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Archives pour la catégorie ‘Spectacle vivant’

Discours de François Hollande aux Biennales internationales du spectacle à Nantes

26/01/2012

Jeudi 19 Janvier 2012

 
Mesdames et Messieurs, je veux d’abord saluer mon ami Jean-Marc Ayrault qui nous accueille ici pour ces Biennales internationales du spectacle. Je salue les organisateurs. C’est devenu un événement majeur, un temps de rencontre, de dialogue, un lieu d’affirmation et de proposition concrète pour le spectacle vivant, et d’une manière générale un débat sur la politique culturelle de la France. Cette manifestation se tient avant une élection importante qui va sûrement justifier la présence d’un certain nombre de personnalités politiques pour dire l’engagement qui doit être le leur pour la culture en France. C’est aussi pour cette raison que je tenais à être ici à Nantes aujourd’hui.

Nantes est devenue une des capitales culturelles de notre pays. Cette collectivité a fait de l’art un vecteur de développement. Elle a joué harmonieusement des géographies, en créant des espaces comme le Lieu unique, en multipliant les commandes aux plasticiens. Il y a beaucoup d’exemples à prendre de Nantes.

Mais je veux aujourd’hui parler de l’enjeu national. Une Nation, c’est la conscience d’avoir accompli de grandes choses ensemble, mais c’est aussi le désir d’en réaliser de nouvelles. La culture est donc un élément constitutif de notre identité, tout en permettant la reconnaissance de toutes les diversités. La culture s’acquiert, se transmet d’une génération à l’autre. Elle fait émerger et subsister, pour les réinventer en permanence, les contours d’une société. C’est pourquoi la culture fait partie du rêve français, de cette grande, cette belle idée qui veut que nous fassions en sorte que la génération qui arrive vive mieux que la nôtre. La culture c’est le lien, le lien entre des individus, entre des classes sociales, entre des pays, entre des générations. La culture est donc au cœur d’un projet politique. Ce n’est pas simplement un élément d’un programme. Ce n’est pas une dimension qu’il faudrait ajouter aux autres politiques. C’est ce qui doit animer la démarche d’un candidat sûrement, d’un président nécessairement.

Je viens parler de la culture dans un moment particulièrement difficile pour l’Europe et pour la France, c’est-à-dire pendant un moment de crise. Une crise qui frappe dur, qui conduit beaucoup de nos concitoyens à lutter chaque jour pour échapper à la spirale de la précarité et au déclassement. Je viens parler de la culture dans un contexte où les Français, beaucoup d’entre eux, sont d’abord préoccupés par l’essentiel : l’emploi, le pouvoir d’achat, l’avenir des enfants. Et pourtant même, et j’allais dire surtout, dans la crise, je dois parler de la culture à ceux et à celles qui en sont le plus éloignés aujourd’hui.

Je viens parler de la culture à un moment où l’Etat, les collectivités publiques, sont dans des contraintes financières lourdes et cherchent des économies, des moyens de redresser les comptes qui ont été dégradés ou de réduire l’endettement. Mais j’affirme ici que l’austérité ne peut pas être aveugle. Un pays attractif, dynamique, enthousiaste, a plus de chance de rembourser sa dette qu’un pays que la vie a subrepticement quitté.

La crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend plus indispensable. La culture, ce n’est pas un luxe dont, en période de disette, il faudrait se débarrasser. La culture c’est l’avenir, c’est le redressement, c’est l’instrument de l’émancipation et le moyen de faire une société pour tous. Comme le disait Baudelaire : « le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité, c’est la culture ».

La violence de la crise, et j’en fais le constat, n’a pas eu raison de la curiosité, de l’envie de connaître, du besoin de partager, de vivre des émotions. Jamais les Français n’ont ces derniers mois autant fréquenté les musées, les spectacles, les cinémas. Et lorsqu’existe une tentation parfois redoutable de repli sur soi, lorsqu’émerge la peur de l’autre, lorsque le sentiment de déclin peut gagner les esprits, alors nous devons nous tourner vers la culture. C’est elle qui nous élève, qui nous construit, qui nous rassemble.

Dois-je évoquer ici, à la veille d’une élection, le bilan de la politique culturelle du président sortant ? J’hésite à le faire, pas par une sorte d’indulgence — elle ne serait pas comprise — mais pour ne pas me répéter. En définitive, le bilan de la politique culturelle du pouvoir est à l’image du quinquennat. L’Etat assure aujourd’hui moins du quart du financement public de la culture. Le soutien aux équipements de proximité a été négligé. L’enseignement artistique a été délaissé. Les pratiques amateur ont été négligées. Les entretiens de Valois sur le spectacle vivant sont restés sans lendemain. Le Conseil pour la création artistique qui avait été lancé à forts coups de trompette a été un fiasco. Hadopi est devenu un sujet d’affrontement. Les subventions de l’Etat sont partout en recul, qu’il s’agisse du soutien aux lieux ou aux équipes. Le doute s’est installé. Un sigle a fait florès, y compris dans le monde de la culture, la RGPP, qui vient menacer les budgets et les actions au nom d’économies budgétaires qui ne sont pas ici comprises.

J’ajoute que les maisons culturelles à l’étranger ont été sérieusement affectées. Si bien que les villes, les départements, les régions ont pris le relais de l’Etat, soutenant les nouveaux talents, permettant le financement des lieux de diffusion. Et aujourd’hui, quand l’Etat investit un euro dans la culture, ce sont deux euros qui sont apportés par les collectivités locales. Elles ont bien compris, ces collectivités — sans doute mieux que l’Etat — que la culture est l’un des secteurs les plus fertiles en création d’emploi, que c’est un moteur de développement territorial mais aussi économique, social, éducatif ; que les villes, les départements, les régions, en investissant dans la culture, ont considérablement augmenté le potentiel d’attraction des territoires.

Mais je le dis aussi nettement, les collectivités ne peuvent se substituer à une politique nationale. Elles seront elles-mêmes touchées par les contraintes financières. Je ne suis pas favorable à ce que progressivement, l’Etat s’efface et que les territoires s’emparent d’une compétence qui était jusque-là, au moins pour l’orientation de la politique culturelle, celle de l’Etat.

Le désengagement de l’Etat est une rupture brutale avec une tradition, une histoire, un héritage propre à notre pays et qui dépassait souvent les clivages politiques. Il y a eu des affrontements ces trente ou quarante dernières années entre la Gauche et la Droite sur la culture. Mais il y a eu de grands ministres de la Culture de Droite, André Malraux bien sûr, mais pas seulement André Malraux : Edmond Michelet, Jacques Duhamel — je ne veux pas oublier les autres. Mais je veux dire ainsi que la culture a été portée de majorité en majorité, jusqu’à récemment, par la même ambition, la même volonté.

Je sais, même si vous connaissez ma sensibilité — je suis socialiste, pour ceux qui n’auraient pas suivi les différents événements qui se sont produits depuis ces vingt dernières années — que le monde de la culture a des griefs vis-à-vis de la Gauche. Parce qu’elle ne parle pas suffisamment de la culture dans ses programmes — cela m’est revenu. Parce que la Gauche, quand elle est en responsabilité, même si elle s’honore d’avoir fait voter de grandes lois, d’avoir soutenu la création, de l’avoir défendue, n’a pas toujours été vigilante comme il convenait. Je sais qu’il peut y avoir des conflits sur certains territoires entre des élus et des acteurs culturels. C’est la vie ! Mais ce que je veux ici signifier, c’est la culture comme grande ambition nationale, comme étant une force qui doit être capable de dépasser ce qui peut nous opposer.

C’est la raison pour laquelle je réaffirme que la culture doit être une priorité majeure, une ambition commune. Cela doit se retrouver bien sûr dans le budget de la culture. Mais plutôt que de fixer des taux de progression, j’affirme que le budget de la culture sera entièrement sanctuarisé durant le prochain quinquennat. Mais il n’y a pas que le budget du ministère de la Culture, il faut y ajouter toutes les autres dimensions portées par de grands ministères : ministère de l’Education, ministère de l’Industrie pour le numérique, ministère de l’Economie pour la fiscalité, ministère des Affaires étrangères pour l’action culturelle à l’international.

Aussi, si les Français m’accordent leur confiance en mai prochain, ma première volonté sera de restaurer la légitimité du ministère de la Culture pour le faire porter sur ses deux missions essentielles. La proximité avec les artistes, d’abord. C’est le ministère de la Culture qui soutient la création, qui accompagne les artistes, qui les défend, qui leur permet de dialoguer avec force avec les autres ministères sur leurs droits, sur leur rémunération. C’est le ministère de la Culture qui doit garantir la liberté des équipes et simplifier l’exercice des professionnels. C’est lui qui doit défendre le service public de la culture. Voilà sa mission. Il en a une autre, qui est l’accès du plus grand nombre aux biens culturels, à la culture de tous. Cela passe par la mobilisation de l’ensemble des acteurs et des institutions culturelles, des territoires, de l’éducation, de l’audiovisuel. Cela passe aussi par des règles fiscales. Et je reviendrai sur la TVA qui a été portée de 5,5 % à 7 % sur les livres comme sur la billetterie. Je rappellerai combien a été précieuse la loi sur le prix unique du livre dont Jack Lang a été l’auteur, parce que c’est aussi un moyen de préserver le réseau des libraires. Nous ne voulons pas la culture pour chacun que certains développent, mais la culture pour tous et partout.

Nous voulons qu’en matière culturelle comme ailleurs, l’équilibre territorial soit la garantie de la justice et de la solidarité. L’aménagement culturel de la France doit être une préoccupation. Il s’agit d’irriguer tous les territoires oubliés, les zones abandonnées de nos régions, les quartiers délaissés de nos grandes villes. Et c’est pourquoi nous avons besoin d’une nouvelle étape de la décentralisation culturelle.

Je l’ai dit, l’Etat doit être le partenaire actif, attentif aux réalités de chaque territoire, mais il doit redéfinir son action pour fédérer les collectivités locales et tous les acteurs et institutions dans une même volonté. Aujourd’hui, notre pays est doté d’un réseau majeur d’institutions, pour le patrimoine, pour la création, pour la diffusion, qui sont des leviers fondamentaux de l’accès de tous aux œuvres, pour le soutien de l’émergence, pour favoriser la multiplication des lieux et des formes de diffusion. Mais plus que de nouveaux équipements, nous avons besoin de moyens pour les faire fonctionner correctement. Et c’est ce contrat-là qui devra être passé entre Etat, collectivités locales et institutions culturelles.

L’accès de tous à la culture, c’est aussi et c’est surtout l’éducation, l’éducation artistique et populaire. La démocratisation relève de l’école, de la formation, et demande des politiques de long terme. Je lancerai, si les Français m’en donnent mandat, un plan national d’éducation artistique, piloté par une instance interministérielle, doté d’un budget propre, rattaché au Premier ministre. L’objectif est que nos enfants puissent bénéficier d’une éducation et d’un apprentissage artistiques tout au long de leur vie scolaire, de la maternelle jusqu’à l’université. Les pratiques amateur, essentielles à la démocratisation de la culture, devront être encouragées et valorisées. Et si nous parvenons à installer dès le plus jeune âge le sens et l’amour des découvertes, détachés de l’obsession du matériel, alors quelque chose de fondamental sera acquis.

Cela suppose que l’éducation culturelle et artistique ait une place prépondérante dans les concours de recrutement, dans la formation initiale des enseignants, qui devra être rétablie, dans la formation continue. Il conviendra de faire davantage place aux artistes dans les établissements scolaires. Enfin, l’histoire de l’art doit devenir une discipline à part entière, avec ses concours de recrutement.

Je veux évoquer le spectacle vivant. Vous êtes nombreux à y travailler, ici. J’indique que je soutiendrai, j’encouragerai le théâtre, l’opéra, la danse, le cirque, la musique. Le spectacle vivant, s’il n’est pas soutenu par la puissance publique, se retrouve démuni, livré à ses propres ressources, celles du talent, de l’initiative, celles de la volonté, de la persévérance qui souvent, hélas, ne se suffisent plus à elles-mêmes. L’Etat doit donc créer les conditions du succès, de la réalisation du spectacle vivant. S’il n’y a jamais eu en France aussi peu de représentations par spectacle, il n’y a jamais eu autant de spectateurs. Ils étaient plus de 15 millions l’année dernière. Ce sont donc les moyens dans la durée qui font défaut. Et c’est ce qui doit changer. Je me suis engagé il y a déjà plusieurs années, je l’ai rappelé en Avignon cet été, à faire voter une loi d’orientation sur le spectacle vivant. Cette loi d’orientation fixera les objectifs, sécurisera les financements et mobilisera tous les partenaires. Il y aura un grand débat, avant son adoption, avec l’ensemble de la profession.

Parallèlement, je reprendrai le chantier du Centre national de la musique, pour en faire un outil au service de la diversité culturelle et de l’ensemble du spectacle vivant, et pas seulement de la musique enregistrée. Renforcer le soutien et la création, c’est aussi considérer le travail de l’artiste, sa formation, sa rémunération, ses besoins en termes de lieux de répétition, d’ateliers, sa présence, son inscription dans la Cité. C’est aussi lutter contre la précarité du métier. C’est retrouver la durée, le temps de l’élaboration d’un projet artistique. A cet égard, la question des intermittents du spectacle et du financement de leur régime reste posée. Elle renvoie au statut de l’artiste en général, qui n’est pas toujours bien réglée. La convention Unedic en vigueur, et donc ses annexes 8 et 10, arrivent à échéance fin 2013. C’est loin, fin 2013 – surtout quand on regarde mai 2012. Et en même temps, c’est tout près. Et donc, il conviendra de préparer dès 2012 le rendez-vous. Le prochain ministre de la Culture devra être en position de médiateur et d’accompagnement pour le règlement, je l’espère définitif, de cette question.

Je veux aborder maintenant une question qui revient de manière lancinante et légitime dans nos débats : la révolution numérique. Internet est un formidable espace de liberté et de diffusion. C’est une fenêtre ouverte sur le monde, et de nombreux Français accèdent à la culture parfois par hasard, par ce biais. Cette « culture à domicile » ne doit pas être considérée comme une menace, mais bien au contraire comme un levier, si nous savons l’utiliser, de diffusion et de partage du savoir. La numérisation des biens littéraires et artistiques constituera un dossier important du prochain quinquennat, parce que ce sera un facteur de croissance et d’émergence d’un nouveau modèle économique. Bien sûr, la révolution numérique impose un changement, pour que la création obtienne la rétribution à laquelle elle a le droit de prétendre et pour que le plus grand nombre puisse accéder par Internet aux biens et à la culture. La loi Hadopi a voulu pénaliser des pratiques. Pour quels résultats ? Les artistes ont-ils gagné quoi que ce soit en termes de reconnaissance et de rémunération ? Cette loi a-t-elle rapporté un sou à la création ? En revanche, elle continue de faire débat. Et c’est un sujet permanent d’affrontement entre le monde de la création et le public. Nous ne pouvons pas accepter cet affrontement. Il est dangereux. Il est même grave, car il ne peut pas y avoir de coupure entre les créateurs et leur public. Le public a besoin de créateurs et les créateurs, de public. Nous devons donc essayer de régler cette question de manière, autant qu’il est possible, consensuelle et durable.

Je ferai donc voter une loi qui signera l’acte 2 de l’exception culturelle française. Elle sera élaborée en lien étroit avec tous les professionnels du monde de la culture. Nous éviterons les affrontements et nous chercherons les solutions. Ma proposition repose sur deux idées, deux principes : développer l’offre culturelle légale sur Internet en simplifiant la gestion des droits et imposer à tous les acteurs de l’économie numérique une contribution au financement de la création artistique. Nous ne parviendrons pas à une juste rétribution de la création immatérielle si nous n’y associons pas ceux qui en profitent le plus directement, c’est-à-dire les fournisseurs d’accès et les fabricants de matériel. Je rappellerai autant de fois que nécessaire que les créateurs doivent être rémunérés pour leurs œuvres. La lutte contre la contrefaçon commerciale sera donc maintenue et je veillerai à faire respecter le droit moral, pilier des droits d’auteur, et à garantir la chronologie des médias.

Pour résumer mon point de vue, mais aussi mon engagement, il n’y a pas de solution simpliste. Nous devons agir dans la concertation et trouver la solution, elle existe, qui assurera le financement de la création ainsi que la plus large diffusion des œuvres à tous les publics. Je refuse le simplisme, mais aussi la facilité qui consiste, selon les salles ou les publics, à dire tout et le contraire – cela peut arriver. Ce que je sais, c’est que nous ne trouverons l’issue que si nous sommes capables de trouver l’équilibre entre le droit de tous à accéder aux œuvres et le droit des auteurs à être rémunérés.

Je veux terminer sur une grande question, souvent oubliée, et qui pourtant fonde notre fierté : la culture dans le monde, la culture française dans le monde. Au 21ème siècle, un pays comme le nôtre ne rayonne plus simplement par son économie ou par sa force, mais par la diffusion de ses arts, de sa culture, de sa création. L’exception culturelle française demeure. Elle est même une chance, un atout, pas simplement pour nous-mêmes, mais pour l’Europe et pour le monde. Je suis à Nantes, ici, ville dirigée par Jean-Marc Ayrault, qui peut être fier qu’une compagnie de théâtre de rue comme Royal de Luxe soit l’invitée officielle de l’Allemagne pour fêter le 20ème anniversaire de la chute du mur, de l’Argentine pour célébrer l’anniversaire de l’indépendance du pays ou du Mexique pour commémorer sa révolution. Je me demande même s’il ne faudra pas faire venir Royal de Luxe le 6 mai ! Mais qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que la France est attendue, que la France ne s’exporte pas simplement par ses biens ou par ses capitaux, mais par la qualité de son message, la force de sa création, la promotion de ses idées. D’où l’importance d’un réseau culturel français dans le monde – et je regrette qu’il se soit affaibli. Le redressement de notre diplomatie – car c’en est une – culturelle doit être une priorité. Le budget des actions culturelles françaises à l’étranger a été réduit dans des proportions considérables, dont beaucoup n’ont pas idée. En Afrique, en Amérique latine, des instituts culturels ferment purement et simplement, ou d’autres ne peuvent plus assurer leurs missions. Autre symptôme du mal, la direction générale du quai d’Orsay en charge des réseaux culturels et de la coopération a été fusionnée avec la direction économique. C’est tout dire, comme symbole ! Comme si la culture n’était qu’un produit commercial parmi d’autres. Je considère que la France est forte et rayonnante quand sa culture est capable de s’ouvrir aux autres, d’accueillir d’autres, et notamment les artistes étrangers. Et il m’est insupportable de constater que la politique des visas du ministère de l’Intérieur aboutit à ce que des artistes ne puissent plus venir en France jouer, manifester, créer.

Une dernière réflexion sur l’Europe, cette Europe que l’on regarde avec affliction, avec peine, tant elle est incapable de lutter efficacement contre la spéculation, mais une Europe que l’on aime au-delà de tout, de sa monnaie, de ses finances et de ses dettes souveraines. Que l’on aime parce que c’est notre espace, ce sont nos références, c’est notre histoire, c’est notre avenir. La grandeur de l’Europe, ce sont aussi des références que nous avons tous à l’esprit : les pages de Proust sur Venise, la visite de Stefan Zweig dans l’atelier de Rodin, tous ces paysages que nous connaissons sans avoir pourtant toujours eu leur réalité en face et qui, pour nous, sont des symboles de création, de connaissance, de lieux culturels. Nous avons une histoire en partage. Cette histoire, nous devons lui donner un avenir. C’est pourquoi je proposerai que nous puissions inscrire dans le cahier des charges de tous les établissements culturels nationaux la création, chaque année, d’une programme européen, d’un échange européen, la capacité de créer ensemble, en Europe.

Voilà ce que j’étais venu vous dire en cette matinée à Nantes, vous présenter non pas mes propositions sur la culture, mais mon projet pour la France. J’ai entièrement consacré cette campagne, dans le contexte que vous savez, à la réussite de la jeunesse, à l’idée que nous devons tout donner, tout concentrer sur la génération qui vient. C’est elle qui nous permettra non seulement de nous redresser économiquement, mais qui nous donnera la force qui nous assurera la reprise de ce récit républicain, de ce rêve français qui fait que nous donnons une confiance dans le progrès, dans l’égalité, dans l’émancipation humaine à toutes celles et à tous ceux qui sont français, et aux autres.

La France ne changera pas sans vous, vous les acteurs, vous les intervenants, vous les créateurs. Elle ne se redressera pas sans vous parce que vous êtes les forces vives, parmi d’autres, du pays. La culture est l’un des domaines les plus fertiles en création de richesse, pas seulement matérielle, en termes de création d’emploi. Il y a dans l’ensemble des métiers culturels plus de salariés que dans l’automobile. Je veux défendre l’automobile, mais je veux aussi promouvoir la culture – et pas simplement la culture de l’automobile !

La culture est aussi un élément de notre industrie, au moment où nous parlons à juste raison de la réindustrialisation du pays, de la mutation qu’il faut accomplir, de la capacité qui doit être la nôtre d’être plus forts dans la compétition sans qu’il soit besoin de mettre en cause des droits sociaux ou le coût du travail. La compétitivité, ce n’est pas simplement une affaire économique, c’est une affaire de société. Et la culture, avec ses industries, contribue à notre vitalité et à notre présence à l’étranger.

Enfin, la France ne se redressera pas sans sa jeunesse, qui espère tant dans la culture et dans sa force créatrice. Permettez-moi juste une anecdote. Je visitais à Pierrefitte, il y a quelques jours, en Seine-Saint-Denis, une association qui accueillait des élèves décrocheurs – vous savez, ces élèves qui quittent l’école avant la fin de l’obligation scolaire, qui n’en peuvent plus, qui vivent l’échec trop durement pour rester dans l’institution qui devrait pourtant leur donner la promotion et la fierté d’apprendre. Un de ces jeunes me disait qu’il avait trouvé dans cette association non seulement l’accompagnement scolaire qu’il était venu chercher (il avait été exclu pour son comportement), mais que ce qui l’avait surtout fait changer, c’était l’atelier de théâtre dans lequel il s’était inscrit et qui lui avait permis de trouver confiance en lui, la découverte des arts et la compréhension du monde. Voilà, la culture c’est aussi et c’est toujours un facteur d’émancipation, de fierté, de reconnaissance, d’élévation.

Et donc, si je mets la culture aussi haut, c’est parce que je mets la jeunesse en premier. C’est avec son intelligence, son ardeur, sa vitalité que nous réussirons. La France doit changer. Je ne vous dirai pas de quoi, je ne vous dirai pas de qui, je vous dirai simplement qu’elle doit changer. Cela va bien plus loin que le choix d’un homme ou d’une femme. C’est le choix, aussi, d’une politique, d’une vision, d’une ambition, d’un esprit. C’est le choix, aussi, d’une manière d’être ensemble, de partager des valeurs, de se donner un espoir plus grand que nous, de nous dépasser.

Voilà pourquoi la France doit changer : pour être, finalement, davantage elle-même, être digne de sa culture, de son histoire, du respect que partout dans le monde elle inspire aux amoureux de la liberté. Voilà pourquoi je suis ici, en amoureux de la liberté, en amoureux de la France et en amoureux de la culture !

Merci.

Culture en luttes, Intermittence, Médias, secrétariat national culture, Spectacle vivant

L’Assemblée Générale de la section Culture du PS s’est réunie

09/10/2011

Laurent Schuh des Arts et Mouvants

 

L’Assemblée Générale de la section Culture du PS s’est réunie le 3 octobre 2011 au siège du Parti Socialiste -Salle Guidoni-

L’ordre du jour était composé de deux parties :

 

1) problématiques générales du Spectacle vivant

avec :

Laurent Schuh (acteur, metteur-en-scène, directeur artistique de la structure internationale mobile LES ARTS ET MOUVANTS),

Claire Lamarre : Comédienne et metteur-en-scène (compagnie Les Matins clairs),

Jean-Pierre Chrétien Goni : Fondateur et directeur du «Vent se Lève! », Tiers-lieu, dans le 19ème arrdt de Paris, metteur en scène, universitaire (Conservatoire National des Arts et Métiers),

Geisha Fontaine : Chorégraphe, performer et chercheur en danse,

Cie Mille Plateaux Associés, docteur en philosophie de l’art,

Etienne Charasson : Architecte et scénographe, fondateur de l’association LECTURES&LECTEURS à Saint Pierre Toirac, dans le Lot, met en place des lectures de textes de théâtre en milieu rural ainsi qu’en milieu pénitentiaire.

 

2) Évocations des projets des candidats à la primaire relatifs à la culture et au spectacle vivant,

par :

François Adibi pour François Hollande,

Bruno Tackels pour Arnaud Montebourg,

Etienne Charasson pour Martine Aubry

 

Laurent Schuh est le premier à s’exprimer

http://www.lesartsetmouvants.com/  

« Nous cherchons à encourager le décloisonnement (des langages,  de l’espace -notamment urbain-), pour accentuer la participation citoyenne et interroger la notion de frontières, redéfinir la question de l’espace du sens dans la société, et générer du lien, mot à la mode pour de mauvaises raisons parfois, et qui doit être remis en cause tant il suscite d’interprétations erronées.

Le théâtre est une matrice de transformation du monde, mais il y a du retard dans l’accomplissement de ses démarches profondes tant cette institution géniale s’est figée. Nous sommes presque passés de l’écrin créé par Mitterrand, de l’aventure à la démobilisation. Or, il est le moteur de la culture pour une génération qui doit normalement permettre de procéder à un renouvellement. Et la culture ne remplit pas ce rôle.

 

Il faut un renouvellement de la pensée.

La culture n’est pas une marchandise. »


Le secrétaire de la section Culture poursuit :

 

« La culture a en effet reculé et nous en sommes à la repenser dans le cadre du parti pour dépasser le cadre budgétaire et renouveler nos engagements. Ses domaines et les œuvres qu’ils génèrent sont plus importants symboliquement, ainsi qu’en termes de retour, que ce que produisent n’importe quels type de produits manufacturés.

Au cœur d’un projet de transformation du monde, il doit y avoir une vision de l’homme et de ce qu’il est capable de créer au sein de sa culture. »

 

Le Spectacle de Geisha Fontaine

Geisha Fontaine

http://www.milleplateauxassocies.com/

Evoque le domaine de la danse en soulignant la signification d’un engagement pris à deux pour diriger un projet entamé à l’âge de seize ans qui lui a par la suite donné envie de mener une réflexion théorique. Elle met en relief l’importance du travail de la compagnie Mille Plateaux Associés dans le 94 et le 93, un positionnement fait dans le choix de l’ouverture.

Elle rappelle l’importance centrale du statut de l’intermittence dans le processus de création, rôle très positif d’un dispositif qui permet la richesse et la diversité d’une multiplicité de formes. Elle souligne la nécessité d’un renforcement de ces statuts.

… « Le soutien à la création est nécessaire de même que celui aux résidences d’artistes (sans les rendre définitives). L’enjeu est de confier à la fois plus de moyens et de responsabilités à l’artiste. Il faut aussi mieux prendre en compte les propositions pluridisciplinaires, réfléchir à des formes moins étiquetées.

Il ne faut surtout pas opposer ce qui serait populaire à ce qui serait pointu, mais favoriser au contraire la multiplicité des démarches.

L’art à l’école enseigné par des artistes est en régression, or ce cadre est fondamental pour les enfants et pour l’accès à la culture…

Selon l’Adami, 80 % des fonds vont aux administratifs et 20% aux artistes.

On constate la complexité croissante des dossiers à remplir (solde, restitutions, etc.) qui éloignent du travail de création. L’allégement d’une forme exagérée de bureaucratie est compatible avec une rigueur de gestion.

Il faudrait envisager une vaste consultation nationale entre les artistes et les politiques. Organiser des concertations entre les artistes et les décideurs, les artistes ont plein d’idées ! Les politiques doivent veiller à ne pas instrumentaliser la culture. »

 

         Le secrétaire de Section :

« Le statut de l’intermittence doit être amélioré, certains de ses pans étant d’ailleurs sujet à des détournements (notamment dans l’audiovisuel). Cela pose la question des périmètres de l’action publique. On doit imaginer un statut de l’artiste. Cela est significatif du poids du contrôle de la norme, malheureusement imposée. »

 

          Nathalie Saïdi (Cie des Arts et Mouvants):

« Cela crée à la fois stigmatisations et culture du soupçon. Le contrôle ne doit pas créer de l’isolement. Il faut réviser l’évaluation et l’expertise si on veut éviter les dysfonctionnements. Le système est poussiéreux et archaïque et on doit revenir aux statuts de l’intermittence.

 

Battons-nous pour un vrai 1% qui devrait être en réalité porté à 10 %... en y introduisant la participation d’autres secteurs. Recherche, santé, innovation, etc. sont tous liés à la création : Un bon spectacle peut être plus efficace qu’une longue cure thermale !..

Jack Lang nous a laissé un héritage riche et presque trop lourd dans la mesure où certains lieux sont sous-utilisés, ou demandent des frais de fonctionnement qui empiètent exagérément sur les budgets alloués aux spectacles. Il y a une inflation des structures, où 80% des budgets vont au fonctionnement. Or, c’est la baisse des baisses, les collectivités étant elles mêmes menacées. L’artiste est en bout de chaîne et subit cette diminution de plein fouet. Comment vivre dans une société qui violente ses créateurs ? Comment créer un futur qui soit acceptable pour nos enfants ? »

 

 

Le secrétaire de Section :

« Il faut sanctuariser le budget de la culture et se poser la question de l’école et celle des organes de diffusion audiovisuelle dans le rapport qu’ils permettent ou pas avec la nouveauté. L’école fonctionne encore dans ce pays comme il y a cinquante ans or la clef commence à l’école. »

 

 

Etienne Charasson :

« Nous menons des actions de lecture de théâtre contemporaine en milieu rural et nous constatons l’intérêt des gens pour ces manifestations, ce qui pose la problématique d’une culture jamais allouée de manière pérenne ou cohérente.

On parle à juste titre de déserts culturels ; exemple du Lot : 160.000 habitants et un seul théâtre, en Aveyron, deux salles pour 300 000… Les compagnies locales souffrent de l’emprise de potentats locaux.

Là où je suis, ce sont 20 compagnies de création contemporaine qui sont lésées. Or, on note le succès de textes ardus.

Nous réussissons, grâce à l’association, à faire venir les meilleurs  auteurs.

Nous travaillons aussi en prison où la coopération entre les SPIP et le ministère de la culture permet des initiatives. Mais l’accès aux œuvres est rarement créé pour ces hommes que la culture pourrait réconcilier avec la société. Exemple des ateliers d’écriture avec Jacques Serrena.

 

Tout s’articule autour de la mémoire, du savoir, de la création et de la transmission.

 

Les arts peuvent traiter de leur place dans la société. Lavoisier disait :

« une nation dans laquelle les arts et la science sont languissants finit invariablement par devenir languissante elle même. »

On note un risque d’apathie. Des sociétés moins intéressantes, reposant parfois sur des principes d’oppression, sont en train de prendre le pas sur les nôtres.

Il faut réfléchir à la question des intermittents et au problème du budget.

 

Il faut que le Ministère soit mieux doté mais pas dans sa forme actuelle…

Penser à la question des régions, aux besoins en milieu rural. Beaucoup de citadins se sont installés. Les agriculteurs vont au théâtre. Plein de petites villes sont en manque et n’ont pas les moyens.

Exemple des Midi-Pyrénées où il y a 340 compagnies et une misère de l’organisation qui leur est destinée.

Ma compagnie reçoit 6000 euros de la région pour 65 spectacles et des milliers de spectateurs

 

Certains lieux ne servent à rien. Ludiques, amusants, familiaux, certes, mais ni pour la création, ni pour les artistes…

 

Il faut de véritables professeurs et du temps de cours.

Dans l’action de formation et de médiation on se trompe de personnel… (les artistes ne sont pas forcément les meilleurs médiateurs… Ce n’est pas toujours leur rôle).

 

La culture est un liant important de la société.

Beaucoup de politiques sont cultivés, mais peu se préoccupent de faire vivre cette culture.

Marciac et Figeac assèchent les crédits alentours dans le jazz et le théâtre : cela pose le problème de la répartition. Ce qui brille n’est pas nécessairement ce qui touche les populations. Au fil des années, les bénévoles s’épuisent ou deviennent des professionnels.

Les artistes doivent vivre décemment et pas seulement du RSA ! »

http://www.lectures-et-lecteurs.com/

 

Le secrétaire de Sectio :

« Cela pose là aussi la question budgétaire,  l’importance du montant des sommes allouées et des postes créés… »

 

Claire Lamarre (en préparation du spectacle Lavoisier, l’autre Révolution, pour le théâtre de Charenton, mars 2012)

http://www.lesmatinsclairs.fr/

« Nous avons fait la proposition d’allouer l’espace disponible des théâtres publics qui sont vides pendant l’été de juin à septembre à des compagnies émergentes avec des directions tournantes pour les CDN avec un tirage au sort et une prise de direction du lieu pour y créer des spectacles innovants programmés en proximité avec le public. Ce serait une manière de donner de la place et du pouvoir à la jeunesse et à sa vitalité (proposition est reprise par Arnaud Montebourg).

 

 

Jean-Pierre Chrétien Goni :

http://www.leventseleve.org/

« Nous revendiquons la possibilité d’être autre chose que le 104 (qui est juste ce que l’on ne fait pas).

Nous cherchons à donner de l’indépendance et de la souveraineté à la culture sans attendre une manne. Nous ne voulons pas nous sentir coupables d’un plaisir qui serait banni.

La politique actuellement menée nous rend insensiblement dépendants du marché. Nous refusons cette logique de PME qui nous est calquée où la marchandisation de la culture est en marche y compris dans des espaces de proximité.

C’est une résultante du schisme de 1959. Culture et jeunesse ont été dissociées… une grande réflexion est nécessaire. Il faut revenir sur certains fondamentaux. L’éducation populaire, la jeunesse…

Les arts ne sont pas à part, comme une caste de la société.

Cela pose la question du statut du métier.

Quand est-on artiste ?… Quand on en vit ?

      … C’est une bulle que l’on contemple de loin alors que c’est la chair, le ciment de la société.

Qui sont les hommes de la culture ?… Une chose lointaine ? Alors que « Mille Fleurs Fleurissent ».

 

La culture doit apparaître à l’école, ailleurs… Elle doit porter ces lieux, mais on doit ouvrir des lieux complètement nouveaux.

Les nouveaux médias sont un bon exemple et offrent de nombreuses possibilités sans que l’on soit tous retranchés derrière nos machines. Le plaisir doit être un guide. Mais nous devons pouvoir dire non à certaines dérives…

Nous devons penser à la nature contributive de la pratique artistique…  Quel type de contribution ?

Faire du théâtre avec des personnes qui nous nourrissent, intellectuellement.

Prendre de la place, aborder une scène, c’est une contribution énorme, un endroit où l’on partage.

Se distinguer de cette « spectacularisation » du spectacle de télévision où c’est consommer ou partir.

Briser la logique du poids de la télévision sur les pratiques artistiques (une pièce télévisée, Les Perses d’Echyle a décidé de ma vocation).

Il est possible de faire de la qualité à la télévision et c’est la même chose pour les nouveaux médias.

Le faire, le tenter, le réaliser… -« A te regarder, ils finiront par s’habituer... » (René Char)-.

Nous lutterons contre la confiscation de la culture.

En 1981, une fois aux manettes, nous avons laissé faire, plus cette fois… Nous serons vigilants…

Le lieu de création et d’éducation populaire Le vent Se Lève ! (Paris 19) a le plaisir d’accueillir Une ronde militantepièce de théâtre écrite par Jacques Jouet à partir de rencontres avec des militants politiques, syndicaux, ou associatifs du bassin creillois.

 

A eux tous, dans leur diversité, ils sont la mémoire vivante de la nécessité des luttes pour plus de justice sociale. Une Ronde militante témoigne de cela, sa création leur est dédiée.

 

En seconde partie de cette Assemblée Générale,  comme annoncé,

François Adibi, pour François Hollande,

Bruno Tackels, pour Arnaud Montebourg,

et Etienne Charasson, pour Martine Aubry,

ont présenté les propositions de leurs candidats

telles qu’elles sont reprises dans leurs programmes respectifs….


Section culture, Spectacle vivant

Réunion de la section Culture Lundi 3 Octobre à 19H00

23/09/2011

theatre1

Chère(s) Camarades, nous reprenons nos réunions de section en poursuivant le cycle thématique que nous avons initié.

La prochaine Réunion se tiendra au PS 10, rue de Solferino

Lundi 3 Octobre, salle Guidoni

à Partir de 19H00

Nous vous invitons à  une discussion-débat autour des problématiques générales du Spectacle vivant et tout particulièrement autour des

NOUVELLES EXPRESSIONS DU SPECTACLE VIVANT

et DE LA CREATION CONTEMPORAINE ,

des conditions de l’émergence de ces nouvelles expressions, de la transmission de celles-ci , et de l’accès des publics .

Je remercie très vivement les intervenants suivants, qui nous apporteront l’éclairage de leur pratique et de leur engagement.

Isabelle Barbéris : Maître de conférences en Arts du spectacle à l’université Paris 7 Denis Diderot où elle enseigne le théâtre contemporain. Auteur de livres, ses recherches portent sur l’émergence de la scène contemporaine et les liens possibles entre une pensée esthétique, économique et politique.

Jean-Pierre Chrétien Goni : Fondateur et directeur du «Vent se Lève! », Tiers-lieu, dans le 19ème arrdt de Paris, metteur en scène, universitaire (Conservatoire National des Arts et Métiers).

Laurent Schuh
: Acteur, Metteur-en-scène, Directeur artistique de la structure internationale mobile LES ARTS ET MOUVANTS, compagnie à l’endroit des mondes allants vers.

Claire Lamarre
: Comédienne et metteur-en-scène (compagnie Les Matins clairs). Actuellement en préparation du spectacle Lavoisier, l’autre Révolution, création pour le théâtre de Charenton, en mars 2012.

Etienne Charasson
: Architecte et scénographe, il travaille à la Colline puis au TNS, au Rivoli Teatro Municipal à Porto et  CDN de Dijon et de Béthune. Il y a 10 ans, il fonde l’association LECTURES&LECTEURS à Saint Pierre Toirac. dans le Lot. Il met en place des lectures de textes de théâtre en milieu rural ainsi qu’en milieu pénitentiaire.

Geisha Fontaine
: Chorégraphe, performer et chercheur en danse. Avec Pierre Cottreau, elle a créé quatorze spectacles chorégraphiques au sein de la compagnie Mille Plateaux Associés. Docteur en philosophie de l’art, elle a écrit plusieurs livres et a contribué à diverses revues et ouvrages, notamment aux éditions du CNRS.

D’autre part notre actualité est sur le plan général bien sur focalisée sur les primaires. Je vous joins à toutes fins utiles le lien pour trouver votre bureau de vote:

http://www.lesprimairescitoyennes.fr/

Chère(s) Camarades, en seconde partie de notre reunion. nous entendrons 3 interventions dans le cadre des primaires pour François Hollande, Arnaud Montebourg et Martine Aubry.

Amitiés Socialistes

La Commission administrative de la section Culture : François Adibi, Pierre Balas , Gilles Combet, Evelyne De Paris, Gilles Marchand, Alain Schlick, Rosine Young.

Le Secrétaire de la Section Culture

Section culture, Spectacle vivant

Budget 2011 de la culture: la consolidation de la stagnation

10/03/2011

theatre

I – La stagnation, voire la baisse réelle, au lieu du « bon budget » affiché par la communication gouvernementale

Le ministère de la culture et de la communication, une fois de plus, se félicite du budget dont il va disposer l’année prochaine. A l’entendre c’est un « bon budget : +2,1 % , est-il proclamé fièrement.

Ce chiffre serait d’autant plus remarquable que le budget global de l’Etat est frappé, comme on le sait, de la rigueur qui ne veut pas dire son nom : réduction du déficit de l’Etat de 7,8% du PIB en 2010 à 6%en 2011, PLF 2011 (projet de loi de finances) construit en application de la norme de dépenses « zéro valeur », soit la stabilisation en euros courants, baisse de 5% des crédits de fonctionnement, etc…
La réalité n’est évidemment pas aussi belle que l’on veut bien la décrire. Certes, le budget du ministère ne s’effondre pas, ou n’est pas frappé d’une baisse sensible, comme cela a pu arriver certaines années noires où la droite s’exerçait à l’un de ses jeux favoris, les coupes sombres dans le budget de la culture. Faut-il pour autant faire passer pour une victoire ce qui est au mieux la simple continuation de l’existant, alors que, au fil des ans, le budget de la culture est devenu un budget très contraint, bloqué par l’absence de mesures nouvelle significatives, incapable d’accompagner les évolutions majeures que connaît la vie culturelle et artistique? Faut-il, dans le contexte d’aujourd’hui, considérer comme la reconnaissance d’une priorité budgétaire le simple fait de ne pas subir des baisses drastiques, à l’encontre du sort subi par d’autres administrations ?
Qu’en est-il au juste, de ce budget 2011 ?
La communication gouvernementale a encore frappé, puisque la plupart des médias ont, en définitive, retenu que le budget de la culture augmentera de plus de 2% .Il n’en est rien, pourtant.
Le ministère annonce +2,1 % d’augmentation : il s’agit de l’ensemble du budget de la culture et de la communication (culture + audiovisuel public, cinéma…). Un peu moins fort déjà, il affirme : +1,1% pour la seule Mission Culture, qui concerne les dépenses culturelles au sens strict (et qui seule fait l’objet de la présente note). Ce chiffre fait donc apparaître une augmentation, même minime . Hélas, il est faux.

En effet, de 2010 à 2011 le montant global des crédits de la Mission Culture passe, en CP (crédits de paiement), de 2,676 Mds euros à 2,672 Mds, soit une baisse, certes minime, de …4 millions d’euros. Pour arriver à une hausse de +1,1% (discours du ministre, dossier de presse), le ministère y ajoute en fait 40 M euros de fonds de concours, ce qui fait effectivement +1,1%. Sauf qu’en 2010, il y avait 50 M euros de fonds de concours, non comptabilisés dans les 2,676 Mds cités plus haut. Donc petit mensonge eu égard à la faiblesse du montant de crédits en cause, mais à gros objectif symbolique : cacher lastagnation pure et simple.
Mais un autre fait est caché, la baisse réelle des crédits, car l’inflation est prévue à 1,5% en 2011, selon les chiffres officiels du ministère de l’économie et des finances. Donc, que ce soit +1,1% ou +0% (à 4 Millions d’euros près), il y aura baisse effective du budget de la Mission Culture en 2011 .
Précisions :
La maquette budgétaire du ministère a été modifiée d’une année sur l’autre, ce qui n’en facilite guère la lecture, ni la comparaison rétrospective. La logique technocratique de la LOLF aboutit ainsi à sortir le livre (BNF comprise) et les industries culturelles de la Mission » Culture », et à les envoyer à la Mission « Media, livre et industries culturelles »…Elle conduit aussi à regrouper l’ensemble des crédits de personnel des programmes « patrimoine » et « création » dans le programme « transmission des savoirs et démocratisation de la culture (incluant les fonctions de soutien). Elle autonomise enfin une action « archéologie », ce qui est une bonne chose.

Il est cependant à noter que les chiffres de 2010 sont « retraités », de sorte qu’ils n’expliquent pas les évolutions que l’on peut constater et dont il est rendu compte dans la présente note.
Pour information, le budget de l’Etat étant fixé en 2011 à 356,9 Mds en dépenses (avec charges de la dette et pensions), le budget de la Mission Culture représentera donc 0,75% de ce dit budget. Si l’on y ajoutait les activités qui viennent d’être transférées à la Mission Media et industries culturelles, qui peuvent être estimées à 245 M euros, le chiffre passe à 0,81%. Il fut un temps glorieux où….

La répartition des crédits entre les grandes fonctions du ministère

Comme on va le voir, le patrimoine, dont le montant global des crédits augmente (+1,6 %), s’en sort mieux que la création, condamnée à nouveau à la stagnation, donc au blocage. Ceci confirme l’observation déjà faite en 2010. Une hiérarchie des priorités est de fait introduite entre ces deux grandes fonctions.

Quant à » la transmission des savoirs et à la démocratisation culturelle », si les crédits de l’enseignement supérieur spécialisé sont préservés, l’action culturelle connaît une nouvelle baisse. C’est à cet aune qu’il faut juger le discours sur « la culture pour chacun »  qui se réduit à une pure et vaine réthorique,dès lors que les moyens dans ce domaine continuent inexorablement leur déclin, et ce depuis plusieurs années
Enfin,s’agissant des « fonctions de soutien », la RGPP conduit à la poursuite de la baisse des emplois et à la paupérisation de l’administration culturelle.

La programmation pluriannuelle des finances publiques (2011/2013) : la stagnation à perpétuité ?
Cette programmation pluriannuelle étant à présent un exercice budgétaire imposé, il est à noter, sans surprise, que, pour la Mission Culture, elle prévoit la stricte reconduction des crédits en CP : 2,70 Mds euros en 2011 et 2,70 Mds à nouveau en 2012, et 2,71 Mds en 2013 . Les 2,70 deviennent 2,67 Mds euros à périmètre courant (en conformité avec le chiffre cité plus haut).
Elle prévoit aussi environ 300 emplois en moins (297 ETPT) pour 2013 .
II – Le patrimoine

Le ministère affiche une hausse de +1, 6% pour l’ensemble des crédits du programme 175 patrimoine . C’est exact  : +13 M euros en CP d’une année sur l’autre. Mais tous les secteurs du patrimoine n’en bénéficient pas.
Les AE (autorisations d’engagement) de leur côté augmentent de 83 M en 2011, mais ils sont appelés à baisser de 60 M en 2012, et encore de 3,5 M en 2013 . L’explication d’un tel mouvement réside dans la programmation pluriannuelle d’opérations importantes, en hausse en 2011 avant de baisser logiquement ensuite, telles que le musée Picasso (4 M), le Fort Saint –Jean (12M), le MUCEM (fin de l’opération, 35 M), le quadrilatère Richelieu. (28 M).
1 - Le patrimoine monumental

Ses crédits baissent de 13 M euros en CP d’une année sur l’autre : de 391 M euros à 378 M euros .Onvoit mal dès lors ce qui justifie l’affirmation du ministère selon laquellele budget des MH est préservé à la hauteur du budget 2010 .
Rappelons qu’en 2009 le plan de relance avait permis une hausse de 100 M supplémentaires, hausse confirmée dans le budget 2010. Mais ce, après des années de baisse catastrophique, dont la droite au pouvoir porte seule la responsabilité, et le PS avait eu à cet égard l’occasion de dénoncer cette gestion calamiteuse du patrimoine. Il semble en fait que le ministère ait quelque difficulté à présent à maintenir ce niveau d’exigence atteint en 2010…
Les AE en revanche connaissent une hausse de 38 M euros (cf supra).
Les crédits de fonctionnement baissent de 17 M . Les crédits d’entretien des MH appartenant à l’Etat semblent strictement reconduits : il est dommage de ne pas poursuivre le mouvement positif de hausse de ces crédits engagé en 2010. La baisse concerne en fait à la fois les crédits de restauration des monuments nationaux et le domaine de Versailles.
Les dépenses d’investissement (MH appartenant à l’Etat) augmentent de 4 M euros , mais les crédits d’intervention( MH non Etat) stagnent (+0) : ce sont les collectivités territoriales et les propriétaires privés qui vont s’en réjouir…D’ailleurs la hausse des AE s’explique notamment par les travaux du clos et du couvert du quadrilatère Richelieu d’un montant de 28M en 2011 (4M en 2010).


2 – Les musées

Les crédits augmentent de 26 M en CP de 2010 à 2011, (de 345 M à 371 M euros) . Toutefois, cette hausse s’explique pour l’essentiel par l’augmentation des crédits d’investissement nécessaires à la construction du MUCEM, en partenariat avec les collectivités territoriales : 25 M en CP, 37 M en AE .
Le ministère a annoncé récemment, opération de communication à l’appui, un plan musées doté de 70 M euros,et ce pour les musées situés en régions. L’impression est ainsi donnée d’un sensible coup de pouce budgétaire en ce domaine, dont les collectivités territoriales ne pourraient que se réjouir. La réalité est moins glorieuse, là aussi. Certes les AE (crédits d’intervention déconcentrés, investissement) progressent de 22 M en 2010, mais les CP de seulement 2 M. Il s’agit d’un plan de 3 ans, et non pas de 70 M euros de plus par an. Ainsi, ces mêmes AE baisseront de 9 M en 2012 et de 20 M en 2013 (par rapport au montant 2010 ). En réalité, il s’agit d’un effort de rattrapage d’AE, très bas en 2010 par rapport aux CP : 4 M pour 16 M.. En CP, les crédits ne semblent pas destinés à croître de façon sensible.
Parallèlement, les crédits de fonctionnement des musées nationaux  subissent une baisse significative de 9 M au total. RGPP et contraintes budgétaires obligent, les musées de l’Etat sont mis au pain sec : -6 M pour le Louvre, -1 M pour le Quai Branly, – 3 M pour Orsay, -4 M pour le CNAC Georges Pompidou…
Les crédits d’achat d’œuvres d’art pour les collections publiques connaissent une nouvelle baisse de 2 M euros (de 18,5 M à 16, 5 M), alors que les moyens à ce titre sont notoirement insuffisants pour faire face aux besoins.

3 – L’architecture

Les crédits de l’architecture augmentent de 2,6 M . La hausse est due à la poursuite de l’atelier international du Grand Paris, à l’augmentation de la dotation de la CAPA (cité de l’architecture et du patrimoine), ainsi qu’à la mise en place des AVAP (aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine) qui se substituent aux ZPPAUP.


4 – Les Archives et célébrations nationales

Les crédits sont notamment destinés à poursuivre l’opération du site de Pierrefitte-sur-Seine :34 M en 2011, auxquels s’ajoutent les chantiers scientifiques, de premiers équipements et de déménagement (14 M ) . Avant 2011, 135 M avaient déjà été dépensés, et 25 M le seront encore après 2011 . Au total, l’opération coûtera 194 M euros .
Il est à noter que les crédits déconcentrés destinés aux équipements des archives départementales et communales baissent de leur côté de 0,5 M euros en 2011.
III - La création

Le ministère affiche une hausse de +1,7 %, pour l’ensemble des crédits du programme création. C’est exact, les crédits passent de 723 M à 736 M, soit +13 M en CP (et +31 M en AE). Il faut cependant aussitôt ajouter que ces moyens supplémentaires s’expliquent principalement par la hausse des dotations consacrées aux seuls arts plastiques, et pas du tout au spectacle vivant, et qu’en outre c’est le lancement ponctuel de l’opération du Palais de Tokyo qui rend compte pour l’essentiel de cet effort particulier fait en direction de ce secteur.
Pour le reste, la rigueur budgétaire demeure apparemment l’horizon indépassable du ministère …
1 - Le spectacle vivant

Le ministère annonce « une stabilisation » en CP (en clair +0%) des crédits relatifs au spectacle vivant . Toutefois, lorsqu’on regarde les chiffres agrégés (et retraités) de 2010 et 2011 issus du document budgétaire transmis au Parlement, une baisse globale de 3 M apparaît pour les CP: de 666,5 M à 663,4 M très exactement. Dans ce total, les dépenses de fonctionnement (c’est à dire les subventions aux grands établissements publics nationaux) augmentent de 1,7 M, les dépenses d’investissement (travaux sur les bâtiments de ces mêmes établissements nationaux) augmentent de 2 M , tandis que les dépenses d’intervention (c’est à dire principalement les subventions aux labels et aux équipes de création) diminuent de 7 M: de 369,2 M à 362,4 M.
Mais cette baisse ne paraît pas confirmée dans les éléments détaillés qui sont donnés dans le reste du document, où en effet la stricte reconduction des crédits d’intervention prévaut…Ce n’est pas la première fois que le budget du programme création pêche par son opacité, qui rend particulièrement ardue son analyse.

Quoiqu’il en soit, la baisse est avérée, compte tenu de l’inflation prévue à 1,5 %.
Le ministère affiche aussi une hausse des AE de 2,9 %, soit plus +19 M euros: ceci s’explique par le lancement des opérations d’investissement concernant la Comédie Française, l’Opéra Comique, et Chaillot . En 2012, les AE du spectacle vivant sont appelés à baisser de 28 M, par non reconduction des AE inscrites en 2011 pour ces projets de travaux.
Etablissements publics nationaux. C’est simple, c’est la stricte reconduction de la dotation de fonctionnement, soit 0% partout, pour tous les établissements publics (Comédie Française, Opéra de paris, Colline etc.)..Un montant de 0,5 M apparaît en plus d’une année sur l’autre, résultant du transfert de la dotation du CNV (centre national de la chanson, des variétés et du jazz) sur « l’action 01» spectacle vivant.

Dépenses d’intervention : Il s’agit donc des moyens dévolus aux labels (CDN, CCN scènes nationales, orchestres, etc.) et aux équipes de création (compagnies et ensembles dans le théâtre, la danse, la musique…). Une dotation globale de 362 M est allouée, soit la reconduction pure et simple.
Elles concernent d’une part les aides, fort diverses, allouées au niveau central, pour 61 M euros: aides à certaines équipes de création et à certains festivals importants (Avignon, Aix…), à des lieux (Théâtre ouvert, Rond Point etc.), à la structuration et l’économie du spectacle vivant, au fonds de professionnalisation (issu du protocole de 2006 sur l’indemnisation du chômage des intermittents, et maintenu à 5 M) etc…
Elles concernent d’autre part les subventions au fonctionnement et aux activités allouées sur crédits déconcentrés ainsi que les subventions d’investissement pour l’aménagement ou la construction de lieux et salles. Le montant des crédits déconcentrés est de 277 M euros.
Dans le détail, comparaison de 2010 à 2011:
+0 pour CDN (58 M), CCN (13 M), centres de création musicale (3 M), SMAC (6,6 M)
+0,7 M pour les scènes nationales (51,3 M)
-0,5 M pour les orchestres permanents ( 22 M)
-0,7 M pour les scènes conventionnées (10 M)
+0,1 M pour les centres chorégraphiques (1,7 M)
-0,2 M pour les opéras en régions (28 M)
+0 pour les équipes de création (48 M), dont 39 pour les équipes conventionnées, et 9 M pour les équipes non conventionnées (8,87 M exactement)
Les « autres lieux » (Garonne, Bastille, Maison de la Danse de Lyon, etc..) reçoivent 22 M, la variation de la classification ne permettant pas une comparaison certaine d’une année sur l’autre, et il en va de même à cet égard pour le cirque et les arts de la rue .
S’agissant des subventions d’investissement, le montant varie peu en CP, 22 M, soit -0,5 M, comme en AE, 23 M, soit -0,9 M.
2 - Les arts plastiques

Les crédits augmentent de 13 M, principalement, on l’a vu, en raison du lancement du Palais de Tokyo : ils passent de 57 M à 73 M en CP.
Le Palais de Tokyo bénéficie en dépenses d’investissement, de 13 M en CP (soit +12 M), et aussi de 3,7 M en dépenses d’intervention pour la société en charge de son fonctionnement. Tant mieux pour cette opération parisienne, quoique l’on puisse une fois de plus regretter que le soutien de la culture en région ne bénéficie presque jamais d’opérations aussi importantes.
Les aides sont aussi en hausse pour les crédits centraux (Jeu de Paume, salons, compensation à l’ACOSS (protection sociale des artistes).
Il en va de même pour les FRAC, et c’est un autre point positif de ce budget: +1,4 M pour leur fonctionnement, et dont le nombre passe de 19 à 22. Par contre, les aides baissent pour les centres d’art: -1,3 M, et on ne peut s’empêcher de penser que l’on donne à l’un ce que l’on prend à l’autre. Le nombre des centres d’art répertoriés, principalement aidés eux aussi par les collectivités territoriales, diminue d’ailleurs de 9, passant de 57 à 49, sans que l’on nous explique pourquoi. On sait du reste que ceux-ci ont fait l’objet d’une mission d’inspection, et que le ministère entend définir plus précisément leurs objectifs et leurs missions: avec moins d’argent sans doute?


IV – La transmission des savoirs et la démocratisation de la culture

1 – L’enseignement supérieur, l’éducation artistique et culturelle, l’enseignement spécialisé.
Les crédits de l’enseignement supérieur spécialisé sont en hausse de 3% : c’est un point positif. Ils augmentent tant pour le fonctionnement des établissements (écoles d’architecture, ESNBA, CNSM, etc.) que pour l’investissement.
Il faut en revanche déplorer la baisse des crédits destinés aux bourses : -1,5 M euros (élèves des écoles d’architecture, des écoles d’arts plastiques, des Cefedem ).
Les crédits destinés aux écoles d’arts plastiques, principalement financés, il convient de le rappeler, par les collectivités territoriales, sont en stricte reconduction (12,5 M euros), donc baissent compte tenu de l’inflation.
Par contre, et contrairement à ce qu’affirme le ministère, les crédits de l’éducation artistique et culturelle baissent de 2 M euros : de 33,5 M à 31,5 M, selon le document budgétaire transmis au Parlement.
L’enseignement spécialisé, c’est-à-dire en fait les établissements d’enseignement de la musique, de la danse et du théâtre, sont eux aussi en stricte reconduction (29,5 M) , donc aussi en baisse eu égard à l’inflation. Que les collectivités territoriales assument n’est-ce pas, faut-il lire entre les lignes, d’autant que ces crédits ont vocation à être décentralisés, en application de la loi de 2004 , qui précisément, peine à être appliquée. On comprend pourquoi ces crédits sont en baisse ou en stagnation depuis lors…

2 - L’accès à la culture

Il s’agit des crédits destinés aux cultures spécifiques, aux pratiques amateurs, aux actions de politiques territoriales, aux nouvelles pratiques culturelles.
Le dossier de presse ministériel annonce que ces crédits augmentent, mais le document budgétaire transmis au Parlement fait état d’une baisse, qui varie d’ailleurs curieusement selon les pages : de 1,5 M à 9 M, en passant par seulement 4 M, si l’on ose dire.
Dans le détail, les pratiques amateurs perdent officiellement 1,5 M, et les publics spécifiques 0,9 M, mais peut-être plus, allez savoir… Les nouvelles technologies gagnent en revanche 0,8 M, en phase avec les annonces ministérielles sur la priorité au numérique. En outre, 1,5 M euros sont consacrés à l’agence et l’année de l’outre mer.
3 - l’action culturelle internationale

Les crédits baissent, d’une année sur l’autre, de 8,5 M euros ; de 17,5 M à 9 M . Cette baisse pourrait s’expliquer par le fait qu’une part importante des moyens destinés à la promotion des industries culturelles françaises à l’étranger et à la coopération technique culturelle (fonds sud par exemple) ont été transférés à la Mission Media. Pourtant, il est bien précisé dans le document budgétaire que les chiffres ont été « retraités » d’une année sur l’autre. Alors ? Il est peut-être significatif de noter que le dossier de presse ministériel ne donne aucune indication sur l’action culturelle internationale. Bref, en l’état des documents disponibles, il n’est pas possible de donner un commentaire définitif sur cette action.
4 – Les fonctions de soutien du ministère
Ils regroupent l’ensemble des crédits de personnel et de fonctionnement courant.Ils baissent de 17 M d’une année sur l’autre : de 744 M à 727 M.
La RGPP est passée par là. Bien évidemment, pour le pouvoir, il y a tout lieu de s’en réjouir : la réduction du nombre des fonctionnaires et la rationalisation des moyens sont le viatique du pouvoir pour ce qui est de sa gestion de l’Etat. Certes, on ne saurait refuser l’amélioration du fonctionnement du service public et les économies de gestion, dès lors qu’elles sont pertinentes. Mais en l’espèce, tous les agents du ministère et les acteurs de la vie culturelle le constatent : la paupérisation de l’administration culturelle s’accroît dangereusement, contribuant à menacer la bonne exécution du service public culturel, et aussi à démoraliser les agents, pour la plupart attachés à leurs missions.

En application des schémas d’emplois 2010 et 2011, le ministère perd 83 emplois en équivalent temps plein. Le plafond d’emplois du ministère se situera donc à 11 413 emplois ETPT, équivalent temps plein travaillés)
Les dépenses de fonctionnement des crédits déconcentrés, les DRAC , sont diminués de 16 M euros. L’explication réside notamment dans le transfert aux préfets de région des moyens de fonctionnement et des loyers des DRAC et des STAP (services territoriaux de l’architecture et du patrimoine). Reste à savoir si l’autonomie de l’administration culturelle ne s’en ressentira pas…Une économie de 6% est aussi réalisée, nous explique-t-on avec fierté, sur les dépenses courantes (fournitures de bureau, parc automobile…).


V – Eléments sur la Mission Medias et industries culturelles

La précédente Mission « Medias » devient la Mission « Medias et industries culturelles », et le programme 180 »presse » devient le programme « presse, livre et industries culturelles ».
Si les crédits du ministère augmentent globalement, permettant au ministère de faire croire au « bon budget », c’est parce que les mécanismes d’alimentation des budgets de l’audiovisuel public et du cinéma sont en hausse, et non pas grâce à la politique du gouvernement.
Ainsi , le budget de l’audiovisuel public augmente du faitque la CAP (contribution à l’audiovisuel , ex-redevance) passe de 121 à 123 euros, du fait de son indexation sur l’inflation.

De même, le budget du CNC avoisinera 750 M euros en 2011. La bonne fréquentation en salles (+6,5 M de recettes de taxe sur le prix des places de cinéma, sur la base d’une hypothèse de 190 M d’entrées), la croissance du chiffres d’affaires des distributeurs de service de télévision, la progression espérée de la taxe video/VàD (+6,3 M) expliquent cette hausse attendue.

S’agissant du livre et de la lecture, on peut d’ores et déjà dire que la BNF, pour changer de Mission d’affectation, ne change pas pour autant de logique budgétaire. Ses moyens de fonctionnement, comme ceux des autres grands établissements publics nationaux, sont à la baisse : de 208 M à 206 M soit, -1% .
Il est enfin à noter que l’HADOPI bénéficiera d’une subvention de 12 M euros en 2011.

Audiovisuel, Médias, Patrimoine, Spectacle vivant

Réunion de la Section Culture le 7 Mars 2011

04/03/2011
Cher(e) camarades, je suis heureux de vous convier à la prochaine réunion de la Section Culture qui se tiendra de 19h à 22h le lundi 7 Mars , à Solferino , dans la salle du 1er étage ( qui ne porte pas encore de  nom).
Le thème central de discussion autour duquel s’articulera la réunion est celui du divertissement contre la Création qui constitue clairement  l’un des marqueurs de la politique de la  Droite envers la Culture.
En privilégiant ce qui est reconnu et institutionnalisé, en arbitrant toujours en faveur du moindre risque et du plus consensuel, la politique  actuelle sape le fondement même de la culture , sa capacité de renouvellement par la création.
Bruno Laforestrie qui est une figure  bien connue des nouveaux media , président de  Hip Hop citoyens  ( http://hiphopcitoyens.com/) et qui est pleinement  immergé dans les questions de  création urbaine et de mixité,viendra nous faire part au cours de cette réunion de sa perception de la question et ouvrira nos débats sur ce sujet central de la culture et de la création.

Merci de vous libérer pour cette réunion qui inaugure notre nouveau cycle de réunions .

Amitiés Socialistes

Jean-Paul Bessières -Orsoni

Secrétaire de la Section Culture

Non classé, Section culture, Spectacle vivant

« Culture pour chacun » : une drôle de musique pour tous ? »

03/03/2011

Vendredi 4 mars 2011 à 17h00

Odéon Théâtre de l’Europe

L’Odéon Théâtre de l’Europe, ouvre ses portes à Futurs Composés, réseau national de la création musicale à l’occasion d’une table ronde « Culture pour chacun : une drôle de musique pour tous ?». La rencontre se tiendra dans le salon Roger Blin vendredi 4 mars 2011 à 17h00. La création musicale concentre parfaitement toutes les questions qui se posent autour du débat ouvert par le Ministère de la culture et de la communication intitulé « Culture pour chacun » devenu « Culture pour tous » et « Culture partagée ». C’est à ce titre que Futurs Composés se propose d’organiser un débat.

La musique est un champ culturel qui va des expressions les plus populaires jusqu’aux musiques savantes :

> Comment se pose la question de l’intimidation sociale ?

La musique nécessite un apprentissage :

> Quels enjeux pour les questions de la transmission et de la démocratisation ?

La musique est au coeur des nouvelles technologies et sa production comme sa diffusion en dépendent :

> Le numérique et les réseaux. La circulation et l’économie.

Ainsi, les questions de démocratisation, d’intimidation, de la place des cultures populaires comme celle des enjeux du numérique résonnent particulièrement avec le monde de la musique. C’est pourquoi Futurs Composés a pensé utile de poser les bases de ce débat avec des professionnels de ce champ disciplinaire et avec ceux qui réfléchissent plus largement sur le monde et son devenir :

> Bernard Cavanna compositeur et directeur de conservatoire

> Arnaud Merlin producteur radio

> Ivan A. Alexandre musicologue et journaliste musical

> Denis Bertrand sémioticien

> François Flahault philosophe

> Gustave Massiah économiste

> Jean Lambert-Wild auteur et metteur en scène

> Alain Brunsvick – sous réserve DGCA – Direction Générale de la Création Artistique

> David Jisse animateur du débat, directeur d’un Centre national de création musicale, producteur radio et vice président de Futurs Composés.

Sous réserve de modifications.

Ce débat se propose d’être le début d’une réflexion plus approfondie sur ces nouveaux enjeux de la culture.

|| Réservation indispensable auprès de Futurs Composés : contact@futurscomposes.com ||

Informations pratiques

Entrée libre.

Date et horaire : vendredi 4 mars 2011 à 17h00

Adresse : Salon Roger Blin, Odéon Théâtre de l’Europe, place de l’Odéon – 75006 Paris

Métro : Odéon, ligne 4 et ligne 10

Futurs Composés, réseau national

Audiovisuel, Culture en luttes, Spectacle vivant

La section Culture du PS s’est réunie le 13 décembre 2010

06/01/2011

 

Thème central de cette réunion : rapports entre Ville et Culture.

Gaspard Gantzer (directeur de cabinet de Christophe Girard, Responsable culture de la Fondation Terra Nova) était l’invité de cette réunion-débat.

Dans la salle, de nombreux participants concernés par la culture ou issus du monde de la culture : artistes, metteurs-en-scène, jeunes artistes plasticiens, directeurs de structures et autres membres du milieu associatif ou syndical.

Membres présents de la C.A. :

Jean-Paul Bessières (secrétaire délégué), Pierre Balas (Trésorier), Rosine Young, François Adibi.

Le secrétaire de Sectio, après avoir annoncé avec joie la reprise des réunions de la section Culture à un rythme mensuel et régulier, ouvrit la discussion en évoquant le risque d’exclusion que représentait le projet du Grand Paris et ses infrastructures tentaculaires. Il exprimait son attente de voir apporter des réponses d’ordre culturel aux citoyens qui se partagent l’espace urbain. La culture générant du lien social, un des éléments chimiquement pur de la Ville.

Pierre Balas soulignait les grandes contradictions culturelles de la ville : le Grand Paris et ses infrastructures routières ou ferroviaires et l’incarnation de la ville par ses citoyens dans ses inégalités, qui fabrique de la précarité et de la déculturation. Pour lui il est essentiel de Reconstruire la Ville.

Gaspard Gantzer partage l’inquiétude concernant le projet du Grand Paris (la notion d’infrastructures faisant souvent abstraction de dimension culturelle). Pour lui, la culture n’est pas seulement un supplément d’âme mais l’élément central dans la construction de tout projet de société. La Gauche, quand elle était au pouvoir, avait placé très haut cette valeur, au service des habitants. Il y a trois principaux motifs d’exclusion.

Le seuil géographique (forme d’exclusion par la distance), la Mairie de Paris a pris toute une série d’initiatives publiques dans des espaces où les institutions culturelles faisaient défaut, pour exemple : l’aménagement de la Maison des Métallos , la réhabilitation des 3 Baudets, la création du 104…

En rééquilibrant l’espace publicafin que les habitants s’approprient les lieux et les codes culturels qui y sont associés : avec la création de Paris-Plage, la création ou la rénovation des bibliothèques, les médiathèques (Marguerite Duras dans le 20e)…

Le seuil économique : le choix de la gratuité pour l’ouverture des collections permanentes des musées de la Ville de Paris a généré une hausse de fréquentation de 30%, la Nuit Blanche est une manifestation à laquelle il est très attaché parce qu’elle permet à tous d’avoir accès à l’art contemporain, même chose pour la Fête de la Musique.

 

Le seuil de l’éducation : il constate qu’un certain nombre de pratiques culturelles sont en recul. Intéresser les jeunes à la culture passé

• par l’éducation et le projet de la majorité actuelle en matière d’éducation artistique n’est pas approprié d’où la nécessité d’agir pour nos grandes municipalités : Paris, Lille, Lyon par le jumelage des institutions culturelles et des écoles (quand par exemple les artistes se déplacent et investissent le Musée d’Art Moderne de Paris),

• par la qualités des professeurs de la Ville de Paris,

• par une plus grande interdisciplinarité des établissements culturels, par des propositions culturelles là où on ne les attend pas (métro, stations de tramway, etc).

Afin de retenir les artistes tentés par Berlin, Londres ou New York, Gaspard Gantzer nous signale les politiques volontaristes menées par Paris, Lille et Lyon pour favoriser l’accès au logement et aux résidences d’artistes. Il reste cependant nécessaire de créer des lieux de travail, des ateliers individuels ou collectifs.

Il salue l’influence positive d’acteurs privés qui font beaucoup de bien à certains quartiers tout entiers, à l’exemple des cinémas Gaumont, MK2 et Pathé et s’oppose à la thématique gouvernementale de « la culture pour chacun » en proposant de repenser une approche radicalement inverse : « une culture exigeante pour tous ».

Pour conclure, il souhaite que les villes ne restent pas à l’intérieur de leurs frontières et qu’il n’y ait pas d’opposition entre des territoires qui font partie d’un même ensemble. Au-delà des frontières du périph’, il y a des lieux qui doivent se multiplier.


Parmi les différentes interventions des participants, voici quelques thématiques qui se sont exprimées :

1) Les artistes et collectifs d’artistes peintres et sculpteurs, artistes plasticiens attendent  encore la promesse du 104 pour héberger leurs ateliers de création. Les cinémas indépendants méritent aussi d’être des lieux de convivialité afin de fédérer les publics anciens ou nouveaux. En province des expos tournantes d’artistes investissent des hangars. En présence des artistes des oeuvres exposées, ces lieux sont visités et en dehors du lien social qu’ils suscitent, ils génèrent l’appétit renouvelé des visiteurs pour l’art et la culture.

 

2) Si nous avons la chance d’une alternance en 2012, nous risquons de trouver très maigres les enveloppes budgétaires vouées à une politique culturelle ambitieuse. Il faudra faire avec nos moyens, reconnaissons le travail des associations culturelles qui fédèrent du lien social dans les quartiers, faudra-t-il augmenter les subventions ? Médiatiser les propositions culturelles dans les quartiers, au sortir des métros, des stations de bus ? Utiliser nos vedettes populaires pour faire valoir leurs goûts en matière de culture afin d’en faire la publicité.

 

3) On peut regretter l’éducation populaire, chère à Vitez, et la notion « d’élitisme pour tous » qui doit tous nous guider. L’exemple du Musée d’Art Contemporain de Vitry-sur-Seine ou le Mac Val qui mènent une politique active mais dont la fréquentation est problématique est parlant. Ivry-sur-Seine, avec ses 700 lofts d’artistes, est la première ville de France en termes d’artistes, mais Tokyo et Buenos-Aires semblent mieux la connaître que nous…

 

4) On assiste aujourd’hui à la progressive affirmation d’un quatrième secteur économique, celui des biens immatériels, qui dans le domaine de la culture joue un rôle majeur avec la dématérialisation des biens culturels. A l’heure où le budget européen de la culture sort peu à peu de sa relative atonie n’est-il pas indispensable de faciliter le lancement des politiques culturelles volontaristes auxquelles nous aspirons tous en ayant davantage recours à cet échelon encore insuffisamment exploré de l’action culturelle publique, l’Europe, avec le ressort du biais administratif et régional notamment ? La culture pouvant, à terme, devenir une clef centrale de l’économie.

 

5) On constate malheureusement que les politiques entreprises par la droite placent le patrimoine avant la culture et surtout avant la création. Cette situation nuit à l’émergence de nouveaux artistes.

 

6) Pour ce qui concerne la fréquentation, Monet par exemple peut être une locomotive et amener des publics nouveaux.

 

7) Il est indispensable de relancer l’éducation artistique dans les écoles (que l’on enseigne le langage de leur époque aux élèves : NDLR).

 

8) La médiation des agents d’accueil est très importante, elle devrait être étendue à l’extérieur des enceintes culturelles, dans la rue. Le fait d’avoir le BAFA aide à recevoir les enfants.

 

9) Les bâtiments existent, mais ce sont les hommes et leurs qualités particulières qui sont la vraie richesse de ces lieux.

 

10) Il faut souligner l’importance des squats dans les cultures émergentes comme c’est le cas de la maison des Ensembles. Le travail est rendu possible par la location de ces structures, comme c’est le cas au centre d’art contemporain d’Evry. Il ne faut pas se tromper. La droite commence à accumuler du savoir-faire en matière de culture…

 

11) La droite a cassé tous les acquis de la gauche en matière culturelle et a accouché d’un monde monopolaire dans les Médias, à la Télévision, à la Radio… Les nouveaux médias offrent des possibilités extraordinaires pour créer des contre-feux et des contre-pouvoirs médiatiques, comme c’est le cas par exemple de Rue89 et Médiapart. Le combat pour faire accéder les gens à la culture, qui pour l’instant repose sur des pouvoirs circulaires, qui se transmettent en comités restreints. Nest pas terminé. Il faut changer la donne.

 

12) Il faudra régler le problème de l’intermittence. Une manifestation au Palais Royal avait lieu ce jour là (NDLR)… Une révision de la convention générale de l’UNEDIC est à prévoir. Certains sont passés du statut d’intermittents à celui de fonctionnaire municipal. Ce n’est pas généralisable. L’intermittence est indispensable.

 

13) Face à la tentation de la finance, Il n’y a qu’à rappeler la manière dont ont été conduite les politiques Thatcheriennes au Royame-Uni. Tony Blair avait fait l’éloge du secteur privé. Nous avons été trahis par les financiers qui nous ont privés de nos moyens et cela aboutit aux catastrophes sociales auxquelles nous assistons actuellement.

 

14) Le temps est peut être venu de réfléchir à un statut d’intermittent européen qui pourrait permettre d’harmoniser cette problématique à l’échelon européen. L’idée est a priori bonne, mais attention aux péréquations européennes. Le statut des intermittents est beaucoup moins protecteur dans beaucoup de pays voisins.

 

15) Face à la disparition des espaces dédiés à la culture, la création de lieux nouveaux est souhaitable. Mais l’argent n’a pas obligatoirement besoin d’être investi dans le foncier.

 

16) Comparaison Paris / Berlin qui est une ville qui présente beaucoup de friches. Le coût de la vie est plus bas, ce qui est, là aussi, favorable à l’émergence d’une scène underground. Le marché de l’art est florissant en Allemagne. Les collectionneurs et les amateurs y sont nombreux, ce qui revient à poser la problématique de l’enseignement. Paris / NYC : Aux Etats-Unis, à NYC, le climat général était favorable aux artistes, au moins avant le boom immobilier de 1990, qui a chassé tout le monde de Manhattan vers Brooklyn, ou d’autres quartiers. Cela repose le problème de l’émigration des artistes… Et là aussi, on en revient à l’absolue nécessité de former à l’art et à l’enseignement, et on bute contre l’absence de moyens. En France notamment, le pays où le fait culturel est pourtant le mieux reconnu.

 

17) L’exemple du MK2 de Marseille sur la Canebière, est parlant puisqu’il est devenu un Pôle culturel, la culture de masse ouvrant à une culture plus exigeante, comme le souligne l’ouvrage de Frédéric Martel, « Mainstream, Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde » (Flammarion, 2010).

 

18) Il est scandaleux que les promoteurs imposent aux citoyens leur vision de la ville et qu’ils aient plus d’influence qu’eux sur la physionomie générale des territoires et finalement sur leurs politiques culturelles. Au 104, on constate qu’une politique plus marchande attire des publics, avec la bibliothèque, les bars, le manège, les manifestations, ce qui en augmente la convivialité mais ce ne sont pas les mêmes publics. C’est la problématique de l’argent avec une finance qui aujourd’hui a tendance à oppresser. Il faut là aussi changer ce rapport.

 

19) Le Barbizon est un bon exemple de ces endroits voués à la culture qui disparaissent pour des raisons financières. C’était un cinéma dirigé par une association, or le propriétaire chinois, qui l’avait abandonné, a fini par se souvenir qu’il possédait ce bâtiment. L’association a du trouver un nouveau local et le terrain a servi pour un nouveau projet immobilier…

 

20) Evocation de la situation Corse et de la friche de la Belle de Mai à Marseille. Il y a plus de trois cents associations en Corse et la politique de la droite consiste à choisir cent d’entre elles pour faire du saupoudrage plutôt que de financier les associations qui font un travail sérieux et efficace.


Audiovisuel, Culture en luttes, Education populaire, Hadopi, Médias, Patrimoine, secrétariat national culture, Section culture, Spectacle vivant

Un théâtre et des associations culturelles en danger

13/02/2009

extrait du mail de l’équipe du Théâtre du Pays de Morlaix [NDRL]

L’association Théâtre du Pays de Morlaix – Scène conventionnée Théâtre en territoire, comme plusieurs associations artistiques et culturelles oeuvrant sur le territoire, s’est vu signifier par la Ville de Morlaix une très forte baisse de sa subvention : moins 40% en 2009 !
Concernant le Théâtre du Pays de Morlaix la programmation de spectacles, les actions de sensibilisation et d’initiation, le soutien à la création artistique que nous aurions dû proposer au public au cours de cette année 2009 sont fortement remis en question. Les apports des autres collectivités publiques, dans le cadre du projet de notre Scène conventionnée Théâtre en territoire, sont également en suspens…
Merci de prendre connaissance de la pétition que les acteurs culturels du Pays de Morlaix vous proposent de signer et de rester vigilants à nos côtés ! (lien en page d’accueil)

Culture en luttes, Spectacle vivant , ,

Pour info : Appel du Synavi

10/02/2009

Le Synavi Ile-de-France appelle au rassemblement et à la mobilisation la plus large en réponse à l’actualité liée au monde de la culture et du spectacle vivant.
Vendredi 13 février 2009 à partir de 18h30
à la Maison des réseaux – 221 rue de Belleville – 75019 PARIS

Culture en luttes, Spectacle vivant