nécessaire de créer des lieux de travail, des ateliers individuels ou collectifs.

Il salue l’influence positive d’acteurs privés qui font beaucoup de bien à certains quartiers tout entiers, à l’exemple des cinémas Gaumont, MK2 et Pathé et s’oppose à la thématique gouvernementale de « la culture pour chacun » en proposant de repenser une approche radicalement inverse : « une culture exigeante pour tous ».

Pour conclure, il souhaite que les villes ne restent pas à l’intérieur de leurs frontières et qu’il n’y ait pas d’opposition entre des territoires qui font partie d’un même ensemble. Au-delà des frontières du périph’, il y a des lieux qui doivent se multiplier.


Parmi les différentes interventions des participants, voici quelques thématiques qui se sont exprimées :

1) Les artistes et collectifs d’artistes peintres et sculpteurs, artistes plasticiens attendent  encore la promesse du 104 pour héberger leurs ateliers de création. Les cinémas indépendants méritent aussi d’être des lieux de convivialité afin de fédérer les publics anciens ou nouveaux. En province des expos tournantes d’artistes investissent des hangars. En présence des artistes des oeuvres exposées, ces lieux sont visités et en dehors du lien social qu’ils suscitent, ils génèrent l’appétit renouvelé des visiteurs pour l’art et la culture.

 

2) Si nous avons la chance d’une alternance en 2012, nous risquons de trouver très maigres les enveloppes budgétaires vouées à une politique culturelle ambitieuse. Il faudra faire avec nos moyens, reconnaissons le travail des associations culturelles qui fédèrent du lien social dans les quartiers, faudra-t-il augmenter les subventions ? Médiatiser les propositions culturelles dans les quartiers, au sortir des métros, des stations de bus ? Utiliser nos vedettes populaires pour faire valoir leurs goûts en matière de culture afin d’en faire la publicité.

 

3) On peut regretter l’éducation populaire, chère à Vitez, et la notion « d’élitisme pour tous » qui doit tous nous guider. L’exemple du Musée d’Art Contemporain de Vitry-sur-Seine ou le Mac Val qui mènent une politique active mais dont la fréquentation est problématique est parlant. Ivry-sur-Seine, avec ses 700 lofts d’artistes, est la première ville de France en termes d’artistes, mais Tokyo et Buenos-Aires semblent mieux la connaître que nous…

 

4) On assiste aujourd’hui à la progressive affirmation d’un quatrième secteur économique, celui des biens immatériels, qui dans le domaine de la culture joue un rôle majeur avec la dématérialisation des biens culturels. A l’heure où le budget européen de la culture sort peu à peu de sa relative atonie n’est-il pas indispensable de faciliter le lancement des politiques culturelles volontaristes auxquelles nous aspirons tous en ayant davantage recours à cet échelon encore insuffisamment exploré de l’action culturelle publique, l’Europe, avec le ressort du biais administratif et régional notamment ? La culture pouvant, à terme, devenir une clef centrale de l’économie.

 

5) On constate malheureusement que les politiques entreprises par la droite placent le patrimoine avant la culture et surtout avant la création. Cette situation nuit à l’émergence de nouveaux artistes.

 

6) Pour ce qui concerne la fréquentation, Monet par exemple peut être une locomotive et amener des publics nouveaux.

 

7) Il est indispensable de relancer l’éducation artistique dans les écoles (que l’on enseigne le langage de leur époque aux élèves : NDLR).

 

8) La médiation des agents d’accueil est très importante, elle devrait être étendue à l’extérieur des enceintes culturelles, dans la rue. Le fait d’avoir le BAFA aide à recevoir les enfants.

 

9) Les bâtiments existent, mais ce sont les hommes et leurs qualités particulières qui sont la vraie richesse de ces lieux.

 

10) Il faut souligner l’importance des squats dans les cultures émergentes comme c’est le cas de la maison des Ensembles. Le travail est rendu possible par la location de ces structures, comme c’est le cas au centre d’art contemporain d’Evry. Il ne faut pas se tromper. La droite commence à accumuler du savoir-faire en matière de culture…

 

11) La droite a cassé tous les acquis de la gauche en matière culturelle et a accouché d’un monde monopolaire dans les Médias, à la Télévision, à la Radio… Les nouveaux médias offrent des possibilités extraordinaires pour créer des contre-feux et des contre-pouvoirs médiatiques, comme c’est le cas par exemple de Rue89 et Médiapart. Le combat pour faire accéder les gens à la culture, qui pour l’instant repose sur des pouvoirs circulaires, qui se transmettent en comités restreints. Nest pas terminé. Il faut changer la donne.

 

12) Il faudra régler le problème de l’intermittence. Une manifestation au Palais Royal avait lieu ce jour là (NDLR)… Une révision de la convention générale de l’UNEDIC est à prévoir. Certains sont passés du statut d’intermittents à celui de fonctionnaire municipal. Ce n’est pas généralisable. L’intermittence est indispensable.

 

13) Face à la tentation de la finance, Il n’y a qu’à rappeler la manière dont ont été conduite les politiques Thatcheriennes au Royame-Uni. Tony Blair avait fait l’éloge du secteur privé. Nous avons été trahis par les financiers qui nous ont privés de nos moyens et cela aboutit aux catastrophes sociales auxquelles nous assistons actuellement.

 

14) Le temps est peut être venu de réfléchir à un statut d’intermittent européen qui pourrait permettre d’harmoniser cette problématique à l’échelon européen. L’idée est a priori bonne, mais attention aux péréquations européennes. Le statut des intermittents est beaucoup moins protecteur dans beaucoup de pays voisins.

 

15) Face à la disparition des espaces dédiés à la culture, la création de lieux nouveaux est souhaitable. Mais l’argent n’a pas obligatoirement besoin d’être investi dans le foncier.

 

16) Comparaison Paris / Berlin qui est une ville qui présente beaucoup de friches. Le coût de la vie est plus bas, ce qui est, là aussi, favorable à l’émergence d’une scène underground. Le marché de l’art est florissant en Allemagne. Les collectionneurs et les amateurs y sont nombreux, ce qui revient à poser la problématique de l’enseignement. Paris / NYC : Aux Etats-Unis, à NYC, le climat général était favorable aux artistes, au moins avant le boom immobilier de 1990, qui a chassé tout le monde de Manhattan vers Brooklyn, ou d’autres quartiers. Cela repose le problème de l’émigration des artistes… Et là aussi, on en revient à l’absolue nécessité de former à l’art et à l’enseignement, et on bute contre l’absence de moyens. En France notamment, le pays où le fait culturel est pourtant le mieux reconnu.

 

17) L’exemple du MK2 de Marseille sur la Canebière, est parlant puisqu’il est devenu un Pôle culturel, la culture de masse ouvrant à une culture plus exigeante, comme le souligne l’ouvrage de Frédéric Martel, « Mainstream, Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde » (Flammarion, 2010).

 

18) Il est scandaleux que les promoteurs imposent aux citoyens leur vision de la ville et qu’ils aient plus d’influence qu’eux sur la physionomie générale des territoires et finalement sur leurs politiques culturelles. Au 104, on constate qu’une politique plus marchande attire des publics, avec la bibliothèque, les bars, le manège, les manifestations, ce qui en augmente la convivialité mais ce ne sont pas les mêmes publics. C’est la problématique de l’argent avec une finance qui aujourd’hui a tendance à oppresser. Il faut là aussi changer ce rapport.

 

19) Le Barbizon est un bon exemple de ces endroits voués à la culture qui disparaissent pour des raisons financières. C’était un cinéma dirigé par une association, or le propriétaire chinois, qui l’avait abandonné, a fini par se souvenir qu’il possédait ce bâtiment. L’association a du trouver un nouveau local et le terrain a servi pour un nouveau projet immobilier…

 

20) Evocation de la situation Corse et de la friche de la Belle de Mai à Marseille. Il y a plus de trois cents associations en Corse et la politique de la droite consiste à choisir cent d’entre elles pour faire du saupoudrage plutôt que de financier les associations qui font un travail sérieux et efficace.


Audiovisuel, Culture en luttes, Education populaire, Hadopi, Médias, Patrimoine, secrétariat national culture, Section culture, Spectacle vivant

Soutien aux salariés de RFI et non-respect des jugements par la direction de France Télévisions

28/05/2009

Aujourd’hui 28 mai 2009, les salariés de RFI en sont à leur troisième semaine de grève et rien ne semble montrer que la direction de cette chaîne de radio publique veuille revenir sur la décision unilatérale de licencier 206 personnes et de supprimer 6 rédactions!! 

Nous devons soutenir nos camarades de RFI!!

D’autre part, plusieurs dizaines de salariés intermittents qui ont gagné leur procès contre France Télévisions (FT)  soit aux Prud’hommes, soit en Appel et parfois même en Cassation attendent, depuis des mois quand ce n’est pas des années, que la direction des Ressources Humaines sous la houlette de leur président Patrick de Carolis concède à respecter les jugements et de fait  applique les décisions de justice en faveur des salariés..

Les avocats de ces salariés en sont réduits à faire appel aux représentants de la force publique pour que la direction de FT fournisse enfin les documents administratifs requis, paie les dommages et intérêts auxquels FT a été condamné, avec souvent des astreintes à payer en cas de retard, ou simplement propose aux salariés le contrat de travail en bonne et dûe forme que le jugement leur impose.

Souvent la direction de FT ne respecte pas ces jugements!!

Dans le mépris le plus total des salariés et des juges qui ont appliqué la Loi..

Quand elle ne licencie pas tout simplement ( après des parodies de commissions paritaires auxquelles  tous les syndicats de FT, sans exception, refusent dorénavant de participer après en avoir dénoncé les abus dans un tract commun, signé et daté du 26 septembre 2008..) , pour faute grave et sans indemnités, les salariés qui refusent de signer le contrat proposé par FT, toujours revu à la baisse en terme de salaire et de temps de travail hebdomadaire et donc non conformes aux jugements, avec parfois même des mutations d’office sans indemnités de déplacement!!

Et que dire du « Beruf’s Verbot » auquel ces salariés sont condamnés depuis leur action en justice!?

Ce scandale perdure depuis des mois, FT et son président Patrick de Carolis ne font rien pour trouver des solutions et appliquer la Loi!!

N’oublions pas que nous parlons de la direction d’un grand service public supposé être en première ligne dans le respect et l’application des lois républicaines..

Il s’agit tout simplement d’un déni de justice lorsque des centaines de personnes en sont réduits à vivre sans ressources, dans la précarité alors qu’un jugement leur avait garanti un emploi et un salaire.

Il faut dénoncer ces pratiques et que nos élus créent une commission parlementaire spéciale pour dénoncer cette attitude indigne d’un service public et pour enfin faire appliquer la LOI et les décisions de justice par France Télévisions.

Il s’agit de l’avenir professionnel de centaines de salariés réduits au chômage et du présent de leur famille..

ALAIN SCHLICK (Réalisateur)

Audiovisuel

Communiqué de Sylvie ROBERT, Secrétaire nationale à la Culture Et de Patrick BLOCHE, Secrétaire national aux médias

29/04/2009

Mercredi 29 avril 2009

 Communiqué de Sylvie ROBERT,  Secrétaire nationale à la Culture

Et de Patrick BLOCHE, Secrétaire national aux médias

 Lors de la reprise du débat à l’Assemblée nationale sur le projet de loi dit Hadopi, le Parti socialiste tient à rappeler combien ce texte inefficace retarde bien inutilement la nécessaire adaptation du droit d’auteur à l’ère numérique.

Depuis toujours, le Parti socialiste est aux côtés de la culture et des artistes. Il l’a montré, ces dernières années, lors du conflit des intermittents du spectacle ou en s’opposant, depuis sept ans, à ce que le ministère de la Culture devienne le parent pauvre de la République. Sept ans où l’on a sabré les crédits de la création, étouffé l’éducation artistique, dépouillé l’audiovisuel public des ressources complémentaires de la publicité qui l’aidaient à soutenir la production cinématographique, imposé une taxe compensatoire aux fournisseurs d’accès qui aurait pu servir à la rémunération des auteurs.

Le projet de loi qui a été rejeté, le 9 avril dernier, par une majorité de députés, traduisant ainsi le doute qui a gagné jusqu’aux rangs de l’UMP, est un texte perdant-perdant : perdant pour les internautes sur lesquels va désormais peser une présomption de culpabilité ; perdant pour les artistes malheureusement trompés puisque ce projet de loi ne rapportera pas un euro de plus à la création.

 Depuis près de trois semaines, cependant, le monde culturel bouge, résistant ainsi à l’instrumentalisation dont il fait l’objet de la part de Nicolas SARKOZY et du gouvernement.  Nombreux sont les auteurs et les artistes qui ont compris qu’on les leurrait et qui manifestent leur opposition à Hadopi : artistes interprètes de la musique et de la danse; acteurs, réalisateurs et producteurs de cinéma; acteurs du monde de la science-fiction et salles de cinéma indépendantes.

 Dans le même temps, à Bruxelles, par un vote massif dans une de ses commissions et avec l’engagement actif de la rapporteure, Catherine TRAUTMANN, ancienne ministre de la Culture, le Parlement européen nous a rappelé une nouvelle fois que le projet de loi Hadopi était condamné à très court terme par l’évolution de la législation européenne.

Dans ce débat, le Parti socialiste a autant le souci de protéger les libertés individuelles et la vie privée des internautes que d’assurer la pérennité du droit d’auteur qui, dans son histoire, a toujours su s’adapter aux évolutions techniques.

En s’opposant à ce mauvais texte, le Parti socialiste a souhaité ouvrir le débat sur des solutions alternatives. Il s’agit, en effet, de créer un nouveau mode de rémunération de la création, adapté aux réalités de l’Internet mais aussi de permettre l’accès du plus grand nombre à la culture : ce sont deux objectifs de gauche qui doivent être poursuivis et non opposés. Dans cette démarche, le Parti socialiste a le souci majeur de rassembler les créateurs et les internautes, c’est-à-dire les artistes et leur public et non de les opposer comme le fait le gouvernement.

 

Hadopi

Hadopi : Non au passage en force Communiqué de Sylvie ROBERT, Secrétaire nationale à la Culture

09/04/2009

Paris, le 9 avril 2009

Communiqué de

Sylvie ROBERT, Secrétaire nationale à la Culture

Hadopi : Non au passage en force

 

Le Parti socialiste salue le rejet par l’Assemblée nationale du projet de Loi Hadopi et notamment du dispositif de surveillance et de répression des internautes que les parlementaires socialistes ont combattu en lui opposant notamment le concept de «contribution créative», système qui propose, contrairement au projet du gouvernement, une véritable rémunération des artistes et des créateurs.

 Le résultat de ce vote démontre de manière particulièrement significative l’absence de soutien des députés UMP à ce texte, imposé d’en haut par le président de la République et sa ministre de la culture. Ce revers personnel pour le président de la République démontre les limites de la méthode Sarkozy : absence de compréhension de la société, absence de concertation en amont, absence de dialogue durant le débat et passage en force au moment des votes.

 Le Parti socialiste demande au gouvernement de prendre en compte la position des parlementaires qui, très majoritairement, soit en votant contre, soit en s’abstenant, soit en ne siégeant pas, ont exprimé leur opposition à l’équilibre de la Loi HADOPI.

 Il serait parfaitement inacceptable que le gouvernement ne revoit pas de fond en comble la copie d’un texte inefficace pour les créateurs et répressif pour les internautes. Ce passage en force serait une nouvelle démonstration d’un pouvoir autoritaire qui préfère imposer que convaincre. De plus le texte HADOPI ne prenait pas la mesure des enjeux du financement de la création artistique aujourd’hui dans notre pays et c’est bien à l’aune de cette ambition que le gouvernement doit revoir sa copie.

 

Hadopi

Les eurodéputés votent contre la privation d’accès à Internet

01/04/2009

Les eurodéputés votent contre la privation d’accès à Internet
LEMONDE.FR avec AFP | 26.03.09 | 15h45

L’accès à Internet, comme l’accès à l’éducation, ne devrait jamais être  
bloqué par des gouvernements ou des compagnies privées », a estimé,  
jeudi 26 mars, le Parlement européen, s’opposant du coup au projet de  
loi français Hadopi très controversé.

Par 481 voix contre 25 (et 21 abstentions), les eurodéputés ont adopté  
un rapport consacré au « renforcement de la sécurité et des libertés  
fondamentales sur Internet » et qui mentionne que « garantir l’accès de  
tous les citoyens à Internet équivaut à garantir l’accès de tous les  
citoyens à l’éducation ». Par conséquent, « un tel accès ne devrait pas  
être refusé comme une sanction par des gouvernements ou des sociétés  
privées », lit-on dans ce rapport établi par le député socialiste grec  
Stavros Lambrinidis.

« L’e-illettrisme sera l’illettrisme du XXIe siècle », justifie l’auteur  
du rapport selon qui « la tentation de couper l’accès à Internet peut  
être comparée à l’interdiction de suivre des études au cours des  
siècles précédents ». Une vision radicalement opposée à celle de la  
ministre de la culture Christine Albanel : son projet de loi  
« Diffusion et protection de la création sur Internet » (dit « Hadopi »)  
instaure des sanctions contre le téléchargement illégal et le  
piratage, parmi lesquelles la suspension de l’abonnement à Internet.

Lors d’un premier examen du texte il y a deux semaines à l’Assemblée  
nationale, Mme Albanel avait précisément soutenu que l’accès à  
Internet ne pouvait pas « être considéré comme un droit fondamental »,  
précisant qu’on pouvait avoir accès à Internet « partout ailleurs » que  
chez soi. L’assemblée nationale française doit reprendre le 31 mars  
l’examen du texte controversé.

Hadopi

Jacques Attali – loi Création et Internet

01/04/2009

Quelques semaines après avoir déjà dénoncé dans Le Point un projet de loi Création et Internet qu’il voit comme le « pitoyable résultat d’une connivence passagère » entre les industriels et les politiques de tous bords, Jacques Attali récidive. Dans une interview à iPol, l’économiste et conseiller politique conseille aux artistes de s’opposer à la loi et de prendre eux-mêmes en main leur destin avant que les majors se retournent et négocient avec les FAI une licence globale dessinée pour leurs seuls profits.

http://www.dailymotion.com/video/x8smpf_jacques-attali-tacle-hadopi_news

« C’est stupide, c’est inapplicable, c’est liberticide, et c’est une alliance tout à fait absurde de quelques entreprises, quelques artistes et quelques politiques« , attaque Jacques Attali. « L’information est par nature gratuite, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne doit pas être rémunérée. Elle sera rémunérée par la licence globale« , assure-t-il, enjoignant les artistes à prendre eux mêmes en main le chantier de la licence globale, sans tarder.

Jacques Attali estime en effet que « c’est très important que ce soit fait maintenant et que les artistes le prennent en main maintenant parce que s’ils ne le font pas, progressivement les majors vont se rendre compte que le système de la loi Hadopi ne fonctionne pas« . Or « ensuite les majors vont changer complètement de pied comme ils l’ont fait à chaque fois qu’ils ont eu besoin de le faire, et ils vont mettre au point la licence globale en se partageant le gateau avec les fournisseurs d’accès, monter une structure dans laquelle l’ensemble de l’argent réparti ira d’abord des fournisseurs d’accès aux majors, et les majors distribueront des miettes aux artistes« .

« C’est très important que les artistes comprennent qu’ils faut que eux prennent en main le système, comme ils l’ont fait dans le temps avec la Sacem, qu’ils fassent leur propre société (de gestion collective)« , demande Attali, qui préconise par ailleurs la plus grande transparence dans le fonctionnement de cette société.

Hadopi

Redonner du souffle et du sens à notre projet culturel – Sylvie Robert , SN Culture

01/04/2009

 

                    Redonner  du souffle et du sens à notre projet culturel

                                                                                                   Sylvie Robert , SN Culture

  « Toute personne capable d’avoir conscience de ce qu’elle est , de ce qu’elle fait et surtout du rôle qu’elle a dans ses relations à autrui possède une culture : nul ne peut-être exclu de ce royaume » Manuel Vasquez Montalban

 « Faites des créations qu’attend le peuple », dit le Président de la République dans la lettre de mission à sa Ministre de la Culture.

Jean Vilar parlant de la démocratisation culturelle disait : »Avec audace et opiniâtreté , imposer au peuple ce qu’il ne sait pas qu’il désire. ». Cinquante ans séparent ces deux propos.

 Aujourd’hui , en 2009  , nous avons une double  responsabilité . Il faut à la fois  dénoncer fermement la situation dramatique dans laquelle se trouvent l’art et la culture dans notre pays mais aussi  analyser les pratiques culturelles de la société du 21ème siècle , en  mettant à plat nos référentiels antérieurs , en étudiant la complexité du paysage actuel .Il s’agit bien de formuler un projet qui  tente de répondre aux enjeux de demain .

N’oublions pas cependant jamais l’Histoire ,notamment celle écrite par la gauche lorsqu’elle était aux responsabilités, et qui a contribué à doter notre pays d’une grande politique de la culture, à constituer un réseau d’équipements et d’équipes de production et de diffusion de grande qualité et à mettre en place en place une multitudes d ‘initiatives diverses et foisonnantes .

 L’action publique culturelle française est exceptionnelle , exemplaire au point qu’elle est encore enviée par bien  d’autres pays . La nouvelle page à écrire doit se nourrir de cette réalité .

Chacun s’accorde en effet à faire le constat d’une fin de cycle de la politique culturelle , et donc de la nécessité de bâtir un nouveau modèle. Toutefois , il est clair que le contexte actuel de crise financière et économique en rend la démarche complexe et délicate .En même temps , nous assistons à une telle révolution idéologique , celle d’une  droite ultra-libérale qui sans état d’âme atteint les valeurs qui nous sont chères , celles qui touchent  les libertés , le pluralisme , la laïcité , l’égalité que nous n’avons plus le choix  .

 Le monde de la culture et le parti socialiste : « l’histoire d’un désamour »

 La culture et le parti socialiste ont une histoire commune et pourtant il est un fait : la culture a été trop longtemps absente de nos débats , de nos campagnes électorales , de notre réflexion de socialistes alors qu’elle est au coeur des valeurs d’émancipation et de liberté  que nous portons .De quelle culture s’agit-il ? Bien au delà de sa dimension sectorielle , elle est la dimension essentielle de « l’être humain doué de raison » comme de « l’être social qui grandit de sa relation aux autres » , évoqué dans la déclaration de principe du PS . Elle est le travail de la pensée , celle de soi et celle de l’Autre , elle est facteur d’émancipation  individuelle et collective ouvrant à la compréhension du monde et donc à la liberté .Le regard des artistes aide à éclairer les mutations à venir , l’artiste questionne ,il  dérange  , il nous apprend à devenir des citoyens critiques. « Penser , c’est dire non » disait le philosophe Alain  .C’est pourquoi , le droit à créer, à s’informer  est le gage du bon fonctionnement d’une démocratie .Ces libertés sont essentielles pour lutter contre toute forme de standardisation et de normalisation des esprits et des modes de vie . Elles sont aussi  essentielles pour réaffirmer que défendre l’économie de l’intelligence , c’est à dire l’éducation , la recherche , la culture , c’est aussi réaffirmer notre attachement à une société de l’innovation et du savoir .

 Les politiques de la culture auraient-elles perdu le sens politique de la culture ? Peut-être!

En tout cas , il devient  urgent d’affirmer que défendre la culture dans un projet politique , c’est d’abord et avant tout la poser comme un enjeu transversal , comme un élément qui crée du lien , qui nous permet de nous retrouver sur des utopies , comme enfin ce qui nous aide à avoir une vision de la société de demain à partir de nos valeurs communes , de justice et de solidarité . Et il ne suffit pas d’affirmer que les ressources de l’intelligence et de la sensibilité alimentent mieux que toutes autres la croissance économique , il faut rappeler qu’elles sont indispensables au progrès social et au projet démocratique . 

 Le  gouvernement Sarkozy et la culture: une mise à mal programmée

 Cet engagement pour défendre la priorité  culturelle devient urgent car  le gouvernement actuel a décidé d’engager une véritable bataille idéologique avec une cohérence sans faille , une méthode redoutable qui consiste d’abord  à supprimer , à diviser, à réduire , à fragiliser pour quelques temps plus tard faire de grandes annonces et adopter la posture du  défenseur de la cause culturelle . Peut-être est-il dès lors important de rappeler quelques faits et d’identifier les symptômes de la crise qui secoue le monde culturel actuel .

Cela commence en 2007 avec la lettre de mission du Président de la République à Christine Albanel dans laquelle les fondements même de la politique culturelle sont remis en cause .Là encore , les apparences sont trompeuses car après avoir affirmé que «  la démocratisation est un échec » , il prône et impose l’obligation de résultats afin que  l’offre culturelle réponde à l ’attente de la population …Ce populisme est une grande rupture avec la conception de la politique culturelle qui a présidé à l’action de l’Etat depuis  la création du Ministère de la Culture .Le contexte est clair . L’art et la culture sont évalués à l’aune  d’une rentabilité immédiate qu’il faut pouvoir quantifier et mesurer . Ce qui est différent d’une démarche d’évaluation dont les indicateurs doivent être partagés par l’ensemble des acteurs . L’art comme outil critique , la mise en valeur du sensible et la culture comme facteur d’émancipation de l’individu ont disparu .Depuis , l’inquiétude grandit . Le budget ne cesse de baisser .A coup de gels qui se « dégèlent »  lorsque la protestation devient trop forte dans le secteur du spectacle vivant , la chute  du budget du Ministère de la Culture , entamé dès 2002, -sur ce point, c’est la continuité qui prévaut-est une réalité que l’on ne peut plus contester aujourd’hui .

Ainsi ,  on constate que l’action culturelle est malmenée , que l’éducation artistique est négligée , que le patrimoine est sinistré – et ce , malgré  les 100 millions d’euros en plus annoncés par le Président Sarkozy –et que le rayonnement international est complètement délaissé . Le manque d’ ambition pour défendre un vrai service public de la culture est le signe d’un désintérêt évident pour ce secteur . Quant à la loi sur l’audiovisuel public , sous couvert  d’une fausse bonne idée , elle traduit  bien une attaque contre le  service public et elle révèle le souhait d’un renforcement des chaînes privées qui devraient ainsi bénéficier du surcroît de recettes publicitaires . Le spectacle vivant malgré les « yoyos »de son financement  est lui aussi fragilisé . Son paradoxe atteste aussi de la difficulté de la situation actuelle . D’un côté , une créativité foisonnante , une vitalité forte , le développement sans précédent des ars de la rue , des arts de la piste , des musiques actuelles …, de l’autre une crise structurelle dont les signes les plus saillants sont révélés  par la question de l’intermittence  , c’est à dire la rémunération des artistes et des professionnels du spectacle et de l’audiovisuel , la fragilisation sans précédent de projets et une précarisation de plus en forte des artistes .

 Ajoutez à cette situation  , la révision générale des politiques publiques et la crainte d’une suppression du Ministère de la Culture, il faut convenir que l’angoisse est fondée quant à l’avenir de ce secteur . On ne peut oublier  le projet de loi « création et Internet » , destiné à lutter contre le piratage des oeuvres musicales et cinématographiques sur Internet et qui intervient deux ans après la loi dite « DAVSI ».Il démontre une fois encore  un  manque de réflexion voire d’imagination d’un gouvernement  qui pour n’avoir pas anticipé les mutations de la révolution numérique et ses conséquences , ne parvient toujours pas à dépasser l’opposition entre les militants du « tout gratuit » et les défenseurs de la création et des auteurs.

Je terminerai cet exercice « non exhaustif » en évoquant le débat sur le fonctionnement des politiques culturelles et particulièrement le cadre institutionnel et contractuel qui régit les relations entre les différents acteurs publics .Sans préjuger de la conclusion de la réflexion en cours au sein de la commission du comité de réflexion et de propositions sur la Modernisation et le Réequilibrage des Institutions de la Vème République présidé par Edouard Balladur , force est de constater que là aussi , l’époque n’est plus la même . L’Etat s’est désengagé , plus il s’est effacé . A un Etat qui a su impulser s’est substitué un Etat gestionnaire , tandis que les collectivités territoriales fortes de leurs financement et de leur volonté de construire de véritables politiques culturelles se sont imposées comme de vrais acteurs publics de développement .La politique culturelle de l’Etat s’est historiquement mise en oeuvre dans un rapport descendant  .L’Etat était prescripteur , les collectivités territoriales et les institutions culturelles appliquaient ses modalités d’intervention et de financement .. Aujourd’hui cependant  , elle ne sait plus épouser  la réalité de ce qui se crée dans les territoires , là où se déploient projets , pratiques artistiques dans leur relation aux populations . D’où , cette nécessité de redéfinir un nouveau mode de relation fondé sur la complémentarité entre tous ces acteurs publics qui concilie l’attention à la pluralité des démarches artistiques , des lieux , des expressions culturelles   et l’efficacité d’une action publique au service d’un  projet de territoire  . J’ai souhaité évoqué brièvement quelques-uns des symptômes de la crise politique et culturelle que nous vivons . C’est une crise des valeurs , c’est une vraie rupture idéologique orchestrée et assumée par un gouvernement de droite ,  c’est l’illustration d’un manque d’anticipation face aux bouleversements que connaît ce secteur à la fois du côté des artistes , de leur environnement social , technologique mais aussi du côté des citoyens , de leurs pratiques .

C’est finalement le rôle et la place de l’art et de l’artiste dans notre société du 21 ème siècle , face à la mondialisation qui se pose et celle que l’on réserve au citoyen dans cette relation dialectique  .

 Les grands enjeux pour le PS

 L’une des grandes difficultés à  surmonter est d’abord celle de notre incapacité à avoir une approche globale , non segmentée du monde qui nous entoure  .

 Parce que les questions du vivre ensemble , du savoir et de l’innovation sont au coeur de nos préoccupations . Parce que les questions de décentralisation , de création et de transmission font partie intégrante des valeurs que nous portons . Parce que les questions européennes et internationales sont indissociables des réflexions sur la diversité , la laïcité , l’identité et l’ouverture à l’autre . Parce qu’enfin , les questions économiques , d’emploi , du numérique sont intimement liées à notre capacité d’anticiper sur les évolutions sociétales de demain . Parce que les artistes et les politiques peuvent  « dire le monde dans une vision critique et anticipatrice » ,  nous avons , en tant que socialistes , le devoir de réaffirmer l’importance de l’art et la culture dans notre projet .

« La réalité ne peut-être franchie que soulevée » René Char

 Le défi est  en tout premier lieu de redonner du sens au politique comme moyen de réinvestir le champ de la pensée et de l’action publique et comme outil de régulation .

Quand l’art n’a pas la place qu’il mérite , ce n’est pas lui qui va le plus mal , c’est bien plutôt la société qui ne sait plus la lui donner  . Or nous en avons besoin pour reconstruire du vivre-ensemble . Cela passe  par une confiance retrouvée avec le monde de la culture .Car , si l’art et la culture sont  des produits du lien social , elles  sont aussi les conditions d’existence de ce lien .

Le chantier est complexe parce que repenser  un projet culturel suppose de s’affranchir de certains concepts , celui  par exemple de l’oeuvre comme seule finalité , celui  de  l’excellence  comme principal  critère de choix ou  celui du rôle de l’Etat comme unique  expert . Et ce n’est que quelques points , il y en a bien d’autres .

Créer les conditions d’accompagnement des expressions les plus diverses , de la créativité , de l’innovation sur l’ensemble des territoires dans l’exigence et le lien avec les populations  appelle la remise en cause de  nos références , la définition de nouvelles modalités d’intervention , l’insertion de la culture dans  l’ensemble des politiques publiques qui fondent notre projet de société , l’éducation , la recherche , la formation , l’aménagement du territoire , la solidarité , la politique de la ville  (…)C’est alors que resurgit la question de l’éducation populaire comme  élément essentiel d’une politique culturelle humaniste que nous voulons retravailler collectivement .

 Les grands chantiers de réflexion et de travail

 En premier lieu , il convient de repenser la  dialectique entre art/création et public/population.

Dépasser la simple question de l’oeuvre et de l’excellence pour élargir le champ culturel à une dynamique de projet .Un projet artistique et culturel lié à un territoire – dans toutes ses acceptions même imaginaire- qui s’affranchit des modèles et des formes , qui  s’extrait de la relation producteur/consommateur en révélant une nouvelle « figure de l’amateur », qui retrouve le sens des valeurs symboliques partagées .C’est redonner à la place et au rôle de l’art et de l’artiste dans notre société , une dimension essentielle , politique et sociale au sens sociétal du terme .Ce chantier est fondamental car il doit être en prise sur les évolutions du monde contemporain . Etre attentif aux mutations , c’est prendre des risques , c’est s’aventurer , c’est tout simplement ne pas s’enfermer dans des représentations toute faite .C’est ainsi soutenir et promouvoir la création artistique , qui a besoin d’un climat d’indépendance , de conditions pour s’épanouir, et il faut rappeler à ce sujet que la liberté d’expression et de création est une valeur essentielle, chèrement obtenue , mais jamais définitivement acquise. Les menaces qui pèsent sur les libertés publiques sont des menaces directes sur la vie artistique et culturelle.

 Le deuxième grand chantier est  la question de la transmission . Nous l’avons maintes et maintes fois réaffirmé , l’éducation artistique de la maternelle à l’université doit être au coeur de notre projet socialiste .Nous avons tant regretté le plan de 2000 dit  Lang/Tasca qui  a été purement et simplement enterrée alors que le Président de la République vante l’éducation artistique . Les arts du sensible doivent retrouver leur place au côté des savoirs fondamentaux .

J’ajouterai à ce deuxième chantier  , la question des enseignements artistiques et de la formation .

 Le troisième enjeu consiste à bâtir une nouvelle stratégie de régulation des industries culturelles, et ce dans le nouveau contexte de l’ ère numérique et du développement des technologies de l’information et de la communication. Il intéresse la production des contenus comme leur accès au plus grand nombre .La révolution numérique appelle une viligance particulière pour assurer la préservation et le développement du cinéma , de l’édition , de la musique enregistrée et simultanément conduit à revisiter le thême de la démocratisation culturelle , en prenant en compte les nouvelles pratiques artistiques et sociales qui se déploient sur le net. Inventer de nouveaux modèles économiques pour les industries culturelles , sauvegarder le modèle français et européen du droit d’auteur, encourager les nouveaux usages , telles sont les conditions d’un équilibre , encore plus riche et plus libre grâce aux bouleversements technologiques.

 Le quatrième enjeu est celui du nouveau paysage institutionnel de demain . Celui-ci doit redéfinir les cartes dans une nouvelle partition entre l’Etat et les Collectivités Territoriales .  Il touche à  à l’aménagement du territoire , à la question des financements et aux rôles respectifs de chacun des acteurs publics .Cette question qui n’est pas nouvelle doit cependant être traitée , certes dans le nouveau contexte de la réforme des institutions qui  , à l’heure où j’écris ces lignes , n’est pas connue mais aussi  avec une vision réformiste d’un Etat qui doit être en mesure de s’adapter à une nouvelle donne territoriale . Elle concerne le Ministère de la Culture , son positionnement stratégique et transversal , elle  concerne ses services déconcentrés , leurs missions et leur rôle face à la montée en puissance de l’ensemble des collectivités territoriales. Ellesconcerne la répartition des responsabilités et pose la question du chef de file entre tous les acteurs .

 Le cinquième enjeu , tout aussi fondamental, est celui de l’Europe et de la dimension internationale. Alors que l’actuel gouvernement met en coupe réglée le réseau culturel extérieur de notre pays pour des raisons de restriction budgétaire, il nous faudra affirmer avec notre ambition:celle d’un monde culturel multipolaire. Il y a va de la diversité culturelle sur notre planète. La mondialisation culturelle ne saurait être soumise aux seuls intérêts financiers de quelques pays.

L’Europe se dotera-t-elle enfin d’une action d’envergure pour la culture ? La France qui a forgé le concept d’exception culturelle, doit redevenir le fer de lance de la construction d’une Europe de la culture , et les socialistes doivent en être les infatigables promoteurs.

La tâche est immense et passionnante . Elle devra être élaborée collectivement , et se nourrir de l’apport de toutes les forces vives culturelles  .C’est sûrement un sixième chantier …indispensable.

L’engagement de tous  pour la culture est plus que jamais nécessaire . 

Culture en luttes, secrétariat national culture

Communiqué de Patrick BLOCHE, Secrétaire national aux médias Et Razzy HAMMADI, Secrétaire national aux services publics

01/04/2009


Communiqué de

Patrick BLOCHE, Secrétaire national aux médias

Et Razzy HAMMADI, Secrétaire national aux services publics

 

Plan social à RFI, quand l’Etat ajoute de la crise à la crise

 
Patrick Bloche, député de Paris et secrétaire national chargé des médias et Razzy Hammadi, secrétaire national aux services publics ont rencontré hier et aujourd’hui la délégation intersyndicale (SNJ, FO, SNRT-CGT, SNJ-CGT) des représentants du personnel de RFI.

 Lors de ces deux entrevues ont été abordés successivement :

 -       Le plan social lancé en janvier portant sur la suppression de 206 postes soit 20% du personnel.

-       La suppression sans aucune concertation ni information, d’émissions à l’étranger et en direction des communautés étrangères en France menant au démembrement de la mission de service public de RFI, 3ème audience mondiale et à la remise en cause du rôle de la France à l’étranger.

-       La politique conduite par la direction de RFI, représentée par Alain de Pouzilhac (par ailleurs président du comité de surveillance du troisième groupe de casino en France) et par Christine Ochkrent, la compagne du ministre de tutelle de l’audiovisuel extérieur de la France, amène à une politique de casse sociale sous prétexte d’un « déficit chronique » (soit 7 millions d’euros sur un budget total de 130 millions), dont l’existence est principalement due au sous-financement chronique organisé par l’Etat.

Le Parti socialiste tient à rappeler sa solidarité à l’égard des personnels de RFI et sera mobilisé à leur côté dans le cadre des actions et initiatives qu’ils prendront dans les semaines qui viennent.

 Le Parti socialiste demande que le plan social de RFI soit abandonné et que l’Etat par le biais de l’AEF, remette de l’ordre, de la dignité, ainsi que du respect dans le comportement qui doit être le sien, notamment à la tête des entreprise publiques.

 Dans cette perspective, le Parti socialiste exige que le gouvernement  rende public, dans les plus brefs délais, le budget exact de RFI, et notamment la rémunération de ses dirigeants, qui connaît un plan social sans que les informations nécessaires à l’évaluation de son état de santé ne soit communiquées et débattues.

Culture en luttes, Médias

Communiqué du Bureau national « Création et Internet »

01/04/2009

Communiqué du Bureau national

« Création et Internet »

 A la veille du débat à l’Assemblée nationale sur le projet de loi « création et internet», le Parti socialiste rappelle que le financement de la Culture dans notre pays traverse actuellement une grave crise due principalement au désengagement de l’État et qui touche de nombreux secteurs comme les arts vivants, l’édition, le patrimoine ou l’éducation artistique. La récente réforme de l’audiovisuel public a, à cet égard, accentué la fragilisation du financement de la création dans notre pays.

 Le Parti socialiste regrette une fois de plus qu’avec ce texte le Gouvernement n’ait pas su trouver l’équilibre entre les usages des internautes d’un côté et les droits  moraux et la rémunération des artistes de l’autre.

 En opposant le droit d’auteur au droit à la protection de la vie privée des internautes, le Gouvernement ne fait pas le choix d’une politique culturelle ambitieuse. Les socialistes aiment les artistes comme leurs publics, c’est pourquoi ils refusent cette vision binaire du débat que veut imposer le gouvernement.

 Le Parti socialiste exprime ses plus vives réserves à l’encontre d’un projet de loi, préparé sans concertation avec tous les acteurs, et qui a l’évidence sera inefficace et inutile :

 -               ce texte ne rapportera pas un euro de plus à la création artistique

-               c’est un pari perdu d’avance car les usages des internautes ont déjà évolué. Ils pratiqueront de moins en moins le téléchargement – c’est-à-dire le stockage des oeuvres – et s’orienteront de plus en plus vers un accès direct et continu aux contenus culturels, via le streaming notamment.

-               ce dispositif pourra être facilement contourné et manipulé : en cryptant, par exemple, les fichiers échangés ou, plus grave, en se servant de l’adresse IP d’un autre internaute pour télécharger illégalement.

 Le Parti socialiste redit son attachement au droit d’auteur, garant de la diversité culturelle, outil de défense des créateurs et condition indispensable de la liberté du public. Il s’agit de protéger la propriété intellectuelle tout en créant les conditions pour qu’internet soit une chance pour la création artistique et son accès au plus grand nombre. Il s’agit aussi d’assurer aussi le droit à la protection de la vie privée dans le respect des libertés publiques ce que ce texte ne garantit pas.

 Dans cette transition que vit le monde de la culture, l’encouragement à la mise en place d’un nouveau modèle économique adapté au numérique aurait permis de dépasser les intérêts particuliers, de concilier deux droits fondamentaux : le droit d’auteur et les droits fondamentaux des citoyens (présomption d’innocence, droits de la défense, droit à une procédure contradictoire, garanties d’une procédure judiciaire). Aucune politique digne de ce nom n’a été esquissée par le Gouvernement pour favoriser l’essor des industries culturelles (disque, cinéma, édition….) dans le contexte de cette révolution technologique.

 Les socialistes ont pour ambition, en rassemblant les internautes et les artistes, et non en  les opposant, de répondre aux vraies questions absentes du projet de loi : comment assurer l’accès de tous à la culture? Comment rémunérer la création à l’ère numérique ?

 Le Parti socialiste s’inscrit dans une démarche totalement différente à la fois respectueuse des droits et libertés des internautes et soucieuse de la rémunération des créateurs. Dans les prochains mois, après avoir consulté tous les acteurs concernés, il sera amené à faire des propositions qui devront permettre d’adapter réellement le droit d’auteur aux évolutions technologiques et d’aider à l’émergence d’un nouveau modèle économique redistributif et équitable.

 

 

Hadopi