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QUEL AVENIR POUR LE LIVRE ?

Réunion de la Section culture du 12 décembre 2011 Salle Poperen, Solférino
La Section Culture du PS s’est réunie le 12 décembre au siège du Parti Socialiste, salle Poperen.
Nous recevions, de gauche à droite sur la photo :
Jérôme Dayre (librairie Atout Livre, Guillaume Husson (Syndicat des libraires), Albert Dichy (I.M.E.C.), Alain Giffard (Lecture numérique).
Etaient également parmi nous :
Christine de Mazières, déléguée générale du Syndicat national de l’Edition (S.N.E.), Johann G. Louis (écrivain et illustrateur), Gérald Dittmar (éditeur et écrivain).
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Cette réunion est l’occasion de faire le point sur la situation du livre en France, des attentes de la profession, sans nécessairement tomber dans le corporatisme, et d’ébaucher des débuts de réponses.
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Christine de Mazières (S.N.E.) « La situation du livre face à la révolution des technologies numériques qui, si elle permet de toucher de nouveaux publics et d’augmenter la visibilité des œuvres, soulève des inquiétudes face à l’irruption dans le métier d’acteurs considérables avec des stratégies particulièrement opérantes.
Ces très grandes sociétés cherchent à créer des contenus à des prix de plus en plus bas, quitte à enfreindre les régulations en vigueur.
Le numérique ne représente que 1,8% du marché et 0,6% des stocks.
Nous nous sommes opposés aux groupes comme Google avec une procédure entamée en 2006 et remportée en 2009. 16 pays ont suivi pour un prix unique du livre numérique à moins de 20 euros qui permettrait une démocratisation de l’accès.
Les livres ne sont pas des biens de consommation mais des œuvres.
Les éditeurs réclament une forme de régulation que l’Europe par le biais de la direction à la concurrence ne leur accorde pas toujours, beaucoup de lobbies cherchant à avoir accès à la commission pour modifier le prix. Allemands, espagnols, finlandais, portugais, etc. sont sur cette ligne de prix unique.
Or, dans ce contexte de grande facilité du domaine, la TVA du livre est susceptible de passer de 5,5 à 7%, alors que 21 pays ont exonéré le secteur à 0%.
Des problèmes pratiques ont entraîné deux mois de retard entre le marquage des exemplaires par rapport au stockage.
Le taux réduit sur le livre numérique ne compense rien du tout. Or la commission considère que les biens dématérialisés créent un service d’où une taxe alors que l’on a affaire à des œuvres singulières qui devraient générer des droits d’auteurs.
L’audiobook a marqué une victoire, des associations d’aveugles faisant valoir le côté indispensable de tels produits.
Nous avons en France des catalogues d’œuvres indisponibles sous droits mais qui ne sont pas commercialisées dans un temps où la numérisation continue des autres oeuvres continue. Nous pourrions utiliser les ressources du grand emprunt européen pour numériser 500 000 de ces œuvres et les mettre à disposition du public via la BNF afin d’en mutualiser les coûts de gestion. Un projet de loi a été présenté qui doit être voté ce vendredi. Nous sommes les premiers en Europe et on nous observe dans les autres pays de l’Union Européenne. On pourra ainsi créer des bouquets généraux en accès particulier ou via les médiathèques. C’est un beau projet. »
Jean-Paul Bessières-Orsoni (Secrétaire de la section Culture)
« les problématiques fiscales sont un sujet majeur qui demandent une refonte générale. Il faut soutenir l’existant. Face au changement d’orientation des taxes du C.N.C. quant à la création du C.N.M., y a-t-il une « agenciarisation » possible ? Il y a un Centre National du Livre, C.N.L., un Comité du Livre qui soutient la profession via deux taxes, l’une sur le chiffre d’affaires des éditeurs et l’autre sur les appareils de reprographie. »
Alain Giffard (ancien directeur informatique de Gallica (bibliothèque numérique), membre de la commission pour l’accès internet, ayant travaillé sur le fossé numérique et la culture numérique), attire notre attention sur le problème de la lecture depuis 1990.
« La lecture publique a reculé et l’enquête PISA note une baisse des performances, on lirait moins, face aux moyennes de l’OCDE, elles-mêmes en baisse.
Le problème de la citoyenneté à travers la culture se pose : dans un foyer-type, le père ne lit pas, le fils et la fille ne lisent pas beaucoup. On assiste à une balkanisation, situation jamais analysée, ni traitée par aucun gouvernement. La suppression de la méthode globale n’a pas suffi. C’est lié à la question des immigrés pour Guéant…
On note en tous cas un écart de 10 points entre filles et garçons qui arrêtent de lire en 6eme. 20% des 19 ans à l’examen du service militaire avaient un niveau de 6eme quand ils savaient lire.
Il y a eu une grande enquête sur les pratiques culturelles en 1990 qui montrait une baisse de la lecture. Or, le chiffre d’affaires des éditeurs augmentant faisait penser qu’il s’agissait d’une erreur.
Les éditeurs reprochent à Hollande son soutien au Sky blog (qui est vu comme un outil de décervellement des jeunes) et veulent sortir de cette équation qui réduit leur visibilité, à la différence de la télévision qui l’augmentait, d’une certaine manière.
Par rapport au numérique, on assiste à une concurrence entre deux lectures, référencielle et symbolique. « Google rend t-il idiot ? » demande un rapport canadien.
La lecture numérique ne peut pas se substituer à la lecture traditionnelle. »
Jérôme Dayre (libraire) dénonce la fiction des soit-disant publics alternatifs.
Il faut développer la culture du numérique mais ne pas laisser filer les choses. Les enfants sont devenus des consommateurs, pas des acteurs… Les garçons lisent beaucoup moins que les filles et la plupart des professionnels du livre sont des femmes.
Les pères préfèrent se la jouer cool vis à vis de leurs enfants en recourant à des gadgets électroniques.
Il y a des effets pervers avec la lecture-jeunesse basée sur le marketing et « segmentante » (sexe, âge, génération), alors qu’il existe une littérature de la révolte, comme Rimbaud, pour la poésie. A 30 ans on n’a plus accès à la littérature de sa jeunesse d’où une certaine nostalgie.
Il faut dénoncer la disparition de Tick’art qui associait les enfants et les éditeurs par le biais des auteurs avec un chèque de 8 euros dispensé par la Région. Des centaines d’enfants bénéficiaient de cette mesure surtout dans les milieux défavorisés. Le livre dans ce cas était choisi par centres d’intérêts… Les filles, c’est surprenant, demandent des histoires douloureuses qui finissent bien.
C’est une politique qui avait du sens.
On perd les ados vers 15 ans et on ne les retrouve qu’avec la paternité…
La lecture chez les étudiants recule.
Les médiathèques sont équipées mais on ne tire pas toujours bénéfice de cette chance. Des politiques spécifiques doivent être imaginées… Des livres pour les boursiers…
Des concours de lecture à voix haute sont par exemple organisés en Allemagne depuis 1959. « Histoires et Paroles » est une réplique expérimentale qui marche. »
Jean-Paul Bessières-Orsoni note une montée de la ségrégation culturelle avec une segmentation des publics alors qu’on observait auparavant un phénomène de démocratisation… Nous sommes à présent dans une société de consommation qui a conclu une alliance historique objective avec le marketing pour vaincre le collectivisme. A l’exemple d’Ars Industrialis de Stiegler (association internationale pour une politique industrielle des technologies de l’esprit) qui dénonce la demande qui est faite aux élèves d’adopter les valeurs d’un système qui les détruit, il est temps de repenser les choses face à ces messages « excluants ».
Les spécialistes de la culture et de la politique ont le devoir de lire et pas uniquement de se faire une opinion grâce à la télévision.
C »est le modèle scolaire de Jules Ferry et de Kant. »
Un intervenant depuis la salle
« Sur France Culture, une institutrice se plaignait de difficultés à enseigner des mots nouveaux comme par exemple « succulent » associé par les garçons à un « mot de filles ». Le rejet de la culture devient alors un critère d’identification sexuelle. »
Jérôme Dayre (libraire)
« Rejeter la lecture, c’est se comporter en « homme » pour certains… La proportion de ceux qui lisent est de 10 femmes pour trois hommes, même si le terrain est plus complexe. Il faut être prudents et ne pas stigmatiser les « banlieues » ce qui en soit n’est pas une notion précise. »
Un intervenant depuis la salle
« Dans le cinéma on assiste à une dérive industrialisante avec une disparition des « films du milieu ». Qu’est ce qu’un espace public vis à vis d’un espace de notoriété ? »
Albert Dichy (directeur artistique à l’IMEC et spécialiste de Jean Genêt)
« Un livre, a fortiori une œuvre, est le substrat d’une vie et nécessite une prise en compte sensible. Or la fréquentation des bibliothèques baisse depuis un an… Les visites se désamplifient. »
Guillaume Husson (délégué Général du Syndicat des Libraires)
« L’édition est stable par rapport au marché mais l’évolution de la lecture marque une baisse qualitative et la diminution de l’esprit critique, facteur de démocratisation.
Les forts lecteurs, qui lisent plus de 20 livres par an se comptent pour la plupart dans une population vieillissante.
Le secteur du livre fait vivre 700 000 titres. Aucun autre secteur ne présente le même dynamisme en terme de diversité. Il faut défendre cette richesse en jouant sur les cadres législatifs, fiscaux, économiques du secteur et soutenir les éditeurs mal lotis qui sortent des sentiers battus et sont la force créative de l’édition.
Pour la diffusion, les libraires créatifs ne sont pas forcément incompatibles avec les grosses machines commerciales de type centres Leclerc, mais il faut mettre l’accent sur les librairies de proximité qui permettent les vraies découvertes et le maintien des livres dans les grands réseaux. »
Jérôme Dayre (libraire)
« Atout Livres a une politique d’animation qui compte : le travail qualitatif a un coût qui n’est plus couvert par les éditeurs. Or nous avons la traduction la plus importante du monde.
Défendre les éditeurs, libraires et auteurs, c’est maintenir le prix unique du livre face à la commission. Il y a un consensus sur le prix unique du livre numérique qui doit jouer sa partition dans l’univers du numérique avec la concurrence d’Amazon, Kindle, iBook.
Mettre des équipements numériques dans les librairies parait être une fausse bonne idée et un pari risqué. La communication interactive aura sa place mais celle-ci doit se justifier. Créer des blogs n’est pas cher et c’est pratique mais concevoir des sites marchands peut être hors de prix pour de petites libraires qui auraient avantage à mutualiser leurs moyens en créant des communautés de libraires.
Il y a des cinémas Art et Essais et des théâtres subventionnés, mais y aura t-il des libraires aidés ? Les livres indisponibles ne pourraient pas générer des droits en vertu des contrats léonins qui lieraient les éditeurs parce qu’il faudrait qu’ils soient régulièrement réédités. L’Europe donnerait-elle les financements nécessaires ?
Sur un prix du livre de 10 euros un libraire ne touche que 3 centimes au final.
L’auteur touche 1 euro, c’est à dire 10%, 8% ou 5% suivant son contrat.
Le libraire touche 3,50 euros brut soit 38% à 35% suivant l’éditeur. La masse salariale est de 20 à 25% or face à la qualification des libraires, le salaire est très bas… de l’ordre du SMIC alors qu’il devrait être de 4000 à 5000 euros…
Le métier demande de longues études, un talent de commerçant, et une compétence 2.0. Il y a 3000 librairies qui seraient soumis à une augmentation de la TVA de 5,5% à 7% ce qui suscite des commentaires amusés sur le forum de l’émission de TF1 qui l’annonce… Or ce 1,5% provoquera une perte d’argent alors que l’on tenait difficilement en l’équilibre. On souhaiterait le maintien à 0% comme pour la presse qui a une TVA de 2,1% et un lobby plus fort… Une TVA à 0%, c’est 5,5 points à répartir. C’est nécessaire pour continuer. 21 pays le font dont les Anglais, les Irlandais, les Finlandais, etc… Il y a un calcul à faire en terme de coût d’une telle mesure.
Le prix unique du livre est fondamental sinon c’est la mort des libraires qui sont 600 à 700 à Paris pour une vingtaine de librairies indépendantes à Manhattan.
On assisterait à une disparition de la diversité dans les dépôts ou pour les livres. »
Gérald Dittmar (Editeur et auteur d’ouvrages historiques – spécialiste de la Commune de Paris )
Que fait-on pour les éditeurs en France ? La relation avec les libraires est super complexe, les frais étant supportés par ces derniers. Nous n’avons pas d’autonomie vis à vis des grands groupes de diffusion. Le libraire ne prend aucun risque, son apport revenant à devenir une sorte de prestation de service.
Nous avons 40% sur le prix, 35% avec Gallimard.
La FNAC a une politique très claire. Acheté / payé à 60 jours fin de mois avec retour des invendus.
Nous faisons des tirages de 200 à 300 exemplaires. Exemple d’ « une vie de Duval, général de la Commune » qui a demandé 5 ans de recherches.
Le Nouvel Obs est très prescripteur, or il ne prend pas ce genre de livres.
Nous tournons donc avec des circuits de 50 à 80 exemplaires en dépôts chez des libraires indépendants.
Albert Dichy (IMEC et spécialiste de Jean Genêt)
« L’IMEC a été créé en 1989 avec l’Institut des Manuscrits, or on note une disparition des manuscrits avec le numérique. Malgré un effet multiplicateur des œuvres au départ.
On assiste à la création d’une science créée par la disparition de son objet.
Autre chose se prépare.
Aux archives, nous ne disposons de la correspondance des auteurs que parce qu’ils nous confient de plus en plus souvent leur disque dur. Il y a une perte car ces textes ne sont pas imprimés. Il y a une consommation de l’échange qui est grosse de conséquences. Partager davantage entre les créateurs et les auteurs devrait être la règle. Le danger vient davantage de la lecture que de la création.
Sur un total de 60 000 titres nouveaux toutes disciplines confondues seuls 30 000 trouvent une audience et perdurent.
Gérald Dittmar (Editeur et auteur d’ouvrages historiques)
Nous présente le magazine satyrique « Barricades » qu’il édite. Il nous demande de l’aider à trouver son audience.
Nicolas Vidal (éditeur de livres et aussi d’un magazine culturel sur le net),
Excusé car retenu à Montpellier par un forte grippe, nous invite à découvrir le nouveau numéro de BSC news : http://www.wobook.com/WBBu3Qz9LJ9p/BSC-NEWS-MAGAZINE/BSC-NEWS-decembre.html
L’Assemblée Générale de la section Culture du PS s’est réunie
Laurent Schuh des Arts et Mouvants
L’Assemblée Générale de la section Culture du PS s’est réunie le 3 octobre 2011 au siège du Parti Socialiste -Salle Guidoni-
L’ordre du jour était composé de deux parties :
1) problématiques générales du Spectacle vivant
avec :
Laurent Schuh (acteur, metteur-en-scène, directeur artistique de la structure internationale mobile LES ARTS ET MOUVANTS),
Claire Lamarre : Comédienne et metteur-en-scène (compagnie Les Matins clairs),
Jean-Pierre Chrétien Goni : Fondateur et directeur du «Vent se Lève! », Tiers-lieu, dans le 19ème arrdt de Paris, metteur en scène, universitaire (Conservatoire National des Arts et Métiers),
Geisha Fontaine : Chorégraphe, performer et chercheur en danse,
Cie Mille Plateaux Associés, docteur en philosophie de l’art,
Etienne Charasson : Architecte et scénographe, fondateur de l’association LECTURES&LECTEURS à Saint Pierre Toirac, dans le Lot, met en place des lectures de textes de théâtre en milieu rural ainsi qu’en milieu pénitentiaire.
2) Évocations des projets des candidats à la primaire relatifs à la culture et au spectacle vivant,
par :
François Adibi pour François Hollande,
Bruno Tackels pour Arnaud Montebourg,
Etienne Charasson pour Martine Aubry
Laurent Schuh est le premier à s’exprimer
http://www.lesartsetmouvants.com/
« Nous cherchons à encourager le décloisonnement (des langages, de l’espace -notamment urbain-), pour accentuer la participation citoyenne et interroger la notion de frontières, redéfinir la question de l’espace du sens dans la société, et générer du lien, mot à la mode pour de mauvaises raisons parfois, et qui doit être remis en cause tant il suscite d’interprétations erronées.
Le théâtre est une matrice de transformation du monde, mais il y a du retard dans l’accomplissement de ses démarches profondes tant cette institution géniale s’est figée. Nous sommes presque passés de l’écrin créé par Mitterrand, de l’aventure à la démobilisation. Or, il est le moteur de la culture pour une génération qui doit normalement permettre de procéder à un renouvellement. Et la culture ne remplit pas ce rôle.
Il faut un renouvellement de la pensée.
La culture n’est pas une marchandise. »
Le secrétaire de la section Culture poursuit :
« La culture a en effet reculé et nous en sommes à la repenser dans le cadre du parti pour dépasser le cadre budgétaire et renouveler nos engagements. Ses domaines et les œuvres qu’ils génèrent sont plus importants symboliquement, ainsi qu’en termes de retour, que ce que produisent n’importe quels type de produits manufacturés.
Au cœur d’un projet de transformation du monde, il doit y avoir une vision de l’homme et de ce qu’il est capable de créer au sein de sa culture. »
Le Spectacle de Geisha Fontaine
Geisha Fontaine
http://www.milleplateauxassocies.com/
Evoque le domaine de la danse en soulignant la signification d’un engagement pris à deux pour diriger un projet entamé à l’âge de seize ans qui lui a par la suite donné envie de mener une réflexion théorique. Elle met en relief l’importance du travail de la compagnie Mille Plateaux Associés dans le 94 et le 93, un positionnement fait dans le choix de l’ouverture.
Elle rappelle l’importance centrale du statut de l’intermittence dans le processus de création, rôle très positif d’un dispositif qui permet la richesse et la diversité d’une multiplicité de formes. Elle souligne la nécessité d’un renforcement de ces statuts.
… « Le soutien à la création est nécessaire de même que celui aux résidences d’artistes (sans les rendre définitives). L’enjeu est de confier à la fois plus de moyens et de responsabilités à l’artiste. Il faut aussi mieux prendre en compte les propositions pluridisciplinaires, réfléchir à des formes moins étiquetées.
Il ne faut surtout pas opposer ce qui serait populaire à ce qui serait pointu, mais favoriser au contraire la multiplicité des démarches.
L’art à l’école enseigné par des artistes est en régression, or ce cadre est fondamental pour les enfants et pour l’accès à la culture…
Selon l’Adami, 80 % des fonds vont aux administratifs et 20% aux artistes.
On constate la complexité croissante des dossiers à remplir (solde, restitutions, etc.) qui éloignent du travail de création. L’allégement d’une forme exagérée de bureaucratie est compatible avec une rigueur de gestion.
Il faudrait envisager une vaste consultation nationale entre les artistes et les politiques. Organiser des concertations entre les artistes et les décideurs, les artistes ont plein d’idées ! Les politiques doivent veiller à ne pas instrumentaliser la culture. »
Le secrétaire de Section :
« Le statut de l’intermittence doit être amélioré, certains de ses pans étant d’ailleurs sujet à des détournements (notamment dans l’audiovisuel). Cela pose la question des périmètres de l’action publique. On doit imaginer un statut de l’artiste. Cela est significatif du poids du contrôle de la norme, malheureusement imposée. »
Nathalie Saïdi (Cie des Arts et Mouvants):
« Cela crée à la fois stigmatisations et culture du soupçon. Le contrôle ne doit pas créer de l’isolement. Il faut réviser l’évaluation et l’expertise si on veut éviter les dysfonctionnements. Le système est poussiéreux et archaïque et on doit revenir aux statuts de l’intermittence.
Battons-nous pour un vrai 1% qui devrait être en réalité porté à 10 %... en y introduisant la participation d’autres secteurs. Recherche, santé, innovation, etc. sont tous liés à la création : Un bon spectacle peut être plus efficace qu’une longue cure thermale !..
Jack Lang nous a laissé un héritage riche et presque trop lourd dans la mesure où certains lieux sont sous-utilisés, ou demandent des frais de fonctionnement qui empiètent exagérément sur les budgets alloués aux spectacles. Il y a une inflation des structures, où 80% des budgets vont au fonctionnement. Or, c’est la baisse des baisses, les collectivités étant elles mêmes menacées. L’artiste est en bout de chaîne et subit cette diminution de plein fouet. Comment vivre dans une société qui violente ses créateurs ? Comment créer un futur qui soit acceptable pour nos enfants ? »
Le secrétaire de Section :
« Il faut sanctuariser le budget de la culture et se poser la question de l’école et celle des organes de diffusion audiovisuelle dans le rapport qu’ils permettent ou pas avec la nouveauté. L’école fonctionne encore dans ce pays comme il y a cinquante ans or la clef commence à l’école. »
Etienne Charasson :
« Nous menons des actions de lecture de théâtre contemporaine en milieu rural et nous constatons l’intérêt des gens pour ces manifestations, ce qui pose la problématique d’une culture jamais allouée de manière pérenne ou cohérente.
On parle à juste titre de déserts culturels ; exemple du Lot : 160.000 habitants et un seul théâtre, en Aveyron, deux salles pour 300 000… Les compagnies locales souffrent de l’emprise de potentats locaux.
Là où je suis, ce sont 20 compagnies de création contemporaine qui sont lésées. Or, on note le succès de textes ardus.
Nous réussissons, grâce à l’association, à faire venir les meilleurs auteurs.
Nous travaillons aussi en prison où la coopération entre les SPIP et le ministère de la culture permet des initiatives. Mais l’accès aux œuvres est rarement créé pour ces hommes que la culture pourrait réconcilier avec la société. Exemple des ateliers d’écriture avec Jacques Serrena.
Tout s’articule autour de la mémoire, du savoir, de la création et de la transmission.
Les arts peuvent traiter de leur place dans la société. Lavoisier disait :
« une nation dans laquelle les arts et la science sont languissants finit invariablement par devenir languissante elle même. »
On note un risque d’apathie. Des sociétés moins intéressantes, reposant parfois sur des principes d’oppression, sont en train de prendre le pas sur les nôtres.
Il faut réfléchir à la question des intermittents et au problème du budget.
Il faut que le Ministère soit mieux doté mais pas dans sa forme actuelle…
Penser à la question des régions, aux besoins en milieu rural. Beaucoup de citadins se sont installés. Les agriculteurs vont au théâtre. Plein de petites villes sont en manque et n’ont pas les moyens.
Exemple des Midi-Pyrénées où il y a 340 compagnies et une misère de l’organisation qui leur est destinée.
Ma compagnie reçoit 6000 euros de la région pour 65 spectacles et des milliers de spectateurs…
Certains lieux ne servent à rien. Ludiques, amusants, familiaux, certes, mais ni pour la création, ni pour les artistes…
Il faut de véritables professeurs et du temps de cours.
Dans l’action de formation et de médiation on se trompe de personnel… (les artistes ne sont pas forcément les meilleurs médiateurs… Ce n’est pas toujours leur rôle).
La culture est un liant important de la société.
Beaucoup de politiques sont cultivés, mais peu se préoccupent de faire vivre cette culture.
Marciac et Figeac assèchent les crédits alentours dans le jazz et le théâtre : cela pose le problème de la répartition. Ce qui brille n’est pas nécessairement ce qui touche les populations. Au fil des années, les bénévoles s’épuisent ou deviennent des professionnels.
Les artistes doivent vivre décemment et pas seulement du RSA ! »
http://www.lectures-et-lecteurs.com/
Le secrétaire de Sectio :
« Cela pose là aussi la question budgétaire, l’importance du montant des sommes allouées et des postes créés… »
Claire Lamarre (en préparation du spectacle Lavoisier, l’autre Révolution, pour le théâtre de Charenton, mars 2012)
http://www.lesmatinsclairs.fr/
« Nous avons fait la proposition d’allouer l’espace disponible des théâtres publics qui sont vides pendant l’été de juin à septembre à des compagnies émergentes avec des directions tournantes pour les CDN avec un tirage au sort et une prise de direction du lieu pour y créer des spectacles innovants programmés en proximité avec le public. Ce serait une manière de donner de la place et du pouvoir à la jeunesse et à sa vitalité (proposition est reprise par Arnaud Montebourg).
Jean-Pierre Chrétien Goni :
http://www.leventseleve.org/
« Nous revendiquons la possibilité d’être autre chose que le 104 (qui est juste ce que l’on ne fait pas).
Nous cherchons à donner de l’indépendance et de la souveraineté à la culture sans attendre une manne. Nous ne voulons pas nous sentir coupables d’un plaisir qui serait banni.
La politique actuellement menée nous rend insensiblement dépendants du marché. Nous refusons cette logique de PME qui nous est calquée où la marchandisation de la culture est en marche y compris dans des espaces de proximité.
C’est une résultante du schisme de 1959. Culture et jeunesse ont été dissociées… une grande réflexion est nécessaire. Il faut revenir sur certains fondamentaux. L’éducation populaire, la jeunesse…
Les arts ne sont pas à part, comme une caste de la société.
Cela pose la question du statut du métier.
Quand est-on artiste ?… Quand on en vit ?
… C’est une bulle que l’on contemple de loin alors que c’est la chair, le ciment de la société.
Qui sont les hommes de la culture ?… Une chose lointaine ? Alors que « Mille Fleurs Fleurissent ».
La culture doit apparaître à l’école, ailleurs… Elle doit porter ces lieux, mais on doit ouvrir des lieux complètement nouveaux.
Les nouveaux médias sont un bon exemple et offrent de nombreuses possibilités sans que l’on soit tous retranchés derrière nos machines. Le plaisir doit être un guide. Mais nous devons pouvoir dire non à certaines dérives…
Nous devons penser à la nature contributive de la pratique artistique… Quel type de contribution ?
Faire du théâtre avec des personnes qui nous nourrissent, intellectuellement.
… Prendre de la place, aborder une scène, c’est une contribution énorme, un endroit où l’on partage.
Se distinguer de cette « spectacularisation » du spectacle de télévision où c’est consommer ou partir.
Briser la logique du poids de la télévision sur les pratiques artistiques (une pièce télévisée, Les Perses d’Echyle a décidé de ma vocation).
Il est possible de faire de la qualité à la télévision et c’est la même chose pour les nouveaux médias.
Le faire, le tenter, le réaliser… -« A te regarder, ils finiront par s’habituer... » (René Char)-.
Nous lutterons contre la confiscation de la culture.
En 1981, une fois aux manettes, nous avons laissé faire, plus cette fois… Nous serons vigilants…
Le lieu de création et d’éducation populaire Le vent Se Lève ! (Paris 19) a le plaisir d’accueillir Une ronde militante, pièce de théâtre écrite par Jacques Jouet à partir de rencontres avec des militants politiques, syndicaux, ou associatifs du bassin creillois.
A eux tous, dans leur diversité, ils sont la mémoire vivante de la nécessité des luttes pour plus de justice sociale. Une Ronde militante témoigne de cela, sa création leur est dédiée.
En seconde partie de cette Assemblée Générale, comme annoncé,
François Adibi, pour François Hollande,
Bruno Tackels, pour Arnaud Montebourg,
et Etienne Charasson, pour Martine Aubry,
ont présenté les propositions de leurs candidats
telles qu’elles sont reprises dans leurs programmes respectifs….
Réunion de la section Culture Lundi 3 Octobre à 19H00
Chère(s) Camarades, nous reprenons nos réunions de section en poursuivant le cycle thématique que nous avons initié.
La prochaine Réunion se tiendra au PS 10, rue de Solferino
Lundi 3 Octobre, salle Guidoni
à Partir de 19H00
Nous vous invitons à une discussion-débat autour des problématiques générales du Spectacle vivant et tout particulièrement autour des
NOUVELLES EXPRESSIONS DU SPECTACLE VIVANT
et DE LA CREATION CONTEMPORAINE ,
des conditions de l’émergence de ces nouvelles expressions, de la transmission de celles-ci , et de l’accès des publics .
Je remercie très vivement les intervenants suivants, qui nous apporteront l’éclairage de leur pratique et de leur engagement.
Isabelle Barbéris : Maître de conférences en Arts du spectacle à l’université Paris 7 Denis Diderot où elle enseigne le théâtre contemporain. Auteur de livres, ses recherches portent sur l’émergence de la scène contemporaine et les liens possibles entre une pensée esthétique, économique et politique.
Jean-Pierre Chrétien Goni : Fondateur et directeur du «Vent se Lève! », Tiers-lieu, dans le 19ème arrdt de Paris, metteur en scène, universitaire (Conservatoire National des Arts et Métiers).
Laurent Schuh : Acteur, Metteur-en-scène, Directeur artistique de la structure internationale mobile LES ARTS ET MOUVANTS, compagnie à l’endroit des mondes allants vers.
Claire Lamarre : Comédienne et metteur-en-scène (compagnie Les Matins clairs). Actuellement en préparation du spectacle Lavoisier, l’autre Révolution, création pour le théâtre de Charenton, en mars 2012.
Etienne Charasson : Architecte et scénographe, il travaille à la Colline puis au TNS, au Rivoli Teatro Municipal à Porto et CDN de Dijon et de Béthune. Il y a 10 ans, il fonde l’association LECTURES&LECTEURS à Saint Pierre Toirac. dans le Lot. Il met en place des lectures de textes de théâtre en milieu rural ainsi qu’en milieu pénitentiaire.
Geisha Fontaine : Chorégraphe, performer et chercheur en danse. Avec Pierre Cottreau, elle a créé quatorze spectacles chorégraphiques au sein de la compagnie Mille Plateaux Associés. Docteur en philosophie de l’art, elle a écrit plusieurs livres et a contribué à diverses revues et ouvrages, notamment aux éditions du CNRS.
D’autre part notre actualité est sur le plan général bien sur focalisée sur les primaires. Je vous joins à toutes fins utiles le lien pour trouver votre bureau de vote:
http://www.lesprimairescitoyennes.fr/
Chère(s) Camarades, en seconde partie de notre reunion. nous entendrons 3 interventions dans le cadre des primaires pour François Hollande, Arnaud Montebourg et Martine Aubry.
Amitiés Socialistes
La Commission administrative de la section Culture : François Adibi, Pierre Balas , Gilles Combet, Evelyne De Paris, Gilles Marchand, Alain Schlick, Rosine Young.
Le Secrétaire de la Section Culture
Réunion de Section Culture du 16 Mai 2011
La section Culture du PS s’est réunie en Assemblée Générale, salle Marie-Thérèse Eyquem autour de notre invité :
Jean-François Téaldi : Responsable de la Commission médias au Conseil National du PCF et Grand reporteur audiovisuel public
Jean-François Téaldi décrit dans le domaine de l’information une situation « à la soviétique » avec sept grands groupes de presse qui la dominent (alimentés par des capitaux bancaires, des marchands d’armes…). Cette pensée unique est un risque pour la démocratie. -Il cite Alain Duhamel qui ne pouvait pas traiter du proche-Orient à cause de financiers vendeurs d’armes : Lagardère-. Il suggère de réinsérer le pluralisme par exemple en imposant des seuils « anti-concentration » très forts sur le multimédia.
En matière de développement industriel (« que va devenir l’ imprimerie du journal LE MONDE?) il propose la création d’un POLE PUBLIC D’IMPRESSION et l’augmentation des aides à la presse. Les grands groupes de communication ont le monopole non seulement des tuyaux mais des contenus, ce qui le laisse craindre un problème incontournable de la création et de la production.
Que faire pour que les salariés aient plus de représentants dans les Conseils d’administration ? … 1981 nous renseigne sur le manque de pouvoir aux salariés dans les IRP.
Le CSA fait la preuve de son inefficacité et du non-respect des familles politiques. Il faudrait reprendre l’idée de Fillioud : réunir 80 personnes (des représentants des métiers de l’audio-visuel) et créer un Conseil Supérieur des Médias en tenant compte de la diversité et organiser des Etats Généraux des Médias où les professionnels pourraient réfléchir et tracer des pistes.
L’Audio-visuel Public est carrément inquiet par rapport à ce que propose le projet de double
financement non assuré (redevance et publicité). Il signale également la menace de privatisation de l’AFP.
Il énumère quelques mesures souhaitables d’après lui :
• sur TF1 : redemander ou pas la nationalisation de TF1 ; relancer un appel d’offre sous prétexte que TF1 n’a pas respecté le cahier des charges.
• Abroger les décrets Tasca (la 3e diffusion n’est plus rémunérée au co-producteur public) ; assurer les droits de rediffusion au producteur public.
• Revoir les quotas de production des sociétés de production imposés à FTV .
• La redevance audio-visuelle (indexée sur le coût de la vie) est toujours inférieure à la moyenne
• il faut des moyens européens car FRANCE-TELEVISION n’est plus concurrentiel.
• L’audio-visuel public, c’est aussi l’information, penser aux supports numériques.
• Refaire une instance de régulation de la presse écrite au sein du Conseil Supérieur des Médias afin de lui donner un vrai poids.
• I.N.A. : il serait souhaitable que l’audiovisuel public n’ai plus à payer pour avoir accès aux archives
• Créer un POLE PUBLIC DE PRODUCTION ET DE DIFFUSION de la création à la diffusion, incluant Audio-visuel Public, G.I.E. avec l’Agence France-Presse et INA, développant des propositions de coopération avec les chaînes européennes. Dans la salle un camarade évoque le lien qui existe de la création à la diffusion, pour lui, c’est le même que celui du producteur de lait, la tendance humaine est « indécrottable », celui qui produit trouve toujours un copain pour vendre en prélevant sa part.
On est obligés de passer par l’industrialisation. Au théâtre, on n’a pas ces problèmes.
Quelqu’un ajoute qu’il faut rendre à la nation la maîtrise du service public, pas seulement en
étatisant !
Le Secrétaire de section rappelle que la licence d’exploitation de TF1 s’arrête en 2012. Nous avons le défaut de conserver les nominations. Sarko nomme et s’est donné le pouvoir de mettre et de démettre. Le Conseil Supérieur propose des candidats, les candidats leurs projets. Il faut que les PDG soient révocables.
Après des réflexions avec Patrick Bloche, il faut que l’entité professionnelle puisse s’opposer à la nomination d’un directeur installé par ceux qui détiennent le capital.
Comment s’y prend-on pour générer des revenus publicitaires tout en produisant un audio-visuel ambitieux (audimat/audience) ?… de Carolis et Duhamel avaient réussi quelque chose : l’opéra en prime time… Pflimlin et ses nominations sont effrayantes, tant de bonnes émissions sont annulées : Tadéï, Moati, Picouly.
Un camarade rappelle qu’on n’a plus la volonté de faire des captations, de faire remonter la création culturelle en région.
Un autre attire l’attention sur le fait que des studios de France3 sont loués à France2… ajoutant : les finances de France3 sont pompées par France2. C’est scandaleux !
Ce à quoi Jean-François Téaldi ajoute que en ce qui concerne la filière de production de F3, les studios appartiennent à France-Télévision et travaillent pour le compte de F3. Dans les grandes régions, la filière production travaille souvent en co-production mais le rôle des petits producteurs privés est peu à peu remis en cause.
La production est très différente de la situation anglaise où cette articulation fonctionne bien.
L’aide aux régions permet de créer des vitrines. Le pôle public de production est à reconstruire, c’est une mission de service public. On a aujourd’hui un état « réactionnaire ».
Le pôle des actionnaires devrait recouper celui de ceux qui s’acquittent de la redevance alors que sur les territoires on observe des inégalités flagrantes comme c’est le cas pour le wifi par exemple.
A ses côtés, une membre de la C.A. attire l’attention sur l’éparpillement des centres d’intérêts au moment des loisirs qui peu à peu tend à favoriser les propositions du web par les nouvelles générations…
Téaldi : « Le rendez-vous quotidien du 20h, c’est terminé » …peu à peu, ne sommes-nous pas entrain de nous préparer à cette alternance en réduisant l’investissement du service public de l’audio-visuel ?
Téaldi : « Il faudrait qu’il y ait des droits à redistribuer sinon il crèvera ! ». Malgré tout, le net est un super-outil, on peut se payer un opéra en VOD, par exemple, mais on constate une érosion en faveur de la TNT : les choix qui sont faits ne sont pas en faveur du développement de l’audio-visuel public numérique, parce que les équipes dirigeantes n’y croyaient pas au départ.
Bruno Patineau travaille actuellement sur le développement d’une véritable plateforme numérique, malheureusement, face au saupoudrage actuel et sans investissement, on ne va pas s’en sortir.
En termes d’infos, les contenus actuels ne sont pas au niveau des journaux numériques que sont par exemple LE PARISIEN ou LE FIGARO.
La membre de la C.A. lui prose de rêver à la responsabilité de l’audio-visuel public et dans ce caslà, que mettrait-il en place ?
1) une loi anti-concentration : interdiction pour les groupes vivant des commandes publiques de posséder des entreprises publiques audiovisuelles
2) la modification du CSA avec une représentation à hauteur d’1/3 des organisations
syndicales et un collège téléspectateurs
3) Un pôle audio-visuel public
4) Un président nommé par le CA avec les représentants du personnel à 50%
5) Organisation syndicale et patronale de nouveau en charge pour les écoles de journalistes
6) 1% du P.I.B. Accordé à l’Art et à la Création
7) Abrogation des annexes mettant en danger le statut des Intermittents
Droit à l’information inscrit dans la Constitution
9) Retour au programme du Conseil National de la Résistance.
10) Réaffirmation de la loi de 1905 en créant un haut Conseil à la Laïcité pour définir la part
des financements de l’école privée »
Résultat des Votes du 19 Mai 2011
Voici les résultats des vote pour la section culture pour le vote des projets et amendements du 19 mai 2011 :
Inscrits : 44
Votants : 7
Exprimés : 6
Blanc ou Nul : 1
Oui : 5
Abstention : 1
Le Projet et son versant Culture est adopté
Vote du Projet le 19 Mai 2011 à Solférino
Le Vote du Projet aura lieu le 19 Mai 2011 de 17 à 21 heures Salle Eyquiem à Solférino.
Amitiés Socialistes,
Le Bureau
Réunion de Section Culture le 16 MAI à 19H00 à SOLFERINO
Chèr(e)s camarades, nous sommes heureux de vous convier à notre prochaine réunion de section qui se tiendra LE 16 MAI à partir de 19 H00 SALLE MARIE THERESE EYQUEM à SOLFERINO.
J’aurai le plaisir de vous remettre vos cartes 2010 à cette occasion (tout arrive). Cette séance sera centrée sur les questions relatives à l’audiovisuel public et nous recevrons à cette occasion Jean-François Téaldi, journaliste à France 3 et secrétaire général du SNJ-CGT de France Télévisions. Nous aborderons au cours de cette réunion également l’actualité fédérale et nationale.
En comptant sur votre présence,
Amitiés Socialistes
Le Secrétaire de la Section Culture
La C.A. de la section Culture
Réunion de la Section Culture du 7 Mars 2011
L’Assemblée Générale de la section Culture a eu lieu salle Jean Poperen au 1er étage du PS avec pour thème central :
DIVERTISSEMENT CONTRE CREATION ?
Bruno Laforestrie, patron de Générations FM et de Hip Hop Paris, défenseur des cultures émergentes et fin analyste de la situation culturelle actuelle, était notre invité.
Le débat dresse un panégyrique des nouvelles formes de création et de diffusion, mais très vite il dépasse les enjeux impartis au sujet.
Pour Bruno Laforestrie, il faut éviter que La France devienne à l’échelle du monde une sorte de Rocher de Monaco, retranché dans les soubassements d’une culture dont les modes de fonctionnements deviendraient progressivement anachroniques face aux évolutions en cours.
Il pense que le fonctionnement de la SACEM et de la SCAM est à revoir :
Certains artistes deviennent des rentiers quand d’autres, beaucoup plus nombreux, sont peu ou pas rémunérés par des modes de redistribution mal adaptés.
D’après lui, il serait possible de jouer sur la part réservataire publique pour mieux financer la musique. En effet, seulement 6 à 7 % des ventes reviennent aux artistes et n’offrent que quelques centimes dans le cas du numérique.
N’est-on pas entrain de constituer des musées virtuels de la réalité ?
Le budget culture représente 11 milliards d’euros. Doit-on se cantonner à la gestion patrimoniale en consacrant 1% du PIB à la culture et en créant plus de dette.
Il rappelle que le secteur public reçoit 200 millions d’euros alors que la suppression de la publicité à créé un vide de 300 millions d’euros.
Il y a eu une externalisation de la production française vers les productions privées. C’est un axe de réflexion majeur entre divertissement et création.
La question de la constitution d’un patrimoine culturel se pose, celui d’un soft power non uniquement tourné vers la francophonie… la question de la réputation de la France dans le monde se pose alors.
Dans la salle, une militante intervient pour aborder le problème des scénaristes en France. “Il y a dit-elle une reconnaissance réelle des auteurs et des réalisateurs quand les scénaristes sont insuffisamment protégés et reconnus. Le Rapport du Président de France Télévision est édifiant sur la production. Pourquoi n’est-on pas en mesure de créer des séries de la qualité, des meilleures séries américaines ? Les scénaristes n’ont pas toujours les “moyens” de travailler.
La création doit-elle avoir lieu en circuit ouvert ou fermé ?”
Pour Bruno Laforestrie, c’est là toute la question de la stratégie de l’audiovisuel extérieur :
Il cite l’exemple de Haïti où plus un jeune ne parle le Français. Il n’y a pas de bouquets adaptés, les chaînes françaises sont souvent payantes quand les contenus étrangers du câble sont principalement gratuits.
La première chaîne française au monde est Trace TV elle vient souvent en premier choix en Afrique, mais paradoxalement elle est aussi devenue anglo-saxonne (comme en Afrique du sud).
Un autre militant prend la parole pour signaler que ce qui existe dans la culture existe dans toutes les industries, y compris dans l’agriculture. La disparition des petits producteurs au bénéfice de grands groupes. En outre, il aime à rappeler que L’Art, la Culture et la Communication sont souvent amalgamés.
Il évoque le problème de la gratuité requise pour les artistes quand ils sont invités à diriger un atelier dans les écoles publiques.
Bruno Laforestrie pense qu’une Asphyxie est à prévoir s’il n’y a pas de réponse réactive de notre part.
Il constate aussi le problème des chaînes privatisées qui ne respectent pas leurs cahiers des charges. Quand 20% d’œuvres françaises sont demandées, on n’en réalise que 1%.
Il pense aussi qu’il y a de grands curseurs sur lesquels il faut jouer pour réduire les grands clivages. Si on reste en interne, rien, ou presque, ne changera.
Par exemple : Canal plus qui produit beaucoup de films.
Canal satellite devrait être un service public.
La création doit s’accompagner de régimes juridiques dans lesquels elle s’opère ainsi que la distribution et le financement par le biais du CSA, CNV et du CNC.
Une redistribution démocratique paraît indispensable. Les marges de manœuvres sont de 20 à 30%.
Face à une politique visant à faire disparaître les petits producteurs ceux-ci doivent s’unir. Des 90 sociétés de production actuelles va t-on aller vers 5 à 6 à terme ?
Le grand problème tient à une capitation publique importante qui ne bénéficie que d’une redistribution minimale à l’aune d’un choc systémique avec la civilisation digitale.
Par ailleurs, le choc avec le secteur privé internet risque de tourner à l’avantage des entreprises comme Google si on ne fait pas les anticipations nécessaires.
Le peu de renouvellement des élites culturels créé une production endogamique qui ne correspond pas aux aspirations réelles du public.
Il faut injecter du sang neuf, ouvrir les équipes et financer la jeune création.
Le regard actuel est trop ethno-centré alors qu’il faut davantage faire le pari européen ou mondial. Les outils techniques et technologiques pour ce faire existent. Il faut se tourner vers ces domaines et cela demande de grandes décisions politiques.
La présence conjuguée d’Hadopi et la Sacem crée des tiraillements qui risquent de provoquer une explosion du système si de bonnes pratiques ne sont pas mises en place. Oui aux créateurs, non à une forme de rente exagérée pour certains d’entre eux…et ce dans tous les domaines de la création.
Il y a une frustration actuelle qui risque de pousser nos meilleurs créateurs à s’expatrier.
Nous disposons de moyens de pressions, notamment dans l’utilisation faite des NTIC et du pouvoir symbolique des professions concernées. L’ISF représente à ce titre 4,7 Milliards d’euros… (Les spécialistes de la cour des comptes s’inquiètent de cette situation… ).
Des questions éthiques se posent également. L’exemple des Bouches du Rhône demande une clarification nécessaire qui sera exemplaire à l’échelle du pays.
Il y a de manière générale très peu de contrôle démocratique sur les institutions et moyens mis en œuvre.
Wikileaks a fait bouger la diplomatie…
Le CAC 40 ne génère pas les impôts qu’il devrait génèrer, puisque l’on est souvent aux alentours de 5% d’imposition… Complexité des contrôles est partout.
1% des créateurs sur 3 millions vivent bien face à une grande majorité de précaires. Là aussi une impulsion politique majeure est nécessaire.
Serons-nous une sorte de Brésil vis-à-vis de l’Europe ?
Internet est un vecteur générationnel susceptible de relancer la création.
Le monde culturel doit accompagner ces transitions.
C’est un sujet central qui concerne tout le monde.
Le parti socialiste doit émettre des propositions audibles.
Il doit se prononcer sur les deux sujets majeurs que sont
- le digital et
- les cultures émergentes.
- Facebook a tué Ben Ali… Il serait souhaitable d’étendre cette problématique à la jeunesse pour lui permettre de sortir de son état actuel de soumission : durablement faire dialoguer de leur culture à l’extérieur.
Dans le contexte des primaires, la stratégie digitale revêt une importance particulière.
Un million de personnes doivent voter ofrant ainsi une ouverture à la société civile.
Nous devons répondre de manière adaptée aux problématiques ambiantes.
Nous disposons de possibilités bien réelles qui ne se représenteront pas si fréquemment.
Un militant intervient pour nous faire part de son idée de substituer au débat sur l’identité nationale, celui du dialogue des cultures et de la célébration du vivre ensemble, du métissage, sinon nous irons vers une aggravation des violences et de la peur. La France est un pays d’immigration de toute éternité. Il y a une responsabilité de l’audiovisuel public et du politique dans cette perception des choses.
Il nous rappelle que chaque année 100 000 élèves sont rejetés par le système scolaire, et 10% ne sont pas scolarisés. Que faire ? Il faut souhaiter l’irruption d’un mouvement culturel de l’ampleur de la Movida. 80% des gens sont sur Facebook, soit 20 millions de personnes !
Bruno Laforestrie lance que plutôt que de prôner l’égalité réelle, il faudrait clairement se prononcer contre les inégalités réelles.
Il s’inquiète :
“L’élection sera faite le 1er octobre ou presque. Ses thématiques seront posées… Il est important de constater l’usage que fait le Front National d’internet, relayé par des milliers de bloggeurs. En matière de groupes de pression ils ont trois ans d’avance. On sent l’irruption d’une violence symbolique. Il est indispensable de ne pas laisser cette tendance à la ségrégation et la violence avancer des thèses qui pourraient morceler la société”.
Enfin il nous propose deux références bibliographiques :
« Bug made in France » ou l’histoire d’une capitulation culturelle d’Olivier Poivre d’Arvor
« Mainstream », Enquète sur cette culture qui plaît à tout le monde de Frédéric Martel
Réunion de la Section Culture le 7 Mars 2011
Cher(e) camarades, je suis heureux de vous convier à la prochaine réunion de la Section Culture qui se tiendra de 19h à 22h le lundi 7 Mars , à Solferino , dans la salle du 1er étage ( qui ne porte pas encore de nom).Le thème central de discussion autour duquel s’articulera la réunion est celui du divertissement contre la Création qui constitue clairement l’un des marqueurs de la politique de la Droite envers la Culture.En privilégiant ce qui est reconnu et institutionnalisé, en arbitrant toujours en faveur du moindre risque et du plus consensuel, la politique actuelle sape le fondement même de la culture , sa capacité de renouvellement par la création.Bruno Laforestrie qui est une figure bien connue des nouveaux media , président de Hip Hop citoyens ( http://hiphopcitoyens.com/) et qui est pleinement immergé dans les questions de création urbaine et de mixité,viendra nous faire part au cours de cette réunion de sa perception de la question et ouvrira nos débats sur ce sujet central de la culture et de la création.Merci de vous libérer pour cette réunion qui inaugure notre nouveau cycle de réunions .
Amitiés SocialistesJean-Paul Bessières -Orsoni
Secrétaire de la Section Culture









