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« JE REPRENDRAI LA GRANDE AVENTURE CULTURELLE DE LA FRANCE »

22/03/2012

 

La France de la création s’est donné rendez-vous au cirque d’hiver à Paris, dimanche 18 mars à 18h. Stéphane Hessel, Mazarine Pingeot, Blanca Li et sa troupe, Djudjura, Gérald Dahan, Tatiana Rojo, les Neg’ Marrons, Baptiste Herbin et Michel Benita Stéphane Foenkinos, Ridan, Denis Podalydès, Joyce Jonathan, les élèves de l’école du cirque Fratellini, Aldo Romano… étaient présents sur scène pour faire vivre la Génération Création avec François Hollande, qui a clôturé le rassemblement par un discours.

 

L’intégralité du Discours de François Hollande au rassemblement de Génération Création

Mes chers amis, je viens conclure le spectacle, vous dire quelques mots, partager votre enthousiasme, vous dire aussi ma fierté d’être ici avec vous, artistes, créateurs, hommes et femmes de culture et aussi tant de militants qui veulent que le pays change. Il doit changer, il va changer.

Je vous remercie tous et toutes pour votre présence, votre soutien, votre espérance, que je partage. Dans cette campagne présidentielle, alors que tant de sujets étreignent au quotidien nos concitoyens, le chômage, la précarité, la vie chère, le logement, je veux aussi leur dire que l’avenir de notre pays passe par un grand projet : celui d’une culture qui ait sa place, qui permette à nos concitoyens de se retrouver dans une volonté commune, celle de nous dépasser nous-mêmes, celle d’être capables de rêver ensemble à un avenir où nous serions tous réunis dans une cause supérieure. Voilà pourquoi je veux mettre aussi la culture au cœur de l’engagement présidentiel.

Poursuivre le rêve français, c’est promouvoir l’élévation de la culture par la culture. Permettre aussi que notre nation retrouve son identité, la seule qui vaille : celle de nous permettre de vivre ensemble dans la diversité et en même temps dans le partage de valeurs communes, de principes qui nous unissent. La cohésion nationale est, en même temps que facteur de progrès, source de développement.

La Gauche et la culture ont toujours entretenu des relations exigeantes et tumultueuses. Il n’y a pas de plus belle cause pour la Gauche que de défendre la liberté, la dignité, le progrès, l’émancipation humaine. Et c’est pourquoi la Gauche a toujours mis la culture au premier rang de ses engagements. Les plus belles victoires de la Gauche ont été des victoires de la culture. Comment ne pas se souvenir de Léon Blum et de Jean Zay qui ont inventé des politiques culturelles, qui ont compris avant d’autres que l’éducation et la culture pouvaient être réunies dans la même ambition ? 1936, c’était une ambition culturelle autant qu’une libération économique et sociale.

1981, ce fut aussi une belle idée de la France et de la culture, cette capacité qu’ont eue François Mitterrand et Jack Lang de faire que la France puisse trouver liberté, fierté, imagination, progrès. Et lorsqu’on se souvient de 1981, ce sont de grandes journées qui durent encore, pour la musique, pour le patrimoine, pour l’accès de tous aux biens culturels – oui, aussi la libération de l’audiovisuel. Merci François Mitterrand. Merci Jack Lang.

Certes, la Gauche n’a pas le monopole de la culture et j’ai compris qu’il y avait des artistes qui ne me soutenaient pas dans cette élection. J’ai essayé d’en chercher les raisons. Elles sont nobles, en fait. Pourquoi y aurait-il une propriété, qui serait la nôtre, de l’espérance humaine ? Il faut accepter le pluralisme, il faut accepter la confrontation, la contradiction. Il faut aussi avoir du respect pour celles et ceux qui ne pensent pas comme nous. Et rien que d’avoir cette attitude nous distingue tellement de nos concurrents !

Je n’ai pas besoin, pour devenir Président, de penser que le candidat sortant a tous les défauts de la Terre – il en a beaucoup, mais ce n’est pas une affaire personnelle, je ne règle aucun compte ! Je n’ai pas besoin de considérer qu’il aurait fait tout mal – même s’il n’a pas fait tout bien. Je n’ai pas besoin de caricaturer, de dénaturer, de dénigrer pour être convaincant moi-même. C’est sur nos idées, c’est sur nos valeurs, sur nos principes, nos engagements que nous devons vaincre !

Et puisque le Président sortant ne défend pas son bilan, nous, nous pouvons défendre le nôtre. Et en matière culturelle, oui, nous pouvons là encore supporter la comparaison. Que s’est-il passé depuis cinq ans ? Il y a eu à la fois ce même ressort de penser que le marché pouvait avoir réponse à tout, y compris pour la culture, cette même culture du résultat qui ne fait pas grand-chose en matière culturelle, mais qui en définitive pose des chiffres avant de porter des ambitions. Et puis la disette budgétaire : pour la première fois, les crédits attribués aux scènes nationales ont été rognés, diminués, de la même manière que les politiques pour la démocratisation culturelle ont été amputées. Ce n’est pas parce que c’était un gouvernement et un président de droite. Il y avait eu d’autres ministres et d’autres présidents de droite, avant, qui avaient fait davantage. Il a donc une responsabilité particulière car même quand il s’agit de le comparer avec ses prédécesseurs de droite, ce n’est pas à son avantage.

Mais il y a eu pire : la désinvolture, l’indifférence, l’arrogance, la condescendance et l’accumulation de mauvais symboles. D’abord l’abandon de la culture générale dans les épreuves des grandes écoles : pourquoi avoir renoncé à cette exigence ? L’histoire, qui n’est plus enseignée dans les terminales de classe scientifique : pourquoi craindre le passé ? Et puis cette moquerie à l’égard des chef-d’œuvre de la littérature, au prétexte d’une scolarité difficile. J’étais au Salon du Livre. J’ai croisé des amoureux des lettres. Ils portaient un badge : ils défendaient la Princesse de Clèves, la malheureuse ! Jamais princesse dans l’histoire de la République n’aura reçu autant de soutiens populaires !

Le candidat sortant aura rompu une tradition. Chaque chef de l’Etat depuis 1958 avait eu, au cours de son mandat, à cœur de mener à bien un grand engagement, une grande ambition culturelle. Ce fut de Gaulle avec Malraux et les Maisons de la Culture. Ce fut Georges Pompidou et la création contemporaine avec le centre qui porte son nom. Ce fut Valéry Giscard d’Estaing avec le Musée d’Orsay. Ce fut François Mitterrand avec le Grand Louvre, la très grande Bibliothèque. Ce fut aussi Jacques Chirac avec le Musée du quai Branly. Mais du candidat sortant, que retiendra-t-on ? Ne soyez pas sévères. Un musée de l’histoire controversé, qui n’a pas vu le jour. Et bien oui, ce sera finalement au musée que sera défendue l’œuvre du candidat sortant !

Eh bien je reprendrai, si les Français m’en donnent mandat, la grande aventure culturelle de la France qui fait que, quelles que soient les difficultés du moment, il peut y avoir un rassemblement, une réunion, de tous les Français autour de grands équipements, de grands chantiers, de grandes missions, d’une volonté humaine qui est la nôtre, qui n’est pas de donner l’exemple à la Terre entière mais simplement d’être à un moment des pionniers, des inventeurs, des promoteurs de notre culture, de la culture du monde.

Je commencerai par rétablir l’autorité du ministère de la Culture, qui a deux vocations. Promouvoir la création, parce qu’elle est exigeante, parce qu’elle peut être coûteuse, parce qu’elle peut être menacée dans sa liberté. C’est le rôle du ministre de la Culture, de ses services, à chaque fois de préserver l’émergence, de favoriser la connaissance qui va à un moment apparaître, de prendre le risque de la liberté. Et puis, la deuxième vocation du ministère de la Culture, c’est de faire en sorte qu’il y ait une démocratisation culturelle, l’accès de tous aux biens, aux œuvres, aux manifestations de l’esprit, à l’émotion. Le budget du ministère de la Culture sera donc sanctuarisé, protégé, préservé.

Mais il faudra aller plus loin que ce seul ministère. Dans toutes les missions du gouvernement, il y a une part pour la culture : au ministère des Finances la fiscalité, au ministère de l’Education l’éducation artistique, si essentielle, au ministère de la Ville de permettre que dans les quartiers les plus reculés de la République il y ait aussi une reconnaissance de la culture qui s’éveille là, qui émerge, qui se diffuse, et même au ministère des Affaires étrangères, parce que nous avons à promouvoir la culture partout dans le monde, la langue française.

Mais nous devrons aussi établir un nouvel équilibre entre les moyens qui seront donnés aux grandes institutions qui rayonnent, qui sont magnifiques et aussi le soutien tellement attendu aux équipements culturels, aux compagnies, aux festivals, aux artistes. Oui, avoir ce sens de la répartition des crédits pour toutes les missions, et un nouveau modèle qui passera nécessairement par un contrat entre l’Etat et les collectivités locales.

Aujourd’hui villes – ici je suis à Paris qui, avec Bertrand Delanoë, présent parmi nous, est exemplaire en matière culturelle – départements, régions, assurent 60 % des dépenses en matière culturelle. Il faut donc un contrat entre ces collectivités et l’Etat pour poursuivre des missions qui peuvent être communes. A l’Etat de fixer le cap, de donner les objectifs, d’assurer cette vigilance sur la création d’être initiateur, incitateur, partenaire. Il doit être présent sans écraser. Il doit imposer sa vigilance sans arrogance. Mais nous avons aussi besoin de collectivités locales qui s’engagent dans la durée, qui puissent contribuer au financement des équipements et également au fonctionnement. Nous engagerons donc une nouvelle étape de la décentralisation. Elle vaudra aussi pour la culture !

Ensemble, nous aurons à soutenir l’émergence artistique. Je pense à ces femmes, à ces hommes qui font vivre les associations, les compagnies, les théâtres, les festivals, ceux qui mènent une vie difficile, éprouvante, qui s’inquiètent toujours par rapport à leurs financements, qui connaissent la précarité, la pauvreté, l’intermittence. Nous devrons donner de la durée à ces artistes, à ces créateurs, à ces promoteurs, à ces responsables associatifs, qu’ils ne soient pas toujours en train de guetter avec inquiétude les versements venant des collectivités locales et de l’Etat.

Et nous devons aussi assurer, comme partout ailleurs, le renouvellement des générations. J’ai proposé une grande idée, dans cette campagne présidentielle : le contrat de générations. Il vaut aussi pour la culture, ce compagnonnage du 21e siècle qui est au cœur de mon projet pour l’emploi et pour la jeunesse ! C’est bien qu’il soit étendu aussi aux entreprises culturelles. On néglige trop le savoir-faire des plus anciens. On verrouille les portes quand les jeunes demandent à y frapper. La transmission est essentielle dans la vie artistique comme partout. Je proposerai donc la mise en place systématique de résidences d’artistes dans toutes les institutions publiques, permettant d’assurer le passage de témoin.

C’est pour ce nouvel équilibre entre institution et équipement culturel, entre Etat et collectivités locales, entre artistes qui assurent le fonctionnement de nos institutions et l’émergence d’une nouvelle création, c’est pour assurer cette cohérence que je demanderai au Parlement de voter une loi d’orientation sur le spectacle vivant.

Mais la culture c’est l’égalité et tout commence à l’école. C’est à l’école que peuvent, comme le disait Jaurès, s’illuminer tous les soleils, c’est-à-dire toutes les consciences, toutes les émotions, tous les bonheurs d’apprendre. Les trésors de l’esprit humain sont à tout le monde et je ne veux pas qu’un seul enfant de notre pays puisse, à cause de l’endroit où il est né, du milieu où il a grandi, se dire un jour : l’art, la peinture, la sculpture, la culture au sens le plus vaste, ce n’est pas pour moi. Si, c’est pour chacun, c’est pour tous, c’est pour tout le monde. Tous les enfants de la République ont le droit à la culture, à la beauté, à l’émerveillement, à l’émotion, à l’émancipation, au bonheur de découvrir, de partager, de créer les œuvres de l’esprit.

La Gauche l’avait d’ailleurs bien compris, sous l’égide de Catherine Tasca et de Jack Lang, engageant un vaste plan pour le développement de l’éducation artistique. Quel dommage, pour je ne sais quelle raison, que ce plan ait été abandonné, oublié, interrompu ! Eh bien, nous le reprendrons. L’éducation artistique sera une des priorités de l’Education nationale. Les enseignants y seront bien sûr engagés, et les artistes aussi, qui viendront dans l’école de la République pour participer de cette grande aventure.

La culture, c’est aussi le patrimoine. Le patrimoine, c’est l’héritage. Le patrimoine, c’est la propriété de tous. Le patrimoine, c’est la Nation. Le patrimoine, c’est aussi un secteur économique où des métiers, des métiers menacés, des métiers d’artisans et des métiers d’artistes sont étroitement liés aux chantiers de restauration que les collectivités ou l’Etat engagent. Nous ferons en sorte que cette culture de l’art, cette culture du patrimoine puisse, à travers de grands chantiers de rénovation, être poursuivie, préservée, amplifiée. Ce sont des métiers qui doivent non seulement être protégés, mais être transmis.

Le patrimoine, c’est bien sûr le patrimoine historique, le patrimoine bâti, mais c’est aussi des collections, des œuvres. Je réaffirmerai en particulier le principe d’inaliénabilité des collections publiques aujourd’hui insidieusement remis en cause. Nous permettrons des programmes de numérisation des œuvres, qui correspondent à un ensemble de richesses qui nous appartiennent et qui ne peuvent pas être privatisées par des opérateurs, pour des opérateurs.

La culture c’est une langue, et la nôtre est belle, et la nôtre est belle nous unit. Parler, écrire la même langue, c’est employer les mêmes mots pour dire les mêmes craintes mais aussi les mêmes espérances. C’est partager des valeurs. Car les mots et la grammaire relient chaque individu à une vision du monde. Notre langue est le premier des liens qui nous rassemblent. Notre langue, c’est notre première République, celle que nous parlons.

Je n’accepte pas que plus de 15 % de notre jeunesse entre en classe de sixième sans maîtriser la langue française, sans cet acquis fondamental. Ces jeunes sont condamnés avant l’heure à l’exclusion, à une forme de relégation, à l’impossibilité d’accéder aux œuvres. L’apprentissage de la langue française sera donc, là encore, pour l’Education nationale, une exigence, un principe, une priorité.

Mais la langue est vivante. L’histoire de notre langue, c’est aussi une histoire de l’hospitalité française, de l’échange, du commerce immatériel. L’histoire d’une force, notre langue qui s’est intégrée sans renoncer, sans crainte, sans avoir peur de l’autre. Beaucoup de mots en usage dans notre langue sont des mots si je puis dire « immigrés », que nous avons accueillis d’autres langues, d’autres populations, et qui font aujourd’hui la richesse du français.

Je veux défendre notre langue, la langue française. Je veux même qu’elle soit davantage promue, défendue à l’extérieur. La francophonie est une grande cause, non pas pour la France mais pour ces 250 millions d’humains qui nous font le bonheur, qui nous donnent la fierté de parler notre langue, et qui nous reprochent souvent de la défendre si mal alors qu’eux, dans des pays très lointains, parlent le français parce qu’ils veulent parler une langue de liberté, une langue de culture.

Il y aura au lendemain de l’élection présidentielle un sommet de la francophonie, et je souhaite que le prochain président de la République en soit un des acteurs, non pas pour défendre sa langue, mais pour défendre la langue française au service de l’humanité, de la diversité culturelle.

Et puisque je parle de diversité, la langue française n’a rien à craindre des langues régionales ou des langues minoritaires. L’affirmation du français ne saurait refuser la diversité linguistique. Et là encore, je ferai ratifier la charte des langues régionales, parce que je considère que pour beaucoup de nos concitoyens qui parlent — et parlent merveilleusement — le français, c’est une richesse de plus que de parler une langue régionale.

La diversité, j’ai employé le mot. Nous l’appelons en France l’exception culturelle. Je veux ouvrir l’acte II de l’exception culturelle. L’acte premier avait été posé au lendemain de 1981 à travers le prix unique du livre, qui a sauvé le livre en France. Aujourd’hui, nous sommes devant un autre défi qui s’appelle le numérique. Le numérique, c’est un formidable moyen de favoriser l’accès du plus grand nombre à la culture. Cette technologie, nous devons bien l’adapter, nous en servir comme un instrument de libération et la mettre au service des valeurs que nous défendons. Nous ne pouvons pas simplement livrer cette technologie au marché, à l’argent, aux opérateurs qui ne se préoccupent pas des contenus mais qui essayent d’utiliser, en définitive, y compris la création des autres pour la capter et en faire richesse pour eux-mêmes.

Nous devrons, nous, reconnaître pleinement le droit d’auteur. Nous avions contesté en son temps la loi Hadopi parce que nous ne pouvions pas comprendre qu’il y ait cette opposition créée, entretenue, entre le créateur et l’internaute, et qu’il y ait d’abord l’expression d’une répression. Sur le sujet du numérique comme sur tant d’autres, le candidat sortant n’a fait qu’opposer les uns et les autres, comme si l’on pouvait opposer le créateur et son public. Et en même temps, nous aurons nous-mêmes, après avoir remplacé la loi Hadopi par une loi sur l’exception culturelle, à définir un nouveau modèle, un nouveau cadre économique et juridique pour l’Internet et pour les artistes. Je défendrai la liberté mais aussi les droits moraux, patrimoniaux des auteurs, écrivains, compositeurs, interprètes. Bref, nous avons à concilier, réconcilier une nouvelle fois.

Il y aura une réforme des droits intellectuels qui tiendra compte des nouvelles pratiques culturelles, qui garantira la liberté de création et son financement, et qui combattra les logiques de concentration. Il nous faudra faire vite et ensemble. Nous poserons trois principes fondamentaux : le développement massif de l’offre légale, la lutte contre la contrefaçon commerciale et l’élargissement des sources de financement. Nous assurerons ainsi et la protection des auteurs, et la possibilité pour le plus grand nombre d’accéder au moindre coût aux œuvres de l’esprit, et en même temps l’élargissement des sources de financement en les prenant chez les opérateurs et chez les industriels qui, finalement, bénéficient de la diffusion d’Internet.

Nous agirons aussi à l’échelle de l’Europe, car ces gros opérateurs, consommateurs de contenus, sont localisés dans des pays où ils ne payent pas d’impôt sur les sociétés, et ailleurs où ils ne payent pas de TVA. L’Europe devra harmoniser sa fiscalité par rapport à ces opérateurs qui s’enrichissent sans créer de contenu culturel. Parallèlement, je proposerai d’aligner au niveau du taux réduit de TVA la taxation de tous les biens culturels, quels qu’en soient les supports.

Enfin, il y a le livre qui affronte à son tour des bouleversements technologiques et économiques majeurs. Je favoriserai toutes les initiatives qui permettent de fédérer ce secteur — il y est prêt : éditeurs, libraires, auteurs — pour que sur des questions aussi importantes, là encore, que les transports, les plates-formes d’achat, les bases de données, l’innovation, il y ait des règles qui permettent de préserver le livre en tant que produit culturel de première importance.

Je sais aussi combien il faudra se battre pour le prix unique du livre numérique, combien il faudra agir aussi au niveau européen pour préserver cette exception.

Et enfin, nous devons faire tout pour que les libraires — ces libraires qui assurent non seulement la distribution des livres, mais aussi les conseils, l’animation autour du livre — puissent être partout présents sur le territoire. Ils sont menacés, et ils ont été encore affectés par la hausse de la TVA de 5,5 % à 7 % sur le livre. Cette mesure sera abrogée, et la TVA reviendra à 5,5 %.

En matière audiovisuelle se développent des chaînes, aujourd’hui, qui n’ont aucune obligation de financement de la création, et qui en plus affaiblissent toutes les autres qui ont cette contrainte, ou plus exactement ce devoir. Sont attribués six nouveaux canaux à quelques semaines de l’élection présidentielle, dans des conditions contestables et que je n’accepte pas. Ce sera une nouvelle fois à la puissance publique de faire en sorte qu’il y ait les mêmes obligations pour les mêmes chaînes dès lors qu’elles bénéficient des mêmes supports.

Nous devrons veiller aussi au financement du cinéma, qui doit tant aux chaînes publiques et à Canal +. Et méfions-nous qu’autour du financement du sport, il y ait une atteinte qui touche la chaîne cryptée et qui ensuite, faute de moyens, réduise son soutien au cinéma.

Quant à l’audiovisuel public, qui est un service public, il doit davantage contribuer à la création audiovisuelle et cinématographique. En France, ces chaînes publiques ont été, hélas, affaiblies par un système de financement sans cohérence et sans constance. Nous aurons à y mettre bon ordre pour que les chaînes, dans les cahiers des charges, soient davantage amenées à financer la création et le cinéma.

Et, pour que les choses soient claires puisque je parle de l’audiovisuel public, les présidents de ces chaînes seront nommés par une instance indépendante, ce qui évitera au prochain président de se mêler et de la nomination des présidents de ces chaînes, et même des directeurs de programmes, quand cela ne va pas plus bas dans la hiérarchie !

Enfin, il y a le cinéma. Chacun je crois, ici, a été fier du succès du film The Artist. Mais rappelons que c’est grâce à France 3, première chaîne à avoir eu confiance dans ce projet, puis à Canal +. Et si nous devons saluer ce succès, nous devons aussi rappeler l’originalité du financement du cinéma français, le rôle du Centre national du cinéma qui doit être préservé, garanti, ainsi que ses ressources. Avec également la chronologie des médias qui doit être absolument préservée si nous voulons éviter qu’il y ait une confusion dans les règles de financement. Et je n’oublie pas toutes les formes de cinéma : cinéma d’art et d’essai, créateurs et producteurs indépendants, bref, ce qui a fait notre modèle auprès des institutions européennes et qui fait qu’aujourd’hui, beaucoup de pays regardent vers la France pour que le cinéma puisse être partout aussi bien défendu, promu qu’en France, et donc partout en Europe.

L’exception culturelle ce n’est pas l’exception culturelle française, ce doit être l’exception culturelle européenne !

La culture, c’est aussi la découverte et donc l’attention, la vigilance à l’égard de tout ce qui émerge. Il faut remettre en cause un certain nombre de situations. Il faut éviter les rentes, même en matière culturelle. Il convient de renouveler les formes artistiques. Je l’ai dit, c’est le rôle du ministère de la Culture de retrouver cette exigence d’un regard nouveau, d’un regard complice à l’égard de la création. Aujourd’hui, trop peu de formes nouvelles, émergentes, sont soutenues. Je pense notamment aux cultures urbaines, aux cultures des quartiers qu’on regarde avec condescendance ou simplement dans le souci d’une bonne intégration. Non, ces cultures-là sont notre culture, pleinement !

Je serai attentif à l’avenir du Centre national de la musique, qui est une bonne idée à condition que ce soit à travers une bonne répartition de ce qui revient aux producteurs et de ce qui revient aux artistes. Parce que ce sont les artistes qui, en définitive, créent la musique que nous entendons.

La culture, c’est la liberté. Quand je dis la liberté, c’est la liberté de création, c’est la liberté de diffusion, mais c’est aussi la liberté pour les créateurs de ne pas être sous l’influence de toutes les formes d’intégrisme. Aucune atteinte, aucune entrave à la liberté de créer ne doit être tolérée, aucun sectarisme ne peut être accepté. Il y a des spectacles en France qui, hélas, suscitent des manifestations, des protestations, et parfois des tentatives d’empêchement. Cela s’est passé ici même à Paris. Et il y a même des formes de violence à l’égard de ceux qui créent — je pense à notre ami Jean-Michel Ribes qui a été à plusieurs reprises victime d’un certain nombre de ces tentatives d’intimidation. Je veux lui dire mon soutien.

La liberté, c’est aussi celle d’écrire et d’informer. L’indépendance de la presse est vitale pour notre démocratie. Je proposerai d’ouvrir, là encore, un débat sur les moyens de renforcer la presse d’information politique et générale. Il y a eu l’idée d’états généraux de la presse, qui n’a comme souvent été traduite par rien mais qui ne doit pas être gâchée.

Nous aurons donc à cœur de tenir deux principes.

Le premier, c’est que l’exigence de pluralisme oblige à un réexamen de l’ensemble des aides à la presse, pour qu’elles soient destinées à la presse d’information politique et générale, si importante pour notre démocratie.

Le deuxième principe, c’est que nous devons encore renforcer la loi sur la protection des sources des journalistes, si malmenée depuis plusieurs mois.

Là encore, nous devons soutenir la modernisation de la presse qui, elle aussi, est confrontée au numérique. Nous avons besoin d’une presse indépendante, libre, mais aussi forte sur le plan économique.

Enfin, je veux terminer par une dernière exigence. La culture, c’est l’ouverture aux autres. La création française est appréciée partout dans le monde. C’est notre fierté. Et en même temps, quel regret de voir des instituts cultures à l’étranger qui ferment, des moyens pour la promotion de notre langue remis en cause ! Comment accepter, aussi, que la France si riche de ses artistes régresse sur le marché de l’art ? Et comment admettre que les aides qui étaient jusque-là à la création africaine – notamment à la danse, aux arts plastiques, à son cinéma – aient été aussi mises en cause ? Comment accepter, alors que nos festivals vivent avec des artistes étrangers, que certains n’aient pas pu venir en France parce qu’ils n’ont pas disposé des visas indispensables ? De quoi avons-nous peur ? Quelle image voulons-nous donner ?

La culture, c’est l’échange. C’est le partage. C’est aussi donner ce que l’on a de mieux, c’est-à-dire les artistes, c’est-à-dire les hommes. C’est ne rien craindre de l’autre. Et puis, il y a les gestes qu’il convient de faire. Un symbole parmi les autres doit être notre présence culturelle en Grèce. Il y a, à Athènes, l’Institut français. Je souhaite qu’il soit non seulement préservé, mais renforcé – pour que nous disions aux Grecs qui souffrent aujourd’hui combien nous sommes reconnaissants à la Grèce de sa culture, de son théâtre, de sa démocratie. Nous leur devons tant, aux Grecs, que nous pouvons aussi leur offrir, nous, notre présence à Athènes à travers un institut culturel !

Et puis le prochain président de la République devra de nouveau ouvrir le chemin de l’Europe de la culture. Depuis la création de la chaîne Arte en 1992, rien n’a véritablement été entrepris. Où sont les programmes de coopération scientifique, tel Euréka ? Comment avons-nous pu accepter qu’ils disparaissent ? Et ce magnifique Erasmus qui permet – c’est un tel bonheur ! – aux étudiants d’ouvrir leur intelligence en allant poursuivre leurs études dans un pays étranger ? Pourquoi n’a-t-on pas davantage développé ces programmes ? Pourquoi ne les a-t-on pas ouverts à tous les jeunes, mais simplement aux jeunes étudiants ? Pourquoi, chaque année, seulement 25 000 jeunes Français en bénéficient-ils ?

La culture devrait inspirer tant de projets ! Je salue, par exemple, l’initiative Europeana – mise en réseau des grandes bibliothèques européennes –, dans lequel s’inscrit le projet Gallica de la Bibliothèque nationale de France. Grand projet ! Beau projet qui a permis, justement, que la numérisation des œuvres reste dans le domaine public. Et c’est la preuve que Google n’est pas le seul acteur possible en la matière, et que les initiatives publiques sont pertinentes et efficaces pour valoriser notre patrimoine commun.

La culture, c’est la curiosité. Une vertu qui est celle de la jeunesse. Une vertu qui est celle des scientifiques, des créateurs, des artistes. Une vertu indispensable pour penser, imaginer le monde. Plus que jamais, il nous faut mobiliser nos capacités d’intelligence, de création, de savoir, de recherche. On nous dira : mais ce n’est pas urgent. Il y a tant de choses qui ne peuvent pas attendre ! N’oublions pas la mise en garde d’Edgar Morin : le plus souvent, on sacrifie l’essentiel à l’urgence, alors que l’urgence, c’est l’essentiel. Et l’urgence aujourd’hui, c’est aussi de participer à l’effort de culture, de création, de savoir, de recherche !

J’entends encore la voix de François Mitterrand en ce jour du printemps 1995, où il accueillait au Panthéon les cendres de Pierre et Marie Curie. « Le destin des civilisations », disait-il, « n’est pas de redouter la connaissance des choses, mais de la maîtriser. Le refus du savoir, la crainte de la pensée créatrice sont le propre des sociétés perdues ». Nous devons donc faire en sorte que notre société n’ait rien à craindre de la connaissance, de la création, du savoir. C’est la plus belle aventure humaine qui soit !

Nous avons plus que jamais besoin de sciences, de sciences humaines, de sciences exactes, de chercheurs, de créateurs. Toujours davantage besoin de croiser nos regards, de comprendre le réel, d’imaginer l’avenir. Il y a plusieurs manières de mal préparer l’avenir. Trois manières de passer un bien mauvais relais aux générations qui nous suivent. La première mauvaise manière, c’est d’accumuler les dettes sur les dépenses courantes : la Droite l’a fait.

La deuxième manière, qui n’est pas moins malfaisante et destructrice, c’est de ne pas investir dans les secteurs d’avenir. La plupart de nos concurrents font mieux que nous, parce que nous, ou plus exactement les autres ont sacrifié cette perspective. Et comment a-t-on pu laisser s’installer une hiérarchie des rémunérations qui donne si peu à voir des exigences de demain ? Comment un trader peut-il être payé dix fois un ingénieur et vingt fois un chercheur ? Quel signe envoie-t-on ! Quelle échelle des valeurs ! Quelle fausse image pour comprendre nos priorités ! Oui, créer, inventer, mérite quand même mieux que de spéculer.

Mais il y a une dernière manière de mal préparer l’avenir – c’est la pire : c’est la fermeture. La fermeture dans sa discipline. La fermeture dans sa catégorie. La fermeture dans son territoire, dans son quartier. La fermeture dans ses certitudes. La fermeture dans son idéologie. La fermeture dans ses préjugés. On s’enferme aussi derrière ses frontières. C’est contraire au génie traditionnel de la France qui est fait d’accueil, de compréhension, de fierté ! Comment peut-on freiner, limiter l’entrée sur notre territoire des étudiants de qualité qui demandent à pouvoir servir les universités françaises, la recherche française, la création française, et qui veulent être des ambassadeurs parlant notre langue, connaissant notre culture, qui porteront ailleurs ce qu’ils auront trouvé ici ?

La France est une grande Nation. Elle ne peut pas être déterminée par la peur. Elle ne peut pas être soumise simplement à des craintes. Elle ne peut pas être fermée. Elle est ouverte. La France mérite un grand destin ! Elle ne peut pas être dans le repli. La France a traversé tant de crises qu’elle sait surmonter les épreuves. La France ne peut pas abandonner une grande ambition. Le monde est menaçant, et alors ? Nous savons que nous pouvons être capables de le dominer. La finance est forte, et alors ? La démocratie doit être plus forte encore que les marchés. L’Europe – la belle Europe, la grande Europe –, l’Europe est tentée par l’austérité généralisée à travers un traité, et alors ? Nous pouvons être capables de le renégocier si le peuple français en décide. C’est l’enjeu du scrutin qui s’annonce !

Voilà pourquoi en venant ici parmi vous, amis artistes, créateurs, et tout simplement amis de la culture, je suis dans le sujet. Je suis dans le rendez-vous de l’élection présidentielle, qui est toujours la confrontation entre la peur et l’espoir, entre le repli et l’ouverture, entre la caricature et l’imagination. Je crois au génie de la France. C’est pourquoi je fais confiance à sa culture, à sa recherche, à la pensée – c’est-à-dire, finalement, à ce que nous sommes capables de faire le mieux ensemble. Et que nous devons faire partager non seulement à tous les citoyens, quels que soient leur condition, leur quartier, leur situation. Partout, la culture doit être au service de l’émancipation, au service de l’égalité, au service de l’émotion. Partout, nous devons faire que la culture soit un sujet de fierté commune.

Et c’est pour cette raison que je suis candidat à l’élection présidentielle autour d’un projet qui porte la jeunesse, la jeunesse de France au cœur de mes engagements !

Je suis candidat à l’élection présidentielle dans un moment très difficile pour notre pays, pour l’Europe, pour le monde. Et je veux aussi repenser, réinventer le rêve français, ce beau rêve qui consiste à croire, à vouloir que la génération qui arrive vive mieux que la nôtre ! C’est ce rêve-là que nous devons encore faire partager.

Et ce rêve, il est aussi un rêve de culture, un rêve de savoir, un rêve de connaissance qui fait que la France pense être en avance sur le reste du monde, tout en ayant le souci, le respect d’offrir ce qu’elle fait de mieux, ce qu’elle crée de mieux à tous les pays du monde.

Voilà pourquoi je suis candidat à l’élection présidentielle : pour que le rêve français, pour que le changement vienne ! Que le changement vienne vite !

Il est là ! Cinq semaines avant le premier tour. Beaucoup va se jouer au premier tour. Sept semaines avant le 6 mai ! Le 6 mai, ce sera un grand jour pour la France, pour la République et pour la culture !

Merci !

Audiovisuel, Culture en luttes, Education populaire, Médias, Patrimoine, secrétariat national culture, Section culture, Spectacle vivant

Réunion de Section Culture du 16 Mai 2011

26/05/2011

jeanfrancoistealdi

La section Culture du PS s’est réunie en Assemblée Générale, salle Marie-Thérèse Eyquem autour de notre invité :

Jean-François Téaldi : Responsable de la Commission médias au Conseil National du PCF et Grand reporteur audiovisuel public

Jean-François Téaldi décrit dans le domaine de l’information une situation « à la soviétique » avec sept grands groupes de presse qui la dominent (alimentés par des capitaux bancaires, des marchands d’armes…). Cette pensée unique est un risque pour la démocratie. -Il cite Alain Duhamel qui ne pouvait pas traiter du proche-Orient à cause de financiers vendeurs d’armes : Lagardère-. Il suggère de réinsérer le pluralisme par exemple en imposant des seuils « anti-concentration » très forts sur le multimédia.

En matière de développement industriel (« que va devenir l’ imprimerie du journal LE MONDE?) il propose la création d’un POLE PUBLIC D’IMPRESSION et l’augmentation des aides à la presse. Les grands groupes de communication ont le monopole non seulement des tuyaux mais des contenus, ce qui le laisse craindre un problème   incontournable de la création et de la production.

Que faire pour que les salariés aient plus de représentants dans les Conseils d’administration ? … 1981 nous renseigne sur le manque de pouvoir aux salariés dans les IRP.

Le CSA fait la preuve de son inefficacité et du non-respect des familles politiques. Il faudrait reprendre l’idée de Fillioud : réunir 80 personnes (des représentants des métiers de l’audio-visuel) et créer un Conseil Supérieur des Médias en tenant compte de la diversité et organiser des Etats Généraux des Médias où les professionnels pourraient réfléchir et tracer des pistes.

L’Audio-visuel Public est carrément inquiet par rapport à ce que propose le projet de double

financement non assuré (redevance et publicité). Il signale également la menace de privatisation de l’AFP.

francetelevisions

Il énumère quelques mesures souhaitables d’après lui :

• sur TF1 : redemander ou pas la nationalisation de TF1 ; relancer un appel d’offre sous prétexte que TF1 n’a pas respecté le cahier des charges.

• Abroger les décrets Tasca (la 3e diffusion n’est plus rémunérée au co-producteur public) ; assurer les droits de rediffusion au producteur public.

• Revoir les quotas de production des sociétés de production imposés à FTV .

• La redevance audio-visuelle (indexée sur le coût de la vie) est toujours inférieure à la moyenne

•  il faut des moyens européens car FRANCE-TELEVISION n’est plus concurrentiel.

• L’audio-visuel public, c’est aussi l’information, penser aux supports numériques.

• Refaire une instance de régulation de la presse écrite au sein du Conseil Supérieur des Médias afin de lui donner un vrai poids.

• I.N.A. : il serait souhaitable que l’audiovisuel public n’ai plus à payer pour avoir accès aux archives

• Créer un POLE PUBLIC DE PRODUCTION ET DE DIFFUSION de la création à la diffusion, incluant Audio-visuel Public, G.I.E. avec l’Agence France-Presse et INA, développant des propositions de coopération avec les chaînes européennes. Dans la salle un camarade évoque le lien qui existe de la création à la diffusion, pour lui, c’est le même que celui du producteur de lait, la tendance humaine est « indécrottable », celui qui produit trouve toujours un copain pour vendre en prélevant sa part.

On est obligés de passer par l’industrialisation. Au théâtre, on n’a pas ces problèmes.

Quelqu’un ajoute qu’il faut rendre à la nation la maîtrise du service public, pas seulement en

étatisant !

Le Secrétaire de section rappelle que la licence  d’exploitation de TF1 s’arrête en 2012. Nous avons le défaut de conserver les nominations. Sarko nomme et s’est donné le pouvoir de mettre et de démettre. Le Conseil Supérieur propose des candidats, les candidats leurs projets. Il faut que les PDG soient révocables.

Après des réflexions avec Patrick Bloche, il faut que l’entité professionnelle puisse s’opposer à la nomination d’un directeur installé par ceux qui détiennent le capital.

Comment s’y prend-on pour générer des revenus publicitaires tout en produisant un audio-visuel ambitieux (audimat/audience) ?… de Carolis et Duhamel avaient réussi quelque chose : l’opéra en prime time… Pflimlin et ses nominations sont effrayantes, tant de bonnes émissions sont annulées : Tadéï, Moati, Picouly.

Un camarade rappelle qu’on n’a plus la volonté de faire des captations, de faire remonter la création culturelle en région.

Un autre attire l’attention sur le fait que des studios de France3 sont loués à France2… ajoutant : les finances de France3 sont pompées par France2. C’est scandaleux !

question

Ce à quoi Jean-François Téaldi ajoute que en ce qui concerne la filière de production de F3, les studios appartiennent à France-Télévision et travaillent pour le compte de F3. Dans les grandes régions, la filière production travaille souvent en co-production mais le rôle des petits producteurs privés est peu à peu remis en cause.

La production est très différente de la situation anglaise où cette articulation fonctionne bien.

L’aide aux régions permet de créer des vitrines. Le pôle public de production est à reconstruire, c’est une mission de service public. On a aujourd’hui un état « réactionnaire ».

Le pôle des actionnaires devrait recouper celui de ceux qui s’acquittent de la redevance alors que sur les territoires on observe des inégalités flagrantes comme c’est le cas pour le wifi par exemple.

A ses côtés, une membre de la C.A. attire l’attention sur l’éparpillement des centres d’intérêts au moment des loisirs qui peu à peu tend à favoriser les propositions du web par les nouvelles générations…

Téaldi : « Le rendez-vous quotidien du 20h, c’est terminé » …peu à peu, ne sommes-nous pas entrain de nous préparer à cette alternance en réduisant l’investissement du service public de l’audio-visuel ?

Téaldi : « Il faudrait qu’il y ait des droits à redistribuer sinon il crèvera ! ». Malgré tout, le net est un super-outil, on peut se payer un opéra en VOD, par exemple, mais on constate une érosion en faveur de la TNT : les choix qui sont faits ne sont pas en faveur du développement de l’audio-visuel public numérique, parce que les équipes dirigeantes n’y croyaient pas au départ.

Bruno Patineau travaille actuellement sur le développement d’une véritable plateforme numérique, malheureusement, face au saupoudrage actuel et sans investissement, on ne va pas s’en sortir.

En termes d’infos, les contenus actuels ne sont pas au niveau des journaux numériques que sont par exemple LE PARISIEN ou LE FIGARO.

La membre de la C.A. lui prose de rêver à la responsabilité de l’audio-visuel public et dans ce caslà, que mettrait-il en place ?

1) une loi anti-concentration : interdiction pour les groupes vivant des commandes publiques de posséder des entreprises publiques audiovisuelles

2) la modification du CSA avec une représentation à hauteur d’1/3 des organisations

syndicales et un collège téléspectateurs

3) Un pôle audio-visuel public

4) Un président nommé par le CA avec les représentants du personnel à 50%

5) Organisation syndicale et patronale de nouveau en charge pour les écoles de journalistes

6) 1% du P.I.B. Accordé à l’Art et à la Création

7) Abrogation des annexes mettant en danger le statut des Intermittents

8) Droit à l’information inscrit dans la Constitution

9) Retour au programme du Conseil National de la Résistance.

10) Réaffirmation de la loi de 1905 en créant un haut Conseil à la Laïcité pour définir la part

des financements de l’école privée »

Audiovisuel, Médias, Section culture

Invitation à la projection de « GasLand »

23/03/2011

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Le groupe socialiste du Conseil régional d’Île-de-France a le plaisir de vous convier à la projection en avant-première de sa sortie en salles, du film-documentaire « Gasland » au Conseil régional d’Île-de-France, en présence de Jean-Paul Huchon, le 31 mars prochain à 19h.

(entrée par le 65 rue de Babylone, Paris 7ème )

En projetant ce film-documentaire, les socialistes de la région Île-de-France veulent appuyer la mobilisation citoyenne, et continuer à sensibiliser sur les questions politiques, sociales et environnementales que soulève l’exploitation du gaz de schiste.

Les inquiétudes rencontrées sur les zones de forages sont légitimes et font l’objet d’un relai politique, à tous les niveaux où, nous, élus socialistes pouvons faire entendre notre voix.

C’est aussi un sujet plus large qui concerne l’ensemble de nos concitoyens, car il pose, entre autres, la question de la légitimité de la décision publique lorsqu’elle concède l’exploitation du sous-sol minier aux multinationales de l’industrie pétrolière, sans débat ni concertation préalable.

La demande de protection émanant de nos concitoyens est forte. La question du gaz de schiste se pose à nous à un moment de doute sur notre capacité à entendre et à agir. Le groupe socialiste de la région Île-de-France souhaite contribuer à l’identification de notre travail sur cette question.

Amitiés socialistes,

Guillaume Balas,

Président du groupe Socialiste au Conseil régional d’Île-de-France

Interviendront dans le débat suivant la projection :

Jean-Paul Chanteguet, Député de l’Indre, commissaire référent aux questions environnementales.

Laurence Rossignol, secrétaire nationale à l’Environnement.

Hélène Gassin, Vice-présidente Île-de-France chargée de l’Environnement et de l’Energie ;

A propos du film :


« Gasland » est un témoignage cinématographique sur les conséquences sociales et environnementales liées à l’exploitation massive, des gaz de schiste aux Etats-Unis par l’industrie pétrolière.

Primé en 2010 au festival du film indépendant de Sundance, « Gasland » a également été nominé aux Oscars 2011 dans la catégorie « meilleur documentaire ».
Sa sortie nationale en salles est prévue le 6 avril prochain.

Réservation obligatoire au : 01 53 85 69 04.

Audiovisuel

Les Socialistes, la culture et les médias : liberté d’expression, libertés fondamentales.

10/03/2011

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Pierre Haski, excusé, est remplacé dans cette conférence par Dominique Gerbaut, Président de Reporters Sans Frontières

La liberté d’expression et la liberté de création sont des libertés fondamentales de notre démocratie. Sylvie Robert et Patrick Bloche ouvrent la conférence  sur cette affirmation dans un temps de régression, de retour à un nouvel « ordre moral» dans la France de Nicolas SARKOZY.

Contre la définition si consumériste et individualiste de « la culture pour chacun » chère à Frédéric Mitterrand, nous revendiquons la culture comme l’expression d’un « vivre ensemble » où le regard particulier des artistes est nécessaire à notre compréhension du monde. Pourquoi alors tant d’artistes, ont-ils aujourd’hui des difficultés à montrer leur œuvres, ou tant de plasticiens, cinéastes, romanciers… se trouvent mis en cause ?

Agnès Tricoire expose le combat  que mène aujourd’hui l’Observatoire de la liberté de création de la LDH pour rappeler que l’œuvre d’art est une fiction, une représentation du monde sans « utilité », que les propos d’un roman ne sont pas ceux de son auteur. Théophile Gauthier, Flaubert et d’autres à leur époque ont été contraints à cette démonstration, sur laquelle se fonde encore Agnès pour plaider la défense des artistes. Aujourd’hui, plus que l’atteinte aux mœurs, c’est la défense des enfants qui est l’argument le plus fréquemment  opposé aux artistes.  N’est ce pas sous la pression d’une association « au nom de l’innocence des enfants » que le Ministère de l’éducation a retiré son soutien au beau et poétique film de Sébastien Watel –dont l’auditoire a pu apprécier quelques images ?

« Liberté de création des artistes, liberté d’expression des journalistes ».  Jérôme Bouvier et Dominique Gerbaut, reviennent sur la volonté de contrôle par le pouvoir politique qui s’exprime de façon encore plus caricaturale avec Nicolas Sarkozy, la France passant de la  11ème à la 46ème place dans le classement de RSF pour la liberté de la presse. C’est une situation de très grande tension politique. Paradoxalement, dans le temps où la plus grande transparence est exigée dans les médias, la limite vie privée/vie publique tendant à disparaître dans les émissions de télévisions, les journalistes ont de moins en moins de moyens pour mener des enquêtes de terrain ou pour couvrir en toute indépendance les conflits. Ils en ont perdu progressivement la confiance des citoyens.

Les intervenants  nous rappellent que les  journalistes attendent d’un retour de la Gauche au pouvoir des moyens qui leur permettront de garantir aux citoyens une information de qualité : redonner au CSA une vraie légitimité (composition élus/professionnels/citoyens) ;  couper les liens groupes de presses/groupes industriels vivant de la commande publique -situation particulière à la France- voire adoption d’une chartre par les journalistes eux-mêmes…

Ce débat sur la liberté de création et d’expression doit se poursuivre. Nous devons être vigilants, interpeller nos élus, refuser le décrochage d’œuvres. Mais plus encore que le soutien public aux créateurs, c’est l’éducation à l’art, à l’image, et aux médias qui donne aux citoyens la nécessaire distance critique et leur propre capacité de juger. Ce sera un élément central de notre projet pour 2012

Audiovisuel, Médias

Budget 2011 de la culture: la consolidation de la stagnation

10/03/2011

theatre

I – La stagnation, voire la baisse réelle, au lieu du « bon budget » affiché par la communication gouvernementale

Le ministère de la culture et de la communication, une fois de plus, se félicite du budget dont il va disposer l’année prochaine. A l’entendre c’est un « bon budget : +2,1 % , est-il proclamé fièrement.

Ce chiffre serait d’autant plus remarquable que le budget global de l’Etat est frappé, comme on le sait, de la rigueur qui ne veut pas dire son nom : réduction du déficit de l’Etat de 7,8% du PIB en 2010 à 6%en 2011, PLF 2011 (projet de loi de finances) construit en application de la norme de dépenses « zéro valeur », soit la stabilisation en euros courants, baisse de 5% des crédits de fonctionnement, etc…
La réalité n’est évidemment pas aussi belle que l’on veut bien la décrire. Certes, le budget du ministère ne s’effondre pas, ou n’est pas frappé d’une baisse sensible, comme cela a pu arriver certaines années noires où la droite s’exerçait à l’un de ses jeux favoris, les coupes sombres dans le budget de la culture. Faut-il pour autant faire passer pour une victoire ce qui est au mieux la simple continuation de l’existant, alors que, au fil des ans, le budget de la culture est devenu un budget très contraint, bloqué par l’absence de mesures nouvelle significatives, incapable d’accompagner les évolutions majeures que connaît la vie culturelle et artistique? Faut-il, dans le contexte d’aujourd’hui, considérer comme la reconnaissance d’une priorité budgétaire le simple fait de ne pas subir des baisses drastiques, à l’encontre du sort subi par d’autres administrations ?
Qu’en est-il au juste, de ce budget 2011 ?
La communication gouvernementale a encore frappé, puisque la plupart des médias ont, en définitive, retenu que le budget de la culture augmentera de plus de 2% .Il n’en est rien, pourtant.
Le ministère annonce +2,1 % d’augmentation : il s’agit de l’ensemble du budget de la culture et de la communication (culture + audiovisuel public, cinéma…). Un peu moins fort déjà, il affirme : +1,1% pour la seule Mission Culture, qui concerne les dépenses culturelles au sens strict (et qui seule fait l’objet de la présente note). Ce chiffre fait donc apparaître une augmentation, même minime . Hélas, il est faux.

En effet, de 2010 à 2011 le montant global des crédits de la Mission Culture passe, en CP (crédits de paiement), de 2,676 Mds euros à 2,672 Mds, soit une baisse, certes minime, de …4 millions d’euros. Pour arriver à une hausse de +1,1% (discours du ministre, dossier de presse), le ministère y ajoute en fait 40 M euros de fonds de concours, ce qui fait effectivement +1,1%. Sauf qu’en 2010, il y avait 50 M euros de fonds de concours, non comptabilisés dans les 2,676 Mds cités plus haut. Donc petit mensonge eu égard à la faiblesse du montant de crédits en cause, mais à gros objectif symbolique : cacher lastagnation pure et simple.
Mais un autre fait est caché, la baisse réelle des crédits, car l’inflation est prévue à 1,5% en 2011, selon les chiffres officiels du ministère de l’économie et des finances. Donc, que ce soit +1,1% ou +0% (à 4 Millions d’euros près), il y aura baisse effective du budget de la Mission Culture en 2011 .
Précisions :
La maquette budgétaire du ministère a été modifiée d’une année sur l’autre, ce qui n’en facilite guère la lecture, ni la comparaison rétrospective. La logique technocratique de la LOLF aboutit ainsi à sortir le livre (BNF comprise) et les industries culturelles de la Mission » Culture », et à les envoyer à la Mission « Media, livre et industries culturelles »…Elle conduit aussi à regrouper l’ensemble des crédits de personnel des programmes « patrimoine » et « création » dans le programme « transmission des savoirs et démocratisation de la culture (incluant les fonctions de soutien). Elle autonomise enfin une action « archéologie », ce qui est une bonne chose.

Il est cependant à noter que les chiffres de 2010 sont « retraités », de sorte qu’ils n’expliquent pas les évolutions que l’on peut constater et dont il est rendu compte dans la présente note.
Pour information, le budget de l’Etat étant fixé en 2011 à 356,9 Mds en dépenses (avec charges de la dette et pensions), le budget de la Mission Culture représentera donc 0,75% de ce dit budget. Si l’on y ajoutait les activités qui viennent d’être transférées à la Mission Media et industries culturelles, qui peuvent être estimées à 245 M euros, le chiffre passe à 0,81%. Il fut un temps glorieux où….

La répartition des crédits entre les grandes fonctions du ministère

Comme on va le voir, le patrimoine, dont le montant global des crédits augmente (+1,6 %), s’en sort mieux que la création, condamnée à nouveau à la stagnation, donc au blocage. Ceci confirme l’observation déjà faite en 2010. Une hiérarchie des priorités est de fait introduite entre ces deux grandes fonctions.

Quant à » la transmission des savoirs et à la démocratisation culturelle », si les crédits de l’enseignement supérieur spécialisé sont préservés, l’action culturelle connaît une nouvelle baisse. C’est à cet aune qu’il faut juger le discours sur « la culture pour chacun »  qui se réduit à une pure et vaine réthorique,dès lors que les moyens dans ce domaine continuent inexorablement leur déclin, et ce depuis plusieurs années
Enfin,s’agissant des « fonctions de soutien », la RGPP conduit à la poursuite de la baisse des emplois et à la paupérisation de l’administration culturelle.

La programmation pluriannuelle des finances publiques (2011/2013) : la stagnation à perpétuité ?
Cette programmation pluriannuelle étant à présent un exercice budgétaire imposé, il est à noter, sans surprise, que, pour la Mission Culture, elle prévoit la stricte reconduction des crédits en CP : 2,70 Mds euros en 2011 et 2,70 Mds à nouveau en 2012, et 2,71 Mds en 2013 . Les 2,70 deviennent 2,67 Mds euros à périmètre courant (en conformité avec le chiffre cité plus haut).
Elle prévoit aussi environ 300 emplois en moins (297 ETPT) pour 2013 .
II – Le patrimoine

Le ministère affiche une hausse de +1, 6% pour l’ensemble des crédits du programme 175 patrimoine . C’est exact  : +13 M euros en CP d’une année sur l’autre. Mais tous les secteurs du patrimoine n’en bénéficient pas.
Les AE (autorisations d’engagement) de leur côté augmentent de 83 M en 2011, mais ils sont appelés à baisser de 60 M en 2012, et encore de 3,5 M en 2013 . L’explication d’un tel mouvement réside dans la programmation pluriannuelle d’opérations importantes, en hausse en 2011 avant de baisser logiquement ensuite, telles que le musée Picasso (4 M), le Fort Saint –Jean (12M), le MUCEM (fin de l’opération, 35 M), le quadrilatère Richelieu. (28 M).
1 - Le patrimoine monumental

Ses crédits baissent de 13 M euros en CP d’une année sur l’autre : de 391 M euros à 378 M euros .Onvoit mal dès lors ce qui justifie l’affirmation du ministère selon laquellele budget des MH est préservé à la hauteur du budget 2010 .
Rappelons qu’en 2009 le plan de relance avait permis une hausse de 100 M supplémentaires, hausse confirmée dans le budget 2010. Mais ce, après des années de baisse catastrophique, dont la droite au pouvoir porte seule la responsabilité, et le PS avait eu à cet égard l’occasion de dénoncer cette gestion calamiteuse du patrimoine. Il semble en fait que le ministère ait quelque difficulté à présent à maintenir ce niveau d’exigence atteint en 2010…
Les AE en revanche connaissent une hausse de 38 M euros (cf supra).
Les crédits de fonctionnement baissent de 17 M . Les crédits d’entretien des MH appartenant à l’Etat semblent strictement reconduits : il est dommage de ne pas poursuivre le mouvement positif de hausse de ces crédits engagé en 2010. La baisse concerne en fait à la fois les crédits de restauration des monuments nationaux et le domaine de Versailles.
Les dépenses d’investissement (MH appartenant à l’Etat) augmentent de 4 M euros , mais les crédits d’intervention( MH non Etat) stagnent (+0) : ce sont les collectivités territoriales et les propriétaires privés qui vont s’en réjouir…D’ailleurs la hausse des AE s’explique notamment par les travaux du clos et du couvert du quadrilatère Richelieu d’un montant de 28M en 2011 (4M en 2010).


2 – Les musées

Les crédits augmentent de 26 M en CP de 2010 à 2011, (de 345 M à 371 M euros) . Toutefois, cette hausse s’explique pour l’essentiel par l’augmentation des crédits d’investissement nécessaires à la construction du MUCEM, en partenariat avec les collectivités territoriales : 25 M en CP, 37 M en AE .
Le ministère a annoncé récemment, opération de communication à l’appui, un plan musées doté de 70 M euros,et ce pour les musées situés en régions. L’impression est ainsi donnée d’un sensible coup de pouce budgétaire en ce domaine, dont les collectivités territoriales ne pourraient que se réjouir. La réalité est moins glorieuse, là aussi. Certes les AE (crédits d’intervention déconcentrés, investissement) progressent de 22 M en 2010, mais les CP de seulement 2 M. Il s’agit d’un plan de 3 ans, et non pas de 70 M euros de plus par an. Ainsi, ces mêmes AE baisseront de 9 M en 2012 et de 20 M en 2013 (par rapport au montant 2010 ). En réalité, il s’agit d’un effort de rattrapage d’AE, très bas en 2010 par rapport aux CP : 4 M pour 16 M.. En CP, les crédits ne semblent pas destinés à croître de façon sensible.
Parallèlement, les crédits de fonctionnement des musées nationaux  subissent une baisse significative de 9 M au total. RGPP et contraintes budgétaires obligent, les musées de l’Etat sont mis au pain sec : -6 M pour le Louvre, -1 M pour le Quai Branly, – 3 M pour Orsay, -4 M pour le CNAC Georges Pompidou…
Les crédits d’achat d’œuvres d’art pour les collections publiques connaissent une nouvelle baisse de 2 M euros (de 18,5 M à 16, 5 M), alors que les moyens à ce titre sont notoirement insuffisants pour faire face aux besoins.

3 – L’architecture

Les crédits de l’architecture augmentent de 2,6 M . La hausse est due à la poursuite de l’atelier international du Grand Paris, à l’augmentation de la dotation de la CAPA (cité de l’architecture et du patrimoine), ainsi qu’à la mise en place des AVAP (aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine) qui se substituent aux ZPPAUP.


4 – Les Archives et célébrations nationales

Les crédits sont notamment destinés à poursuivre l’opération du site de Pierrefitte-sur-Seine :34 M en 2011, auxquels s’ajoutent les chantiers scientifiques, de premiers équipements et de déménagement (14 M ) . Avant 2011, 135 M avaient déjà été dépensés, et 25 M le seront encore après 2011 . Au total, l’opération coûtera 194 M euros .
Il est à noter que les crédits déconcentrés destinés aux équipements des archives départementales et communales baissent de leur côté de 0,5 M euros en 2011.
III - La création

Le ministère affiche une hausse de +1,7 %, pour l’ensemble des crédits du programme création. C’est exact, les crédits passent de 723 M à 736 M, soit +13 M en CP (et +31 M en AE). Il faut cependant aussitôt ajouter que ces moyens supplémentaires s’expliquent principalement par la hausse des dotations consacrées aux seuls arts plastiques, et pas du tout au spectacle vivant, et qu’en outre c’est le lancement ponctuel de l’opération du Palais de Tokyo qui rend compte pour l’essentiel de cet effort particulier fait en direction de ce secteur.
Pour le reste, la rigueur budgétaire demeure apparemment l’horizon indépassable du ministère …
1 - Le spectacle vivant

Le ministère annonce « une stabilisation » en CP (en clair +0%) des crédits relatifs au spectacle vivant . Toutefois, lorsqu’on regarde les chiffres agrégés (et retraités) de 2010 et 2011 issus du document budgétaire transmis au Parlement, une baisse globale de 3 M apparaît pour les CP: de 666,5 M à 663,4 M très exactement. Dans ce total, les dépenses de fonctionnement (c’est à dire les subventions aux grands établissements publics nationaux) augmentent de 1,7 M, les dépenses d’investissement (travaux sur les bâtiments de ces mêmes établissements nationaux) augmentent de 2 M , tandis que les dépenses d’intervention (c’est à dire principalement les subventions aux labels et aux équipes de création) diminuent de 7 M: de 369,2 M à 362,4 M.
Mais cette baisse ne paraît pas confirmée dans les éléments détaillés qui sont donnés dans le reste du document, où en effet la stricte reconduction des crédits d’intervention prévaut…Ce n’est pas la première fois que le budget du programme création pêche par son opacité, qui rend particulièrement ardue son analyse.

Quoiqu’il en soit, la baisse est avérée, compte tenu de l’inflation prévue à 1,5 %.
Le ministère affiche aussi une hausse des AE de 2,9 %, soit plus +19 M euros: ceci s’explique par le lancement des opérations d’investissement concernant la Comédie Française, l’Opéra Comique, et Chaillot . En 2012, les AE du spectacle vivant sont appelés à baisser de 28 M, par non reconduction des AE inscrites en 2011 pour ces projets de travaux.
Etablissements publics nationaux. C’est simple, c’est la stricte reconduction de la dotation de fonctionnement, soit 0% partout, pour tous les établissements publics (Comédie Française, Opéra de paris, Colline etc.)..Un montant de 0,5 M apparaît en plus d’une année sur l’autre, résultant du transfert de la dotation du CNV (centre national de la chanson, des variétés et du jazz) sur « l’action 01» spectacle vivant.

Dépenses d’intervention : Il s’agit donc des moyens dévolus aux labels (CDN, CCN scènes nationales, orchestres, etc.) et aux équipes de création (compagnies et ensembles dans le théâtre, la danse, la musique…). Une dotation globale de 362 M est allouée, soit la reconduction pure et simple.
Elles concernent d’une part les aides, fort diverses, allouées au niveau central, pour 61 M euros: aides à certaines équipes de création et à certains festivals importants (Avignon, Aix…), à des lieux (Théâtre ouvert, Rond Point etc.), à la structuration et l’économie du spectacle vivant, au fonds de professionnalisation (issu du protocole de 2006 sur l’indemnisation du chômage des intermittents, et maintenu à 5 M) etc…
Elles concernent d’autre part les subventions au fonctionnement et aux activités allouées sur crédits déconcentrés ainsi que les subventions d’investissement pour l’aménagement ou la construction de lieux et salles. Le montant des crédits déconcentrés est de 277 M euros.
Dans le détail, comparaison de 2010 à 2011:
+0 pour CDN (58 M), CCN (13 M), centres de création musicale (3 M), SMAC (6,6 M)
+0,7 M pour les scènes nationales (51,3 M)
-0,5 M pour les orchestres permanents ( 22 M)
-0,7 M pour les scènes conventionnées (10 M)
+0,1 M pour les centres chorégraphiques (1,7 M)
-0,2 M pour les opéras en régions (28 M)
+0 pour les équipes de création (48 M), dont 39 pour les équipes conventionnées, et 9 M pour les équipes non conventionnées (8,87 M exactement)
Les « autres lieux » (Garonne, Bastille, Maison de la Danse de Lyon, etc..) reçoivent 22 M, la variation de la classification ne permettant pas une comparaison certaine d’une année sur l’autre, et il en va de même à cet égard pour le cirque et les arts de la rue .
S’agissant des subventions d’investissement, le montant varie peu en CP, 22 M, soit -0,5 M, comme en AE, 23 M, soit -0,9 M.
2 - Les arts plastiques

Les crédits augmentent de 13 M, principalement, on l’a vu, en raison du lancement du Palais de Tokyo : ils passent de 57 M à 73 M en CP.
Le Palais de Tokyo bénéficie en dépenses d’investissement, de 13 M en CP (soit +12 M), et aussi de 3,7 M en dépenses d’intervention pour la société en charge de son fonctionnement. Tant mieux pour cette opération parisienne, quoique l’on puisse une fois de plus regretter que le soutien de la culture en région ne bénéficie presque jamais d’opérations aussi importantes.
Les aides sont aussi en hausse pour les crédits centraux (Jeu de Paume, salons, compensation à l’ACOSS (protection sociale des artistes).
Il en va de même pour les FRAC, et c’est un autre point positif de ce budget: +1,4 M pour leur fonctionnement, et dont le nombre passe de 19 à 22. Par contre, les aides baissent pour les centres d’art: -1,3 M, et on ne peut s’empêcher de penser que l’on donne à l’un ce que l’on prend à l’autre. Le nombre des centres d’art répertoriés, principalement aidés eux aussi par les collectivités territoriales, diminue d’ailleurs de 9, passant de 57 à 49, sans que l’on nous explique pourquoi. On sait du reste que ceux-ci ont fait l’objet d’une mission d’inspection, et que le ministère entend définir plus précisément leurs objectifs et leurs missions: avec moins d’argent sans doute?


IV – La transmission des savoirs et la démocratisation de la culture

1 – L’enseignement supérieur, l’éducation artistique et culturelle, l’enseignement spécialisé.
Les crédits de l’enseignement supérieur spécialisé sont en hausse de 3% : c’est un point positif. Ils augmentent tant pour le fonctionnement des établissements (écoles d’architecture, ESNBA, CNSM, etc.) que pour l’investissement.
Il faut en revanche déplorer la baisse des crédits destinés aux bourses : -1,5 M euros (élèves des écoles d’architecture, des écoles d’arts plastiques, des Cefedem ).
Les crédits destinés aux écoles d’arts plastiques, principalement financés, il convient de le rappeler, par les collectivités territoriales, sont en stricte reconduction (12,5 M euros), donc baissent compte tenu de l’inflation.
Par contre, et contrairement à ce qu’affirme le ministère, les crédits de l’éducation artistique et culturelle baissent de 2 M euros : de 33,5 M à 31,5 M, selon le document budgétaire transmis au Parlement.
L’enseignement spécialisé, c’est-à-dire en fait les établissements d’enseignement de la musique, de la danse et du théâtre, sont eux aussi en stricte reconduction (29,5 M) , donc aussi en baisse eu égard à l’inflation. Que les collectivités territoriales assument n’est-ce pas, faut-il lire entre les lignes, d’autant que ces crédits ont vocation à être décentralisés, en application de la loi de 2004 , qui précisément, peine à être appliquée. On comprend pourquoi ces crédits sont en baisse ou en stagnation depuis lors…

2 - L’accès à la culture

Il s’agit des crédits destinés aux cultures spécifiques, aux pratiques amateurs, aux actions de politiques territoriales, aux nouvelles pratiques culturelles.
Le dossier de presse ministériel annonce que ces crédits augmentent, mais le document budgétaire transmis au Parlement fait état d’une baisse, qui varie d’ailleurs curieusement selon les pages : de 1,5 M à 9 M, en passant par seulement 4 M, si l’on ose dire.
Dans le détail, les pratiques amateurs perdent officiellement 1,5 M, et les publics spécifiques 0,9 M, mais peut-être plus, allez savoir… Les nouvelles technologies gagnent en revanche 0,8 M, en phase avec les annonces ministérielles sur la priorité au numérique. En outre, 1,5 M euros sont consacrés à l’agence et l’année de l’outre mer.
3 - l’action culturelle internationale

Les crédits baissent, d’une année sur l’autre, de 8,5 M euros ; de 17,5 M à 9 M . Cette baisse pourrait s’expliquer par le fait qu’une part importante des moyens destinés à la promotion des industries culturelles françaises à l’étranger et à la coopération technique culturelle (fonds sud par exemple) ont été transférés à la Mission Media. Pourtant, il est bien précisé dans le document budgétaire que les chiffres ont été « retraités » d’une année sur l’autre. Alors ? Il est peut-être significatif de noter que le dossier de presse ministériel ne donne aucune indication sur l’action culturelle internationale. Bref, en l’état des documents disponibles, il n’est pas possible de donner un commentaire définitif sur cette action.
4 – Les fonctions de soutien du ministère
Ils regroupent l’ensemble des crédits de personnel et de fonctionnement courant.Ils baissent de 17 M d’une année sur l’autre : de 744 M à 727 M.
La RGPP est passée par là. Bien évidemment, pour le pouvoir, il y a tout lieu de s’en réjouir : la réduction du nombre des fonctionnaires et la rationalisation des moyens sont le viatique du pouvoir pour ce qui est de sa gestion de l’Etat. Certes, on ne saurait refuser l’amélioration du fonctionnement du service public et les économies de gestion, dès lors qu’elles sont pertinentes. Mais en l’espèce, tous les agents du ministère et les acteurs de la vie culturelle le constatent : la paupérisation de l’administration culturelle s’accroît dangereusement, contribuant à menacer la bonne exécution du service public culturel, et aussi à démoraliser les agents, pour la plupart attachés à leurs missions.

En application des schémas d’emplois 2010 et 2011, le ministère perd 83 emplois en équivalent temps plein. Le plafond d’emplois du ministère se situera donc à 11 413 emplois ETPT, équivalent temps plein travaillés)
Les dépenses de fonctionnement des crédits déconcentrés, les DRAC , sont diminués de 16 M euros. L’explication réside notamment dans le transfert aux préfets de région des moyens de fonctionnement et des loyers des DRAC et des STAP (services territoriaux de l’architecture et du patrimoine). Reste à savoir si l’autonomie de l’administration culturelle ne s’en ressentira pas…Une économie de 6% est aussi réalisée, nous explique-t-on avec fierté, sur les dépenses courantes (fournitures de bureau, parc automobile…).


V – Eléments sur la Mission Medias et industries culturelles

La précédente Mission « Medias » devient la Mission « Medias et industries culturelles », et le programme 180 »presse » devient le programme « presse, livre et industries culturelles ».
Si les crédits du ministère augmentent globalement, permettant au ministère de faire croire au « bon budget », c’est parce que les mécanismes d’alimentation des budgets de l’audiovisuel public et du cinéma sont en hausse, et non pas grâce à la politique du gouvernement.
Ainsi , le budget de l’audiovisuel public augmente du faitque la CAP (contribution à l’audiovisuel , ex-redevance) passe de 121 à 123 euros, du fait de son indexation sur l’inflation.

De même, le budget du CNC avoisinera 750 M euros en 2011. La bonne fréquentation en salles (+6,5 M de recettes de taxe sur le prix des places de cinéma, sur la base d’une hypothèse de 190 M d’entrées), la croissance du chiffres d’affaires des distributeurs de service de télévision, la progression espérée de la taxe video/VàD (+6,3 M) expliquent cette hausse attendue.

S’agissant du livre et de la lecture, on peut d’ores et déjà dire que la BNF, pour changer de Mission d’affectation, ne change pas pour autant de logique budgétaire. Ses moyens de fonctionnement, comme ceux des autres grands établissements publics nationaux, sont à la baisse : de 208 M à 206 M soit, -1% .
Il est enfin à noter que l’HADOPI bénéficiera d’une subvention de 12 M euros en 2011.

Audiovisuel, Médias, Patrimoine, Spectacle vivant

Réunion de la Section Culture du 7 Mars 2011

09/03/2011

hiphop

L’Assemblée Générale de la section Culture a eu lieu salle Jean Poperen au 1er étage du PS  avec pour thème central :

DIVERTISSEMENT CONTRE CREATION ?

Bruno Laforestrie, patron de Générations FM et de Hip Hop Paris, défenseur des cultures émergentes et fin analyste de la situation culturelle actuelle, était notre invité.

Le débat dresse un panégyrique des nouvelles formes de création et de diffusion, mais très vite il  dépasse les enjeux impartis au sujet.

Pour Bruno Laforestrie, il faut éviter que La France devienne à l’échelle du monde une sorte de Rocher de Monaco, retranché dans les soubassements d’une culture dont les modes de fonctionnements deviendraient progressivement anachroniques face aux évolutions en cours.

Il pense que le fonctionnement de la SACEM et de la SCAM est à revoir :

Certains artistes deviennent des rentiers quand d’autres, beaucoup plus nombreux, sont peu ou pas rémunérés par des modes de redistribution mal adaptés.

D’après lui, il serait possible de jouer sur la part réservataire publique pour mieux financer la musique. En effet, seulement 6 à 7 % des ventes reviennent aux artistes et n’offrent que quelques centimes dans le cas du numérique.

N’est-on  pas entrain de constituer des musées virtuels de la réalité ?

Le budget culture représente 11 milliards d’euros. Doit-on se cantonner à la gestion patrimoniale en consacrant 1% du PIB à la culture et en créant plus de dette.

Il rappelle que le secteur public reçoit 200 millions d’euros alors que la suppression de la publicité à créé un vide de 300 millions d’euros.

Il y a eu une externalisation de la production française vers les productions privées. C’est un axe de réflexion majeur entre divertissement et création.

La question de la constitution d’un patrimoine culturel se pose, celui d’un soft power non uniquement tourné vers la francophonie… la question de la réputation de la France dans le monde se pose alors.

Dans la salle, une militante intervient pour aborder le problème des scénaristes en France. “Il y a dit-elle une reconnaissance réelle des auteurs et des réalisateurs quand les scénaristes sont insuffisamment protégés et reconnus. Le Rapport du Président de France Télévision est édifiant sur la production. Pourquoi n’est-on pas en mesure de créer des séries de la qualité, des meilleures séries américaines ? Les scénaristes n’ont pas toujours les “moyens” de travailler.

La création doit-elle avoir lieu en circuit ouvert ou fermé ?”

Pour Bruno Laforestrie, c’est là toute la question de la stratégie de l’audiovisuel extérieur :

Il cite l’exemple de Haïti où plus un jeune ne parle le Français. Il n’y a pas de bouquets adaptés, les chaînes françaises sont souvent payantes quand les contenus étrangers du câble sont principalement gratuits.

La première chaîne française au monde est Trace TV elle vient souvent en premier choix en Afrique, mais paradoxalement elle est aussi devenue anglo-saxonne (comme en Afrique du sud).

Un autre militant prend la parole pour signaler que ce qui existe dans la culture existe dans toutes les industries, y compris dans l’agriculture. La disparition des petits producteurs au bénéfice de grands groupes. En outre, il aime à rappeler que L’Art, la Culture et la Communication sont souvent amalgamés.

Il évoque le problème de la gratuité requise pour les artistes quand ils sont invités à diriger un atelier dans les écoles publiques.

Bruno Laforestrie pense qu’une Asphyxie est à prévoir s’il n’y a pas de réponse réactive de notre part.

Il constate aussi le problème des chaînes privatisées qui ne respectent pas leurs cahiers des charges. Quand 20% d’œuvres françaises sont demandées, on n’en réalise que 1%.

Il pense aussi qu’il y a de grands curseurs sur lesquels il faut jouer pour réduire les grands clivages. Si on reste en interne, rien, ou presque, ne changera.

Par exemple : Canal plus qui produit beaucoup de films.

Canal satellite devrait être un service public.

La création doit s’accompagner de régimes juridiques dans lesquels elle s’opère ainsi que la distribution et le financement par le biais du CSA, CNV et du CNC.

Une redistribution démocratique paraît indispensable. Les marges de manœuvres sont de 20 à 30%.

Face à une politique visant à faire disparaître les petits producteurs ceux-ci doivent s’unir. Des 90 sociétés de production actuelles va t-on aller vers 5 à 6 à terme ?

Le grand problème tient à une capitation publique importante qui ne bénéficie que d’une redistribution minimale à l’aune d’un choc systémique avec la civilisation digitale.

Par ailleurs, le choc avec le secteur privé internet risque de tourner à l’avantage des entreprises comme Google si on ne fait pas les anticipations nécessaires.

Le peu de renouvellement des élites culturels créé une production endogamique qui ne correspond pas aux aspirations réelles du public.

Il faut injecter du sang neuf, ouvrir les équipes et financer la jeune création.

Le regard actuel est trop ethno-centré alors qu’il faut davantage faire le pari européen ou mondial. Les outils techniques et technologiques pour ce faire existent. Il faut se tourner vers ces domaines et cela demande de grandes décisions politiques.

La présence conjuguée d’Hadopi et la Sacem crée des tiraillements qui risquent de provoquer une explosion du système si de bonnes pratiques ne sont pas mises en place. Oui aux créateurs, non à une forme de rente exagérée pour certains d’entre eux…et ce dans tous les domaines de la création.

Il y a une frustration actuelle qui risque de pousser nos meilleurs créateurs à s’expatrier.

Nous disposons de moyens de pressions, notamment dans l’utilisation faite des NTIC et du pouvoir symbolique des professions concernées. L’ISF représente à ce titre 4,7 Milliards d’euros… (Les spécialistes de la cour des comptes s’inquiètent de cette situation… ).

Des questions éthiques se posent également. L’exemple des Bouches du Rhône demande une clarification nécessaire qui sera exemplaire à l’échelle du pays.

Il y a de manière générale très peu de contrôle démocratique sur les institutions et moyens mis en œuvre.

Wikileaks a fait bouger la diplomatie…

Le CAC 40 ne génère pas les impôts qu’il devrait génèrer, puisque l’on est souvent aux alentours de 5% d’imposition… Complexité des contrôles est partout.

1% des créateurs sur 3 millions vivent bien face à une grande majorité de précaires. Là aussi une impulsion politique majeure est nécessaire.

Serons-nous une sorte de Brésil vis-à-vis de l’Europe ?

Internet est un vecteur générationnel susceptible de relancer la création.

Le monde culturel doit accompagner ces transitions.

C’est un sujet central qui concerne tout le monde.

Le parti socialiste doit émettre des propositions audibles.

Il doit se prononcer sur les deux sujets majeurs que sont

  • le digital et
  • les cultures émergentes.

  • Facebook a tué Ben Ali… Il serait souhaitable d’étendre cette problématique à la jeunesse pour lui permettre de sortir de son état actuel de soumission : durablement faire dialoguer de leur culture à l’extérieur.

Dans le contexte des primaires, la stratégie digitale revêt une importance particulière.

Un million de personnes doivent voter ofrant ainsi une ouverture à la société civile.

Nous devons répondre de manière adaptée aux problématiques ambiantes.

Nous disposons de possibilités bien réelles qui ne se représenteront pas si fréquemment.

Un militant intervient pour nous faire part de son idée de substituer au débat sur l’identité nationale, celui du dialogue des cultures et de la célébration du vivre ensemble, du métissage, sinon nous irons vers une aggravation des violences et de la peur. La France est un pays d’immigration de toute éternité. Il y a une responsabilité de l’audiovisuel public et du politique dans cette perception des choses.

Il nous rappelle que chaque année 100 000 élèves sont rejetés par le système scolaire, et 10% ne sont pas scolarisés. Que faire ? Il faut souhaiter l’irruption d’un mouvement culturel de l’ampleur de la Movida. 80% des gens sont sur Facebook, soit 20 millions de personnes !

Bruno Laforestrie lance que plutôt que de prôner l’égalité réelle, il faudrait clairement se prononcer contre les inégalités réelles.

Il s’inquiète :

“L’élection sera faite le 1er octobre ou presque. Ses thématiques seront posées… Il est important de constater l’usage que fait le Front National d’internet, relayé par des milliers de bloggeurs. En matière de groupes de pression ils ont trois ans d’avance.  On sent l’irruption d’une violence symbolique. Il est indispensable de ne pas laisser cette tendance à la ségrégation et la violence avancer des thèses qui pourraient morceler la société”.

Enfin il nous propose deux références bibliographiques :

« Bug made in France » ou l’histoire d’une capitulation culturelle d’Olivier Poivre d’Arvor

« Mainstream », Enquète sur cette culture qui plaît à tout le monde de Frédéric Martel

Audiovisuel, Hadopi, Section culture

« Culture pour chacun » : une drôle de musique pour tous ? »

03/03/2011

Vendredi 4 mars 2011 à 17h00

Odéon Théâtre de l’Europe

L’Odéon Théâtre de l’Europe, ouvre ses portes à Futurs Composés, réseau national de la création musicale à l’occasion d’une table ronde « Culture pour chacun : une drôle de musique pour tous ?». La rencontre se tiendra dans le salon Roger Blin vendredi 4 mars 2011 à 17h00. La création musicale concentre parfaitement toutes les questions qui se posent autour du débat ouvert par le Ministère de la culture et de la communication intitulé « Culture pour chacun » devenu « Culture pour tous » et « Culture partagée ». C’est à ce titre que Futurs Composés se propose d’organiser un débat.

La musique est un champ culturel qui va des expressions les plus populaires jusqu’aux musiques savantes :

> Comment se pose la question de l’intimidation sociale ?

La musique nécessite un apprentissage :

> Quels enjeux pour les questions de la transmission et de la démocratisation ?

La musique est au coeur des nouvelles technologies et sa production comme sa diffusion en dépendent :

> Le numérique et les réseaux. La circulation et l’économie.

Ainsi, les questions de démocratisation, d’intimidation, de la place des cultures populaires comme celle des enjeux du numérique résonnent particulièrement avec le monde de la musique. C’est pourquoi Futurs Composés a pensé utile de poser les bases de ce débat avec des professionnels de ce champ disciplinaire et avec ceux qui réfléchissent plus largement sur le monde et son devenir :

> Bernard Cavanna compositeur et directeur de conservatoire

> Arnaud Merlin producteur radio

> Ivan A. Alexandre musicologue et journaliste musical

> Denis Bertrand sémioticien

> François Flahault philosophe

> Gustave Massiah économiste

> Jean Lambert-Wild auteur et metteur en scène

> Alain Brunsvick – sous réserve DGCA – Direction Générale de la Création Artistique

> David Jisse animateur du débat, directeur d’un Centre national de création musicale, producteur radio et vice président de Futurs Composés.

Sous réserve de modifications.

Ce débat se propose d’être le début d’une réflexion plus approfondie sur ces nouveaux enjeux de la culture.

|| Réservation indispensable auprès de Futurs Composés : contact@futurscomposes.com ||

Informations pratiques

Entrée libre.

Date et horaire : vendredi 4 mars 2011 à 17h00

Adresse : Salon Roger Blin, Odéon Théâtre de l’Europe, place de l’Odéon – 75006 Paris

Métro : Odéon, ligne 4 et ligne 10

Futurs Composés, réseau national

Audiovisuel, Culture en luttes, Spectacle vivant

La section Culture du PS s’est réunie le 13 décembre 2010

06/01/2011

 

Thème central de cette réunion : rapports entre Ville et Culture.

Gaspard Gantzer (directeur de cabinet de Christophe Girard, Responsable culture de la Fondation Terra Nova) était l’invité de cette réunion-débat.

Dans la salle, de nombreux participants concernés par la culture ou issus du monde de la culture : artistes, metteurs-en-scène, jeunes artistes plasticiens, directeurs de structures et autres membres du milieu associatif ou syndical.

Membres présents de la C.A. :

Jean-Paul Bessières (secrétaire délégué), Pierre Balas (Trésorier), Rosine Young, François Adibi.

Le secrétaire de Sectio, après avoir annoncé avec joie la reprise des réunions de la section Culture à un rythme mensuel et régulier, ouvrit la discussion en évoquant le risque d’exclusion que représentait le projet du Grand Paris et ses infrastructures tentaculaires. Il exprimait son attente de voir apporter des réponses d’ordre culturel aux citoyens qui se partagent l’espace urbain. La culture générant du lien social, un des éléments chimiquement pur de la Ville.

Pierre Balas soulignait les grandes contradictions culturelles de la ville : le Grand Paris et ses infrastructures routières ou ferroviaires et l’incarnation de la ville par ses citoyens dans ses inégalités, qui fabrique de la précarité et de la déculturation. Pour lui il est essentiel de Reconstruire la Ville.

Gaspard Gantzer partage l’inquiétude concernant le projet du Grand Paris (la notion d’infrastructures faisant souvent abstraction de dimension culturelle). Pour lui, la culture n’est pas seulement un supplément d’âme mais l’élément central dans la construction de tout projet de société. La Gauche, quand elle était au pouvoir, avait placé très haut cette valeur, au service des habitants. Il y a trois principaux motifs d’exclusion.

Le seuil géographique (forme d’exclusion par la distance), la Mairie de Paris a pris toute une série d’initiatives publiques dans des espaces où les institutions culturelles faisaient défaut, pour exemple : l’aménagement de la Maison des Métallos , la réhabilitation des 3 Baudets, la création du 104…

En rééquilibrant l’espace publicafin que les habitants s’approprient les lieux et les codes culturels qui y sont associés : avec la création de Paris-Plage, la création ou la rénovation des bibliothèques, les médiathèques (Marguerite Duras dans le 20e)…

Le seuil économique : le choix de la gratuité pour l’ouverture des collections permanentes des musées de la Ville de Paris a généré une hausse de fréquentation de 30%, la Nuit Blanche est une manifestation à laquelle il est très attaché parce qu’elle permet à tous d’avoir accès à l’art contemporain, même chose pour la Fête de la Musique.

 

Le seuil de l’éducation : il constate qu’un certain nombre de pratiques culturelles sont en recul. Intéresser les jeunes à la culture passé

• par l’éducation et le projet de la majorité actuelle en matière d’éducation artistique n’est pas approprié d’où la nécessité d’agir pour nos grandes municipalités : Paris, Lille, Lyon par le jumelage des institutions culturelles et des écoles (quand par exemple les artistes se déplacent et investissent le Musée d’Art Moderne de Paris),

• par la qualités des professeurs de la Ville de Paris,

• par une plus grande interdisciplinarité des établissements culturels, par des propositions culturelles là où on ne les attend pas (métro, stations de tramway, etc).

Afin de retenir les artistes tentés par Berlin, Londres ou New York, Gaspard Gantzer nous signale les politiques volontaristes menées par Paris, Lille et Lyon pour favoriser l’accès au logement et aux résidences d’artistes. Il reste cependant nécessaire de créer des lieux de travail, des ateliers individuels ou collectifs.

Il salue l’influence positive d’acteurs privés qui font beaucoup de bien à certains quartiers tout entiers, à l’exemple des cinémas Gaumont, MK2 et Pathé et s’oppose à la thématique gouvernementale de « la culture pour chacun » en proposant de repenser une approche radicalement inverse : « une culture exigeante pour tous ».

Pour conclure, il souhaite que les villes ne restent pas à l’intérieur de leurs frontières et qu’il n’y ait pas d’opposition entre des territoires qui font partie d’un même ensemble. Au-delà des frontières du périph’, il y a des lieux qui doivent se multiplier.


Parmi les différentes interventions des participants, voici quelques thématiques qui se sont exprimées :

1) Les artistes et collectifs d’artistes peintres et sculpteurs, artistes plasticiens attendent  encore la promesse du 104 pour héberger leurs ateliers de création. Les cinémas indépendants méritent aussi d’être des lieux de convivialité afin de fédérer les publics anciens ou nouveaux. En province des expos tournantes d’artistes investissent des hangars. En présence des artistes des oeuvres exposées, ces lieux sont visités et en dehors du lien social qu’ils suscitent, ils génèrent l’appétit renouvelé des visiteurs pour l’art et la culture.

 

2) Si nous avons la chance d’une alternance en 2012, nous risquons de trouver très maigres les enveloppes budgétaires vouées à une politique culturelle ambitieuse. Il faudra faire avec nos moyens, reconnaissons le travail des associations culturelles qui fédèrent du lien social dans les quartiers, faudra-t-il augmenter les subventions ? Médiatiser les propositions culturelles dans les quartiers, au sortir des métros, des stations de bus ? Utiliser nos vedettes populaires pour faire valoir leurs goûts en matière de culture afin d’en faire la publicité.

 

3) On peut regretter l’éducation populaire, chère à Vitez, et la notion « d’élitisme pour tous » qui doit tous nous guider. L’exemple du Musée d’Art Contemporain de Vitry-sur-Seine ou le Mac Val qui mènent une politique active mais dont la fréquentation est problématique est parlant. Ivry-sur-Seine, avec ses 700 lofts d’artistes, est la première ville de France en termes d’artistes, mais Tokyo et Buenos-Aires semblent mieux la connaître que nous…

 

4) On assiste aujourd’hui à la progressive affirmation d’un quatrième secteur économique, celui des biens immatériels, qui dans le domaine de la culture joue un rôle majeur avec la dématérialisation des biens culturels. A l’heure où le budget européen de la culture sort peu à peu de sa relative atonie n’est-il pas indispensable de faciliter le lancement des politiques culturelles volontaristes auxquelles nous aspirons tous en ayant davantage recours à cet échelon encore insuffisamment exploré de l’action culturelle publique, l’Europe, avec le ressort du biais administratif et régional notamment ? La culture pouvant, à terme, devenir une clef centrale de l’économie.

 

5) On constate malheureusement que les politiques entreprises par la droite placent le patrimoine avant la culture et surtout avant la création. Cette situation nuit à l’émergence de nouveaux artistes.

 

6) Pour ce qui concerne la fréquentation, Monet par exemple peut être une locomotive et amener des publics nouveaux.

 

7) Il est indispensable de relancer l’éducation artistique dans les écoles (que l’on enseigne le langage de leur époque aux élèves : NDLR).

 

8) La médiation des agents d’accueil est très importante, elle devrait être étendue à l’extérieur des enceintes culturelles, dans la rue. Le fait d’avoir le BAFA aide à recevoir les enfants.

 

9) Les bâtiments existent, mais ce sont les hommes et leurs qualités particulières qui sont la vraie richesse de ces lieux.

 

10) Il faut souligner l’importance des squats dans les cultures émergentes comme c’est le cas de la maison des Ensembles. Le travail est rendu possible par la location de ces structures, comme c’est le cas au centre d’art contemporain d’Evry. Il ne faut pas se tromper. La droite commence à accumuler du savoir-faire en matière de culture…

 

11) La droite a cassé tous les acquis de la gauche en matière culturelle et a accouché d’un monde monopolaire dans les Médias, à la Télévision, à la Radio… Les nouveaux médias offrent des possibilités extraordinaires pour créer des contre-feux et des contre-pouvoirs médiatiques, comme c’est le cas par exemple de Rue89 et Médiapart. Le combat pour faire accéder les gens à la culture, qui pour l’instant repose sur des pouvoirs circulaires, qui se transmettent en comités restreints. Nest pas terminé. Il faut changer la donne.

 

12) Il faudra régler le problème de l’intermittence. Une manifestation au Palais Royal avait lieu ce jour là (NDLR)… Une révision de la convention générale de l’UNEDIC est à prévoir. Certains sont passés du statut d’intermittents à celui de fonctionnaire municipal. Ce n’est pas généralisable. L’intermittence est indispensable.

 

13) Face à la tentation de la finance, Il n’y a qu’à rappeler la manière dont ont été conduite les politiques Thatcheriennes au Royame-Uni. Tony Blair avait fait l’éloge du secteur privé. Nous avons été trahis par les financiers qui nous ont privés de nos moyens et cela aboutit aux catastrophes sociales auxquelles nous assistons actuellement.

 

14) Le temps est peut être venu de réfléchir à un statut d’intermittent européen qui pourrait permettre d’harmoniser cette problématique à l’échelon européen. L’idée est a priori bonne, mais attention aux péréquations européennes. Le statut des intermittents est beaucoup moins protecteur dans beaucoup de pays voisins.

 

15) Face à la disparition des espaces dédiés à la culture, la création de lieux nouveaux est souhaitable. Mais l’argent n’a pas obligatoirement besoin d’être investi dans le foncier.

 

16) Comparaison Paris / Berlin qui est une ville qui présente beaucoup de friches. Le coût de la vie est plus bas, ce qui est, là aussi, favorable à l’émergence d’une scène underground. Le marché de l’art est florissant en Allemagne. Les collectionneurs et les amateurs y sont nombreux, ce qui revient à poser la problématique de l’enseignement. Paris / NYC : Aux Etats-Unis, à NYC, le climat général était favorable aux artistes, au moins avant le boom immobilier de 1990, qui a chassé tout le monde de Manhattan vers Brooklyn, ou d’autres quartiers. Cela repose le problème de l’émigration des artistes… Et là aussi, on en revient à l’absolue nécessité de former à l’art et à l’enseignement, et on bute contre l’absence de moyens. En France notamment, le pays où le fait culturel est pourtant le mieux reconnu.

 

17) L’exemple du MK2 de Marseille sur la Canebière, est parlant puisqu’il est devenu un Pôle culturel, la culture de masse ouvrant à une culture plus exigeante, comme le souligne l’ouvrage de Frédéric Martel, « Mainstream, Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde » (Flammarion, 2010).

 

18) Il est scandaleux que les promoteurs imposent aux citoyens leur vision de la ville et qu’ils aient plus d’influence qu’eux sur la physionomie générale des territoires et finalement sur leurs politiques culturelles. Au 104, on constate qu’une politique plus marchande attire des publics, avec la bibliothèque, les bars, le manège, les manifestations, ce qui en augmente la convivialité mais ce ne sont pas les mêmes publics. C’est la problématique de l’argent avec une finance qui aujourd’hui a tendance à oppresser. Il faut là aussi changer ce rapport.

 

19) Le Barbizon est un bon exemple de ces endroits voués à la culture qui disparaissent pour des raisons financières. C’était un cinéma dirigé par une association, or le propriétaire chinois, qui l’avait abandonné, a fini par se souvenir qu’il possédait ce bâtiment. L’association a du trouver un nouveau local et le terrain a servi pour un nouveau projet immobilier…

 

20) Evocation de la situation Corse et de la friche de la Belle de Mai à Marseille. Il y a plus de trois cents associations en Corse et la politique de la droite consiste à choisir cent d’entre elles pour faire du saupoudrage plutôt que de financier les associations qui font un travail sérieux et efficace.


Audiovisuel, Culture en luttes, Education populaire, Hadopi, Médias, Patrimoine, secrétariat national culture, Section culture, Spectacle vivant

Soutien aux salariés de RFI et non-respect des jugements par la direction de France Télévisions

28/05/2009

Aujourd’hui 28 mai 2009, les salariés de RFI en sont à leur troisième semaine de grève et rien ne semble montrer que la direction de cette chaîne de radio publique veuille revenir sur la décision unilatérale de licencier 206 personnes et de supprimer 6 rédactions!! 

Nous devons soutenir nos camarades de RFI!!

D’autre part, plusieurs dizaines de salariés intermittents qui ont gagné leur procès contre France Télévisions (FT)  soit aux Prud’hommes, soit en Appel et parfois même en Cassation attendent, depuis des mois quand ce n’est pas des années, que la direction des Ressources Humaines sous la houlette de leur président Patrick de Carolis concède à respecter les jugements et de fait  applique les décisions de justice en faveur des salariés..

Les avocats de ces salariés en sont réduits à faire appel aux représentants de la force publique pour que la direction de FT fournisse enfin les documents administratifs requis, paie les dommages et intérêts auxquels FT a été condamné, avec souvent des astreintes à payer en cas de retard, ou simplement propose aux salariés le contrat de travail en bonne et dûe forme que le jugement leur impose.

Souvent la direction de FT ne respecte pas ces jugements!!

Dans le mépris le plus total des salariés et des juges qui ont appliqué la Loi..

Quand elle ne licencie pas tout simplement ( après des parodies de commissions paritaires auxquelles  tous les syndicats de FT, sans exception, refusent dorénavant de participer après en avoir dénoncé les abus dans un tract commun, signé et daté du 26 septembre 2008..) , pour faute grave et sans indemnités, les salariés qui refusent de signer le contrat proposé par FT, toujours revu à la baisse en terme de salaire et de temps de travail hebdomadaire et donc non conformes aux jugements, avec parfois même des mutations d’office sans indemnités de déplacement!!

Et que dire du « Beruf’s Verbot » auquel ces salariés sont condamnés depuis leur action en justice!?

Ce scandale perdure depuis des mois, FT et son président Patrick de Carolis ne font rien pour trouver des solutions et appliquer la Loi!!

N’oublions pas que nous parlons de la direction d’un grand service public supposé être en première ligne dans le respect et l’application des lois républicaines..

Il s’agit tout simplement d’un déni de justice lorsque des centaines de personnes en sont réduits à vivre sans ressources, dans la précarité alors qu’un jugement leur avait garanti un emploi et un salaire.

Il faut dénoncer ces pratiques et que nos élus créent une commission parlementaire spéciale pour dénoncer cette attitude indigne d’un service public et pour enfin faire appliquer la LOI et les décisions de justice par France Télévisions.

Il s’agit de l’avenir professionnel de centaines de salariés réduits au chômage et du présent de leur famille..

ALAIN SCHLICK (Réalisateur)

Audiovisuel

Réflexions sur l’ITW du Président de France Télévisions au Figaro

16/03/2009
Extraits de l’ITW de Patrick de Carolis au Figaro daté du 14 mars 2009 (certains passages ont été soulignés par nous): .. Nous devrions arriver à un accord avec l’État actionnaire sur le plan d’affaires d’ici à fin mars. Damien Cuier y travaille activement et quotidiennement. Puis nous présenterons la réorganisation en entreprise unique à nos salariés et aux partenaires sociaux dans la première quinzaine d’avril. Nous avons une période légale de quinze mois pour définir un nouveau statut social. La période de négociation qui s’ouvre est cruciale pour France Télévisions. En accord avec l’État actionnaire, nous voulons éviter le traumatisme d’un plan social. Je le répète, il n’y aura pas de plan social. En revanche, nous mettrons en place un dispositif de départs anticipés à la retraite fondés sur le volontariat. Selon la photographie statistique de l’entreprise, 900 personnes pourraient entrer dans ce cadre, soit environ 10 % de nos effectifs permanents. Dans le plan d’affaires, il est envisagé que les économies de structures et de coûts de production permettent notamment de compenser le coût de la transformation interne. Compte tenu de nos efforts et de l’évolution des recettes publiques, nous sommes convenus avec l’État actionnaire que 2011 sera la date du retour à l’équilibre opérationnel…

Réflexions:

 

Le Président de France Télévisions (FT) mentionne le terme d’Etat Actionnaire en oubliant que FT n’est pas une société cotée en bourse et que si actionnaires il y a, ce sont les millions de contribuables payant la redevance dont font partie les salariés de France Télévisions..

Le Président de Carolis peut arguer une nouvelle fois qu’il n’y aura pas de plan social alors qu’en direct et depuis plusieurs mois déjà, FT l’organise en se moquant des jugements pour lesquels la holding a été condamnée, violant donc la loi.

En effet, ne respectant souvent pas le code du travail en matière de contrats de CDD, FT a été condamné des dizaines de fois par les Prud’hommes de tout l’hexagone à requalifier des salariés intermittents en CDI et comme riposte à ces décisions légales, FT licencie sans indemnités des salariés pour refus de signer des contrats à temps partiel alors que les jugements ne mentionnent pas ce temps partiel, ou simplement parce qu’ils refusent des mutations d’office!!

FT transforme donc en fautes graves de simples problèmes juridiques et en profite pour faire du chiffre en matière de départs volontaires: l’ensemble des syndicats de FT, toutes tendances confondues, ont dénoncé dans un tract daté du 26 septembre 2008  les effets retors de ces manipulations scandaleuses des Commissions Paritaires par la direction de FT.

Et que dire de la situation des centaines d’intermittents qui ont régulièrement travaillé pour FT dont l’engagement a été rompu unilatéralement et qui se retrouvent en fin de droits sans aucune autre possibilité que de changer de métier pour pouvoir survivre.

Mais comme dirait notre Président de la République: « En matière de réformes, nous n’avons pas vocation à faire de l’aménagement du territoire!! »

Non faire de la politique sociale suffirait amplement.

Depuis sa nomination, Patrick de Carolis répète à l’encan que 900 personnes pourraient entrer dans le cadre de départ volontaire alors qu’à ce jour, selon les syndicats, environ seuls une quarantaine de salariés ont accepté un départ volontaire..

Mais l’important est de faire croire à « l’état actionnaire » qu’il respecte ses engagements de 2007 et maîtrise son navire alors que tout va à vau-l’eau depuis longtemps et que pleuvent sans discontinuer les jurisprudences au bénéfice des salariés qui attaquent FT; l’important pour lui étant surtout, surtout de gagner du temps jusqu’à août 2010, date de la fin de son mandat de président.

.. «S’il n’y avait pas eu l’arrêt de la publicité, je suis certain que TF1 et M6 afficheraient des baisses de recettes non pas importantes mais vertigineuses.» ..

RAS, tout est dit.. Le Service public sert donc la soupe au privé!

.. Mon mandat se termine en août 2010. Cela me laisse le temps de mener à bien cette réforme. C’est le premier point. Le second, c’est qu’il faut avoir une vision qui dépasse mon mandat. Il me semble qu’un manager qui ne dessine l’avenir de son entreprise qu’à l’horizon de ses propres échéances n’est pas un bon manager. Cette réforme, je l’ai voulue, je ferai donc ma part et je la mènerai à son terme car le calendrier me le permet.

A rapprocher de la phrase ci-dessus: « Compte tenu de nos efforts et de l’évolution des recettes publiques, nous sommes convenus avec l’État actionnaire que 2011 sera la date du retour à l’équilibre opérationnel… »

Comme disait Charles Pasqua, du temps de sa splendeur: « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.. »

Et le Président de France Télévisions semble croire qu’on le croit sur parole..

Voire!

Alain SCHLICK

Audiovisuel