Réunion de Section Culture le 16 MAI à 19H00 à SOLFERINO
Chèr(e)s camarades, nous sommes heureux de vous convier à notre prochaine réunion de section qui se tiendra LE 16 MAI à partir de 19 H00 SALLE MARIE THERESE EYQUEM à SOLFERINO.
J’aurai le plaisir de vous remettre vos cartes 2010 à cette occasion (tout arrive). Cette séance sera centrée sur les questions relatives à l’audiovisuel public et nous recevrons à cette occasion Jean-François Téaldi, journaliste à France 3 et secrétaire général du SNJ-CGT de France Télévisions. Nous aborderons au cours de cette réunion également l’actualité fédérale et nationale.
En comptant sur votre présence,
Amitiés Socialistes
Le Secrétaire de la Section Culture
La C.A. de la section Culture
Invitation à la projection de « GasLand »

Le groupe socialiste du Conseil régional d’Île-de-France a le plaisir de vous convier à la projection en avant-première de sa sortie en salles, du film-documentaire « Gasland » au Conseil régional d’Île-de-France, en présence de Jean-Paul Huchon, le 31 mars prochain à 19h.
(entrée par le 65 rue de Babylone, Paris 7ème )
En projetant ce film-documentaire, les socialistes de la région Île-de-France veulent appuyer la mobilisation citoyenne, et continuer à sensibiliser sur les questions politiques, sociales et environnementales que soulève l’exploitation du gaz de schiste.
Les inquiétudes rencontrées sur les zones de forages sont légitimes et font l’objet d’un relai politique, à tous les niveaux où, nous, élus socialistes pouvons faire entendre notre voix.
C’est aussi un sujet plus large qui concerne l’ensemble de nos concitoyens, car il pose, entre autres, la question de la légitimité de la décision publique lorsqu’elle concède l’exploitation du sous-sol minier aux multinationales de l’industrie pétrolière, sans débat ni concertation préalable.
La demande de protection émanant de nos concitoyens est forte. La question du gaz de schiste se pose à nous à un moment de doute sur notre capacité à entendre et à agir. Le groupe socialiste de la région Île-de-France souhaite contribuer à l’identification de notre travail sur cette question.
Amitiés socialistes,
Guillaume Balas,
Président du groupe Socialiste au Conseil régional d’Île-de-France
Interviendront dans le débat suivant la projection :
Jean-Paul Chanteguet, Député de l’Indre, commissaire référent aux questions environnementales.
Laurence Rossignol, secrétaire nationale à l’Environnement.
Hélène Gassin, Vice-présidente Île-de-France chargée de l’Environnement et de l’Energie ;
A propos du film :
« Gasland » est un témoignage cinématographique sur les conséquences sociales et environnementales liées à l’exploitation massive, des gaz de schiste aux Etats-Unis par l’industrie pétrolière.
Primé en 2010 au festival du film indépendant de Sundance, « Gasland » a également été nominé aux Oscars 2011 dans la catégorie « meilleur documentaire ».
Sa sortie nationale en salles est prévue le 6 avril prochain.
Réservation obligatoire au : 01 53 85 69 04.
Les Socialistes, la culture et les médias : liberté d’expression, libertés fondamentales.
Pierre Haski, excusé, est remplacé dans cette conférence par Dominique Gerbaut, Président de Reporters Sans Frontières
La liberté d’expression et la liberté de création sont des libertés fondamentales de notre démocratie. Sylvie Robert et Patrick Bloche ouvrent la conférence sur cette affirmation dans un temps de régression, de retour à un nouvel « ordre moral» dans la France de Nicolas SARKOZY.
Contre la définition si consumériste et individualiste de « la culture pour chacun » chère à Frédéric Mitterrand, nous revendiquons la culture comme l’expression d’un « vivre ensemble » où le regard particulier des artistes est nécessaire à notre compréhension du monde. Pourquoi alors tant d’artistes, ont-ils aujourd’hui des difficultés à montrer leur œuvres, ou tant de plasticiens, cinéastes, romanciers… se trouvent mis en cause ?
Agnès Tricoire expose le combat que mène aujourd’hui l’Observatoire de la liberté de création de la LDH pour rappeler que l’œuvre d’art est une fiction, une représentation du monde sans « utilité », que les propos d’un roman ne sont pas ceux de son auteur. Théophile Gauthier, Flaubert et d’autres à leur époque ont été contraints à cette démonstration, sur laquelle se fonde encore Agnès pour plaider la défense des artistes. Aujourd’hui, plus que l’atteinte aux mœurs, c’est la défense des enfants qui est l’argument le plus fréquemment opposé aux artistes. N’est ce pas sous la pression d’une association « au nom de l’innocence des enfants » que le Ministère de l’éducation a retiré son soutien au beau et poétique film de Sébastien Watel –dont l’auditoire a pu apprécier quelques images ?
« Liberté de création des artistes, liberté d’expression des journalistes ». Jérôme Bouvier et Dominique Gerbaut, reviennent sur la volonté de contrôle par le pouvoir politique qui s’exprime de façon encore plus caricaturale avec Nicolas Sarkozy, la France passant de la 11ème à la 46ème place dans le classement de RSF pour la liberté de la presse. C’est une situation de très grande tension politique. Paradoxalement, dans le temps où la plus grande transparence est exigée dans les médias, la limite vie privée/vie publique tendant à disparaître dans les émissions de télévisions, les journalistes ont de moins en moins de moyens pour mener des enquêtes de terrain ou pour couvrir en toute indépendance les conflits. Ils en ont perdu progressivement la confiance des citoyens.
Les intervenants nous rappellent que les journalistes attendent d’un retour de la Gauche au pouvoir des moyens qui leur permettront de garantir aux citoyens une information de qualité : redonner au CSA une vraie légitimité (composition élus/professionnels/citoyens) ; couper les liens groupes de presses/groupes industriels vivant de la commande publique -situation particulière à la France- voire adoption d’une chartre par les journalistes eux-mêmes…
Ce débat sur la liberté de création et d’expression doit se poursuivre. Nous devons être vigilants, interpeller nos élus, refuser le décrochage d’œuvres. Mais plus encore que le soutien public aux créateurs, c’est l’éducation à l’art, à l’image, et aux médias qui donne aux citoyens la nécessaire distance critique et leur propre capacité de juger. Ce sera un élément central de notre projet pour 2012
Budget 2011 de la culture: la consolidation de la stagnation
Réunion de la Section Culture du 7 Mars 2011
L’Assemblée Générale de la section Culture a eu lieu salle Jean Poperen au 1er étage du PS avec pour thème central :
DIVERTISSEMENT CONTRE CREATION ?
Bruno Laforestrie, patron de Générations FM et de Hip Hop Paris, défenseur des cultures émergentes et fin analyste de la situation culturelle actuelle, était notre invité.
Le débat dresse un panégyrique des nouvelles formes de création et de diffusion, mais très vite il dépasse les enjeux impartis au sujet.
Pour Bruno Laforestrie, il faut éviter que La France devienne à l’échelle du monde une sorte de Rocher de Monaco, retranché dans les soubassements d’une culture dont les modes de fonctionnements deviendraient progressivement anachroniques face aux évolutions en cours.
Il pense que le fonctionnement de la SACEM et de la SCAM est à revoir :
Certains artistes deviennent des rentiers quand d’autres, beaucoup plus nombreux, sont peu ou pas rémunérés par des modes de redistribution mal adaptés.
D’après lui, il serait possible de jouer sur la part réservataire publique pour mieux financer la musique. En effet, seulement 6 à 7 % des ventes reviennent aux artistes et n’offrent que quelques centimes dans le cas du numérique.
N’est-on pas entrain de constituer des musées virtuels de la réalité ?
Le budget culture représente 11 milliards d’euros. Doit-on se cantonner à la gestion patrimoniale en consacrant 1% du PIB à la culture et en créant plus de dette.
Il rappelle que le secteur public reçoit 200 millions d’euros alors que la suppression de la publicité à créé un vide de 300 millions d’euros.
Il y a eu une externalisation de la production française vers les productions privées. C’est un axe de réflexion majeur entre divertissement et création.
La question de la constitution d’un patrimoine culturel se pose, celui d’un soft power non uniquement tourné vers la francophonie… la question de la réputation de la France dans le monde se pose alors.
Dans la salle, une militante intervient pour aborder le problème des scénaristes en France. “Il y a dit-elle une reconnaissance réelle des auteurs et des réalisateurs quand les scénaristes sont insuffisamment protégés et reconnus. Le Rapport du Président de France Télévision est édifiant sur la production. Pourquoi n’est-on pas en mesure de créer des séries de la qualité, des meilleures séries américaines ? Les scénaristes n’ont pas toujours les “moyens” de travailler.
La création doit-elle avoir lieu en circuit ouvert ou fermé ?”
Pour Bruno Laforestrie, c’est là toute la question de la stratégie de l’audiovisuel extérieur :
Il cite l’exemple de Haïti où plus un jeune ne parle le Français. Il n’y a pas de bouquets adaptés, les chaînes françaises sont souvent payantes quand les contenus étrangers du câble sont principalement gratuits.
La première chaîne française au monde est Trace TV elle vient souvent en premier choix en Afrique, mais paradoxalement elle est aussi devenue anglo-saxonne (comme en Afrique du sud).
Un autre militant prend la parole pour signaler que ce qui existe dans la culture existe dans toutes les industries, y compris dans l’agriculture. La disparition des petits producteurs au bénéfice de grands groupes. En outre, il aime à rappeler que L’Art, la Culture et la Communication sont souvent amalgamés.
Il évoque le problème de la gratuité requise pour les artistes quand ils sont invités à diriger un atelier dans les écoles publiques.
Bruno Laforestrie pense qu’une Asphyxie est à prévoir s’il n’y a pas de réponse réactive de notre part.
Il constate aussi le problème des chaînes privatisées qui ne respectent pas leurs cahiers des charges. Quand 20% d’œuvres françaises sont demandées, on n’en réalise que 1%.
Il pense aussi qu’il y a de grands curseurs sur lesquels il faut jouer pour réduire les grands clivages. Si on reste en interne, rien, ou presque, ne changera.
Par exemple : Canal plus qui produit beaucoup de films.
Canal satellite devrait être un service public.
La création doit s’accompagner de régimes juridiques dans lesquels elle s’opère ainsi que la distribution et le financement par le biais du CSA, CNV et du CNC.
Une redistribution démocratique paraît indispensable. Les marges de manœuvres sont de 20 à 30%.
Face à une politique visant à faire disparaître les petits producteurs ceux-ci doivent s’unir. Des 90 sociétés de production actuelles va t-on aller vers 5 à 6 à terme ?
Le grand problème tient à une capitation publique importante qui ne bénéficie que d’une redistribution minimale à l’aune d’un choc systémique avec la civilisation digitale.
Par ailleurs, le choc avec le secteur privé internet risque de tourner à l’avantage des entreprises comme Google si on ne fait pas les anticipations nécessaires.
Le peu de renouvellement des élites culturels créé une production endogamique qui ne correspond pas aux aspirations réelles du public.
Il faut injecter du sang neuf, ouvrir les équipes et financer la jeune création.
Le regard actuel est trop ethno-centré alors qu’il faut davantage faire le pari européen ou mondial. Les outils techniques et technologiques pour ce faire existent. Il faut se tourner vers ces domaines et cela demande de grandes décisions politiques.
La présence conjuguée d’Hadopi et la Sacem crée des tiraillements qui risquent de provoquer une explosion du système si de bonnes pratiques ne sont pas mises en place. Oui aux créateurs, non à une forme de rente exagérée pour certains d’entre eux…et ce dans tous les domaines de la création.
Il y a une frustration actuelle qui risque de pousser nos meilleurs créateurs à s’expatrier.
Nous disposons de moyens de pressions, notamment dans l’utilisation faite des NTIC et du pouvoir symbolique des professions concernées. L’ISF représente à ce titre 4,7 Milliards d’euros… (Les spécialistes de la cour des comptes s’inquiètent de cette situation… ).
Des questions éthiques se posent également. L’exemple des Bouches du Rhône demande une clarification nécessaire qui sera exemplaire à l’échelle du pays.
Il y a de manière générale très peu de contrôle démocratique sur les institutions et moyens mis en œuvre.
Wikileaks a fait bouger la diplomatie…
Le CAC 40 ne génère pas les impôts qu’il devrait génèrer, puisque l’on est souvent aux alentours de 5% d’imposition… Complexité des contrôles est partout.
1% des créateurs sur 3 millions vivent bien face à une grande majorité de précaires. Là aussi une impulsion politique majeure est nécessaire.
Serons-nous une sorte de Brésil vis-à-vis de l’Europe ?
Internet est un vecteur générationnel susceptible de relancer la création.
Le monde culturel doit accompagner ces transitions.
C’est un sujet central qui concerne tout le monde.
Le parti socialiste doit émettre des propositions audibles.
Il doit se prononcer sur les deux sujets majeurs que sont
- le digital et
- les cultures émergentes.
- Facebook a tué Ben Ali… Il serait souhaitable d’étendre cette problématique à la jeunesse pour lui permettre de sortir de son état actuel de soumission : durablement faire dialoguer de leur culture à l’extérieur.
Dans le contexte des primaires, la stratégie digitale revêt une importance particulière.
Un million de personnes doivent voter ofrant ainsi une ouverture à la société civile.
Nous devons répondre de manière adaptée aux problématiques ambiantes.
Nous disposons de possibilités bien réelles qui ne se représenteront pas si fréquemment.
Un militant intervient pour nous faire part de son idée de substituer au débat sur l’identité nationale, celui du dialogue des cultures et de la célébration du vivre ensemble, du métissage, sinon nous irons vers une aggravation des violences et de la peur. La France est un pays d’immigration de toute éternité. Il y a une responsabilité de l’audiovisuel public et du politique dans cette perception des choses.
Il nous rappelle que chaque année 100 000 élèves sont rejetés par le système scolaire, et 10% ne sont pas scolarisés. Que faire ? Il faut souhaiter l’irruption d’un mouvement culturel de l’ampleur de la Movida. 80% des gens sont sur Facebook, soit 20 millions de personnes !
Bruno Laforestrie lance que plutôt que de prôner l’égalité réelle, il faudrait clairement se prononcer contre les inégalités réelles.
Il s’inquiète :
“L’élection sera faite le 1er octobre ou presque. Ses thématiques seront posées… Il est important de constater l’usage que fait le Front National d’internet, relayé par des milliers de bloggeurs. En matière de groupes de pression ils ont trois ans d’avance. On sent l’irruption d’une violence symbolique. Il est indispensable de ne pas laisser cette tendance à la ségrégation et la violence avancer des thèses qui pourraient morceler la société”.
Enfin il nous propose deux références bibliographiques :
« Bug made in France » ou l’histoire d’une capitulation culturelle d’Olivier Poivre d’Arvor
« Mainstream », Enquète sur cette culture qui plaît à tout le monde de Frédéric Martel
Réunion de la Section Culture le 7 Mars 2011
Cher(e) camarades, je suis heureux de vous convier à la prochaine réunion de la Section Culture qui se tiendra de 19h à 22h le lundi 7 Mars , à Solferino , dans la salle du 1er étage ( qui ne porte pas encore de nom).Le thème central de discussion autour duquel s’articulera la réunion est celui du divertissement contre la Création qui constitue clairement l’un des marqueurs de la politique de la Droite envers la Culture.En privilégiant ce qui est reconnu et institutionnalisé, en arbitrant toujours en faveur du moindre risque et du plus consensuel, la politique actuelle sape le fondement même de la culture , sa capacité de renouvellement par la création.Bruno Laforestrie qui est une figure bien connue des nouveaux media , président de Hip Hop citoyens ( http://hiphopcitoyens.com/) et qui est pleinement immergé dans les questions de création urbaine et de mixité,viendra nous faire part au cours de cette réunion de sa perception de la question et ouvrira nos débats sur ce sujet central de la culture et de la création.Merci de vous libérer pour cette réunion qui inaugure notre nouveau cycle de réunions .
Amitiés SocialistesJean-Paul Bessières -Orsoni
Secrétaire de la Section Culture
Carnet
Christian Le Guillochet, qui précéda François Adibi au poste de secrétaire de notre section Culture, fondateur du Lucernaire avec sa femme Luce Berthommé, s’est éteint le 10 février 2011. Son fils, Thomas-Tavé, 17 ans, est à présent orphelin. Pour ceux qui l’ont connu, n’hésitez pas à vous manifester !
« Culture pour chacun » : une drôle de musique pour tous ? »
Vendredi 4 mars 2011 à 17h00
Odéon Théâtre de l’Europe
L’Odéon Théâtre de l’Europe, ouvre ses portes à Futurs Composés, réseau national de la création musicale à l’occasion d’une table ronde « Culture pour chacun : une drôle de musique pour tous ?». La rencontre se tiendra dans le salon Roger Blin vendredi 4 mars 2011 à 17h00. La création musicale concentre parfaitement toutes les questions qui se posent autour du débat ouvert par le Ministère de la culture et de la communication intitulé « Culture pour chacun » devenu « Culture pour tous » et « Culture partagée ». C’est à ce titre que Futurs Composés se propose d’organiser un débat.
La musique est un champ culturel qui va des expressions les plus populaires jusqu’aux musiques savantes :
> Comment se pose la question de l’intimidation sociale ?
La musique nécessite un apprentissage :
> Quels enjeux pour les questions de la transmission et de la démocratisation ?
La musique est au coeur des nouvelles technologies et sa production comme sa diffusion en dépendent :
> Le numérique et les réseaux. La circulation et l’économie.
Ainsi, les questions de démocratisation, d’intimidation, de la place des cultures populaires comme celle des enjeux du numérique résonnent particulièrement avec le monde de la musique. C’est pourquoi Futurs Composés a pensé utile de poser les bases de ce débat avec des professionnels de ce champ disciplinaire et avec ceux qui réfléchissent plus largement sur le monde et son devenir :
> Bernard Cavanna compositeur et directeur de conservatoire
> Arnaud Merlin producteur radio
> Ivan A. Alexandre musicologue et journaliste musical
> Denis Bertrand sémioticien
> François Flahault philosophe
> Gustave Massiah économiste
> Jean Lambert-Wild auteur et metteur en scène
> Alain Brunsvick – sous réserve DGCA – Direction Générale de la Création Artistique
> David Jisse animateur du débat, directeur d’un Centre national de création musicale, producteur radio et vice président de Futurs Composés.
Sous réserve de modifications.
Ce débat se propose d’être le début d’une réflexion plus approfondie sur ces nouveaux enjeux de la culture.
|| Réservation indispensable auprès de Futurs Composés : contact@futurscomposes.com ||
Informations pratiques
Entrée libre.
Date et horaire : vendredi 4 mars 2011 à 17h00
Adresse : Salon Roger Blin, Odéon Théâtre de l’Europe, place de l’Odéon – 75006 Paris
Métro : Odéon, ligne 4 et ligne 10
Futurs Composés, réseau national
Culture pour chacun, culture pour personne !
Alors que s’ouvre le Forum culture 2011, organisé par le ministère de la culture et de la communication, Sylvie Robert, secrétaire nationale à la culture du Parti socialiste, critique la politique libérale du gouvernement dans ce domaine. La «culture pour chacun»? Une «politique de repli».
La culture pour chacun, bonsoir ! Depuis la note rédigée par deux conseillers de Frédéric Mitterrand et sa traduction en directive nationale d’orientation pour 2011, la «Culture pour chacun» était censée être un «axe structurant» de la stratégie du ministère de la Culture et de la Communication. Mais très vite, sous le flot des critiques, le ministre a noyé son slogan dans un gloubi-boulga marketing, et le forum national qui va avoir lieu vendredi 4 février 2011 à la Villette est devenu «Culture pour chacun, culture pour tous et culture partagée». La confusion est désormais totale. Et pour cause !
La citation empruntée à André Malraux, incontournable référence culturelle de la droite française, est particulièrement mal choisie. D’abord, parce que quand il s’adresse à l’Assemblée nationale, le 27 octobre 1966, Malraux a une grande ambition : traduire budgétairement ses orientations politiques. Or, la «culture pour chacun» sert surtout à justifier la baisse de financements de l’Etat. Ensuite, parce que pour Malraux, la définition de la démocratisation consistait à mettre à disposition des œuvres, c’est-à-dire à développer une politique de l’offre basée entre autres sur des équipements culturels – notamment par les maisons de la culture, les fameuses «cathédrales». Toute sa politique était sous-tendue par l’idée que la transmission culturelle fonctionnait par le seul pouvoir de révélation de chaque œuvre. Un pouvoir de «révélation» qui a du même coup écarté (à tort) de son champ l’Éducation nationale, l’éducation populaire… et a montré ses limites, comme l’attestent les faits, les enquêtes et les études actuelles sur la diversification de la composition des publics.
Il ne reste donc de la «culture pour chacun» qu’un slogan, dévoyé et décontextualisé, labellisé «Malraux». Le procédé est récurrent. Le président de la République y a déjà eu recours en citant «la politique de civilisation» d’Edgar Morin et «l’identité n’est pas une pathologie» de Claude Lévi Strauss, auteurs résumés, récupérés et réduits à un simple argument d’autorité ou à ce que les Anglo-Saxons appellent le name dropping.
Exit donc la «CPC», même si la logique de fond perdure. Celle de l’idéologie Fillon-Sarkozy, mélange de libéralisme économique et de néoconservatisme, fondée sur le mépris des fonctionnaires d’un ministère dont il n’a jamais su quoi faire. Encore une fois, ce discours lénifiant cache la triste réalité d’une politique qui touche la culture de plein fouet : entre la RGPP, la mise en difficulté budgétaire des collectivités territoriales, principales sources de financement du secteur, la braderie de notre patrimoine national, l’abandon d’une grande politique de rayonnement culturel international, la fragilisation des compagnies, la baisse des marges artistiques des lieux culturels, l’écart entre le discours et les actes devient inquiétant et démontre que le ministère navigue à vue.
Quand le talent d’un politique est de savoir rassembler pour créer ce vivre-ensemble fondé sur des valeurs d’exigence démocratique, la «CPC» oppose, divise, simplifie l’histoire de nos 50 dernières années de politiques culturelles pour en tirer des conclusions hâtives et avancer des solutions simplistes : la culture pour tous contre la culture pour chacun, les élites contre le peuple, la culture savante contre la culture populaire. Comme si le peuple français était incapable de se saisir de la complexité d’une pensée, comme si ce peuple ne pouvait pas être traité autrement que comme une masse inculte.
Comment ne pas y voir non plus une politique de repli qui consiste à cantonner chacun à ce qu’il connait ou qu’il a déjà, renvoyant à la culture du chacun chez soi ? Une vision libérale qui délégitime l’action publique, laisse certains en prise avec les seules forces du marché des produits culturels et réserve à d’autres ce qu’elle ne cesse de qualifier d’ «excellence». Quelle crédibilité accorder à un ministre qui demande à une politique culturelle de tisser le lien social que la politique économique et sociale du même gouvernement détricote chaque jour ? Comment ne pas voir le tour de passe-passe d’une politique culturelle qui après avoir oublié les publics, oublie les artistes ! Alors même qu’en cette période de nivellement et de marchandisation, une politique culturelle doit au contraire garantir le soutien et la liberté des créateurs pour leur permettre de livrer un regard critique et prospectif sur le monde à venir. Comment accepter le satisfecit des auteurs sur «le développement significatif de l’éducation artistique» alors que les moyens consacrés à la transmission des savoirs ont été sérieusement amputés, et qu’il ne reste plus que la dérisoire institution d’un enseignement obligatoire des arts, sans heures ni professeurs dédiés.
Tout au contraire, l’enjeu est de refonder une action publique capable de se positionner comme rempart contre l’uniformisation et pour la diversité culturelle, mettant au centre de son projet la transmission et l’éducation comme moyens d’égal accès de tous au sensible ainsi qu’à la reconnaissance de l’autre, et réaffirmant le rôle essentiel des artistes comme expression de notre complexité humaine. Tout ceci ne peut se réaliser qu’en préservant le rôle essentiel que jouent depuis des années les collectivités territoriales en matière culturelle, dans le cadre d’un partenariat renouvelé avec l’Etat. Il s’agit désormais de construire une politique du partage de l’acte poétique et de l’intelligence, d’édifier une société où tous les acteurs des arts et de la culture (créateurs, publics, institutions…) – des plus professionnels aux moins spécialistes – propageraient, par le partage et la reconnaissance, le sens de la vie en commun. La culture comme création d’un sens commun serait une politique culturelle qui expérimenterait une nouvelle alliance, un nouveau contrat entre les artistes, les acteurs de la culture et les citoyens : telle est l’ambition que nous portons aujourd’hui.





