Archive

Archives pour la catégorie ‘Culture en luttes’

Réunion de la Section Culture du 7 Mars 2011

09/03/2011

hiphop

L’Assemblée Générale de la section Culture a eu lieu salle Jean Poperen au 1er étage du PS  avec pour thème central :

DIVERTISSEMENT CONTRE CREATION ?

Bruno Laforestrie, patron de Générations FM et de Hip Hop Paris, défenseur des cultures émergentes et fin analyste de la situation culturelle actuelle, était notre invité.

Le débat dresse un panégyrique des nouvelles formes de création et de diffusion, mais très vite il  dépasse les enjeux impartis au sujet.

Pour Bruno Laforestrie, il faut éviter que La France devienne à l’échelle du monde une sorte de Rocher de Monaco, retranché dans les soubassements d’une culture dont les modes de fonctionnements deviendraient progressivement anachroniques face aux évolutions en cours.

Il pense que le fonctionnement de la SACEM et de la SCAM est à revoir :

Certains artistes deviennent des rentiers quand d’autres, beaucoup plus nombreux, sont peu ou pas rémunérés par des modes de redistribution mal adaptés.

D’après lui, il serait possible de jouer sur la part réservataire publique pour mieux financer la musique. En effet, seulement 6 à 7 % des ventes reviennent aux artistes et n’offrent que quelques centimes dans le cas du numérique.

N’est-on  pas entrain de constituer des musées virtuels de la réalité ?

Le budget culture représente 11 milliards d’euros. Doit-on se cantonner à la gestion patrimoniale en consacrant 1% du PIB à la culture et en créant plus de dette.

Il rappelle que le secteur public reçoit 200 millions d’euros alors que la suppression de la publicité à créé un vide de 300 millions d’euros.

Il y a eu une externalisation de la production française vers les productions privées. C’est un axe de réflexion majeur entre divertissement et création.

La question de la constitution d’un patrimoine culturel se pose, celui d’un soft power non uniquement tourné vers la francophonie… la question de la réputation de la France dans le monde se pose alors.

Dans la salle, une militante intervient pour aborder le problème des scénaristes en France. “Il y a dit-elle une reconnaissance réelle des auteurs et des réalisateurs quand les scénaristes sont insuffisamment protégés et reconnus. Le Rapport du Président de France Télévision est édifiant sur la production. Pourquoi n’est-on pas en mesure de créer des séries de la qualité, des meilleures séries américaines ? Les scénaristes n’ont pas toujours les “moyens” de travailler.

La création doit-elle avoir lieu en circuit ouvert ou fermé ?”

Pour Bruno Laforestrie, c’est là toute la question de la stratégie de l’audiovisuel extérieur :

Il cite l’exemple de Haïti où plus un jeune ne parle le Français. Il n’y a pas de bouquets adaptés, les chaînes françaises sont souvent payantes quand les contenus étrangers du câble sont principalement gratuits.

La première chaîne française au monde est Trace TV elle vient souvent en premier choix en Afrique, mais paradoxalement elle est aussi devenue anglo-saxonne (comme en Afrique du sud).

Un autre militant prend la parole pour signaler que ce qui existe dans la culture existe dans toutes les industries, y compris dans l’agriculture. La disparition des petits producteurs au bénéfice de grands groupes. En outre, il aime à rappeler que L’Art, la Culture et la Communication sont souvent amalgamés.

Il évoque le problème de la gratuité requise pour les artistes quand ils sont invités à diriger un atelier dans les écoles publiques.

Bruno Laforestrie pense qu’une Asphyxie est à prévoir s’il n’y a pas de réponse réactive de notre part.

Il constate aussi le problème des chaînes privatisées qui ne respectent pas leurs cahiers des charges. Quand 20% d’œuvres françaises sont demandées, on n’en réalise que 1%.

Il pense aussi qu’il y a de grands curseurs sur lesquels il faut jouer pour réduire les grands clivages. Si on reste en interne, rien, ou presque, ne changera.

Par exemple : Canal plus qui produit beaucoup de films.

Canal satellite devrait être un service public.

La création doit s’accompagner de régimes juridiques dans lesquels elle s’opère ainsi que la distribution et le financement par le biais du CSA, CNV et du CNC.

Une redistribution démocratique paraît indispensable. Les marges de manœuvres sont de 20 à 30%.

Face à une politique visant à faire disparaître les petits producteurs ceux-ci doivent s’unir. Des 90 sociétés de production actuelles va t-on aller vers 5 à 6 à terme ?

Le grand problème tient à une capitation publique importante qui ne bénéficie que d’une redistribution minimale à l’aune d’un choc systémique avec la civilisation digitale.

Par ailleurs, le choc avec le secteur privé internet risque de tourner à l’avantage des entreprises comme Google si on ne fait pas les anticipations nécessaires.

Le peu de renouvellement des élites culturels créé une production endogamique qui ne correspond pas aux aspirations réelles du public.

Il faut injecter du sang neuf, ouvrir les équipes et financer la jeune création.

Le regard actuel est trop ethno-centré alors qu’il faut davantage faire le pari européen ou mondial. Les outils techniques et technologiques pour ce faire existent. Il faut se tourner vers ces domaines et cela demande de grandes décisions politiques.

La présence conjuguée d’Hadopi et la Sacem crée des tiraillements qui risquent de provoquer une explosion du système si de bonnes pratiques ne sont pas mises en place. Oui aux créateurs, non à une forme de rente exagérée pour certains d’entre eux…et ce dans tous les domaines de la création.

Il y a une frustration actuelle qui risque de pousser nos meilleurs créateurs à s’expatrier.

Nous disposons de moyens de pressions, notamment dans l’utilisation faite des NTIC et du pouvoir symbolique des professions concernées. L’ISF représente à ce titre 4,7 Milliards d’euros… (Les spécialistes de la cour des comptes s’inquiètent de cette situation… ).

Des questions éthiques se posent également. L’exemple des Bouches du Rhône demande une clarification nécessaire qui sera exemplaire à l’échelle du pays.

Il y a de manière générale très peu de contrôle démocratique sur les institutions et moyens mis en œuvre.

Wikileaks a fait bouger la diplomatie…

Le CAC 40 ne génère pas les impôts qu’il devrait génèrer, puisque l’on est souvent aux alentours de 5% d’imposition… Complexité des contrôles est partout.

1% des créateurs sur 3 millions vivent bien face à une grande majorité de précaires. Là aussi une impulsion politique majeure est nécessaire.

Serons-nous une sorte de Brésil vis-à-vis de l’Europe ?

Internet est un vecteur générationnel susceptible de relancer la création.

Le monde culturel doit accompagner ces transitions.

C’est un sujet central qui concerne tout le monde.

Le parti socialiste doit émettre des propositions audibles.

Il doit se prononcer sur les deux sujets majeurs que sont

  • le digital et
  • les cultures émergentes.

  • Facebook a tué Ben Ali… Il serait souhaitable d’étendre cette problématique à la jeunesse pour lui permettre de sortir de son état actuel de soumission : durablement faire dialoguer de leur culture à l’extérieur.

Dans le contexte des primaires, la stratégie digitale revêt une importance particulière.

Un million de personnes doivent voter ofrant ainsi une ouverture à la société civile.

Nous devons répondre de manière adaptée aux problématiques ambiantes.

Nous disposons de possibilités bien réelles qui ne se représenteront pas si fréquemment.

Un militant intervient pour nous faire part de son idée de substituer au débat sur l’identité nationale, celui du dialogue des cultures et de la célébration du vivre ensemble, du métissage, sinon nous irons vers une aggravation des violences et de la peur. La France est un pays d’immigration de toute éternité. Il y a une responsabilité de l’audiovisuel public et du politique dans cette perception des choses.

Il nous rappelle que chaque année 100 000 élèves sont rejetés par le système scolaire, et 10% ne sont pas scolarisés. Que faire ? Il faut souhaiter l’irruption d’un mouvement culturel de l’ampleur de la Movida. 80% des gens sont sur Facebook, soit 20 millions de personnes !

Bruno Laforestrie lance que plutôt que de prôner l’égalité réelle, il faudrait clairement se prononcer contre les inégalités réelles.

Il s’inquiète :

“L’élection sera faite le 1er octobre ou presque. Ses thématiques seront posées… Il est important de constater l’usage que fait le Front National d’internet, relayé par des milliers de bloggeurs. En matière de groupes de pression ils ont trois ans d’avance.  On sent l’irruption d’une violence symbolique. Il est indispensable de ne pas laisser cette tendance à la ségrégation et la violence avancer des thèses qui pourraient morceler la société”.

Enfin il nous propose deux références bibliographiques :

« Bug made in France » ou l’histoire d’une capitulation culturelle d’Olivier Poivre d’Arvor

« Mainstream », Enquète sur cette culture qui plaît à tout le monde de Frédéric Martel

Audiovisuel, Hadopi, Section culture

Réunion de la Section Culture le 7 Mars 2011

04/03/2011
Cher(e) camarades, je suis heureux de vous convier à la prochaine réunion de la Section Culture qui se tiendra de 19h à 22h le lundi 7 Mars , à Solferino , dans la salle du 1er étage ( qui ne porte pas encore de  nom).
Le thème central de discussion autour duquel s’articulera la réunion est celui du divertissement contre la Création qui constitue clairement  l’un des marqueurs de la politique de la  Droite envers la Culture.
En privilégiant ce qui est reconnu et institutionnalisé, en arbitrant toujours en faveur du moindre risque et du plus consensuel, la politique  actuelle sape le fondement même de la culture , sa capacité de renouvellement par la création.
Bruno Laforestrie qui est une figure  bien connue des nouveaux media , président de  Hip Hop citoyens  ( http://hiphopcitoyens.com/) et qui est pleinement  immergé dans les questions de  création urbaine et de mixité,viendra nous faire part au cours de cette réunion de sa perception de la question et ouvrira nos débats sur ce sujet central de la culture et de la création.

Merci de vous libérer pour cette réunion qui inaugure notre nouveau cycle de réunions .

Amitiés Socialistes

Jean-Paul Bessières -Orsoni

Secrétaire de la Section Culture

Non classé, Section culture, Spectacle vivant

« Culture pour chacun » : une drôle de musique pour tous ? »

03/03/2011

Vendredi 4 mars 2011 à 17h00

Odéon Théâtre de l’Europe

L’Odéon Théâtre de l’Europe, ouvre ses portes à Futurs Composés, réseau national de la création musicale à l’occasion d’une table ronde « Culture pour chacun : une drôle de musique pour tous ?». La rencontre se tiendra dans le salon Roger Blin vendredi 4 mars 2011 à 17h00. La création musicale concentre parfaitement toutes les questions qui se posent autour du débat ouvert par le Ministère de la culture et de la communication intitulé « Culture pour chacun » devenu « Culture pour tous » et « Culture partagée ». C’est à ce titre que Futurs Composés se propose d’organiser un débat.

La musique est un champ culturel qui va des expressions les plus populaires jusqu’aux musiques savantes :

> Comment se pose la question de l’intimidation sociale ?

La musique nécessite un apprentissage :

> Quels enjeux pour les questions de la transmission et de la démocratisation ?

La musique est au coeur des nouvelles technologies et sa production comme sa diffusion en dépendent :

> Le numérique et les réseaux. La circulation et l’économie.

Ainsi, les questions de démocratisation, d’intimidation, de la place des cultures populaires comme celle des enjeux du numérique résonnent particulièrement avec le monde de la musique. C’est pourquoi Futurs Composés a pensé utile de poser les bases de ce débat avec des professionnels de ce champ disciplinaire et avec ceux qui réfléchissent plus largement sur le monde et son devenir :

> Bernard Cavanna compositeur et directeur de conservatoire

> Arnaud Merlin producteur radio

> Ivan A. Alexandre musicologue et journaliste musical

> Denis Bertrand sémioticien

> François Flahault philosophe

> Gustave Massiah économiste

> Jean Lambert-Wild auteur et metteur en scène

> Alain Brunsvick – sous réserve DGCA – Direction Générale de la Création Artistique

> David Jisse animateur du débat, directeur d’un Centre national de création musicale, producteur radio et vice président de Futurs Composés.

Sous réserve de modifications.

Ce débat se propose d’être le début d’une réflexion plus approfondie sur ces nouveaux enjeux de la culture.

|| Réservation indispensable auprès de Futurs Composés : contact@futurscomposes.com ||

Informations pratiques

Entrée libre.

Date et horaire : vendredi 4 mars 2011 à 17h00

Adresse : Salon Roger Blin, Odéon Théâtre de l’Europe, place de l’Odéon – 75006 Paris

Métro : Odéon, ligne 4 et ligne 10

Futurs Composés, réseau national

Audiovisuel, Culture en luttes, Spectacle vivant

La section Culture du PS s’est réunie le 13 décembre 2010

06/01/2011

 

Thème central de cette réunion : rapports entre Ville et Culture.

Gaspard Gantzer (directeur de cabinet de Christophe Girard, Responsable culture de la Fondation Terra Nova) était l’invité de cette réunion-débat.

Dans la salle, de nombreux participants concernés par la culture ou issus du monde de la culture : artistes, metteurs-en-scène, jeunes artistes plasticiens, directeurs de structures et autres membres du milieu associatif ou syndical.

Membres présents de la C.A. :

Jean-Paul Bessières (secrétaire délégué), Pierre Balas (Trésorier), Rosine Young, François Adibi.

Le secrétaire de Sectio, après avoir annoncé avec joie la reprise des réunions de la section Culture à un rythme mensuel et régulier, ouvrit la discussion en évoquant le risque d’exclusion que représentait le projet du Grand Paris et ses infrastructures tentaculaires. Il exprimait son attente de voir apporter des réponses d’ordre culturel aux citoyens qui se partagent l’espace urbain. La culture générant du lien social, un des éléments chimiquement pur de la Ville.

Pierre Balas soulignait les grandes contradictions culturelles de la ville : le Grand Paris et ses infrastructures routières ou ferroviaires et l’incarnation de la ville par ses citoyens dans ses inégalités, qui fabrique de la précarité et de la déculturation. Pour lui il est essentiel de Reconstruire la Ville.

Gaspard Gantzer partage l’inquiétude concernant le projet du Grand Paris (la notion d’infrastructures faisant souvent abstraction de dimension culturelle). Pour lui, la culture n’est pas seulement un supplément d’âme mais l’élément central dans la construction de tout projet de société. La Gauche, quand elle était au pouvoir, avait placé très haut cette valeur, au service des habitants. Il y a trois principaux motifs d’exclusion.

Le seuil géographique (forme d’exclusion par la distance), la Mairie de Paris a pris toute une série d’initiatives publiques dans des espaces où les institutions culturelles faisaient défaut, pour exemple : l’aménagement de la Maison des Métallos , la réhabilitation des 3 Baudets, la création du 104…

En rééquilibrant l’espace publicafin que les habitants s’approprient les lieux et les codes culturels qui y sont associés : avec la création de Paris-Plage, la création ou la rénovation des bibliothèques, les médiathèques (Marguerite Duras dans le 20e)…

Le seuil économique : le choix de la gratuité pour l’ouverture des collections permanentes des musées de la Ville de Paris a généré une hausse de fréquentation de 30%, la Nuit Blanche est une manifestation à laquelle il est très attaché parce qu’elle permet à tous d’avoir accès à l’art contemporain, même chose pour la Fête de la Musique.

 

Le seuil de l’éducation : il constate qu’un certain nombre de pratiques culturelles sont en recul. Intéresser les jeunes à la culture passé

• par l’éducation et le projet de la majorité actuelle en matière d’éducation artistique n’est pas approprié d’où la nécessité d’agir pour nos grandes municipalités : Paris, Lille, Lyon par le jumelage des institutions culturelles et des écoles (quand par exemple les artistes se déplacent et investissent le Musée d’Art Moderne de Paris),

• par la qualités des professeurs de la Ville de Paris,

• par une plus grande interdisciplinarité des établissements culturels, par des propositions culturelles là où on ne les attend pas (métro, stations de tramway, etc).

Afin de retenir les artistes tentés par Berlin, Londres ou New York, Gaspard Gantzer nous signale les politiques volontaristes menées par Paris, Lille et Lyon pour favoriser l’accès au logement et aux résidences d’artistes. Il reste cependant nécessaire de créer des lieux de travail, des ateliers individuels ou collectifs.

Il salue l’influence positive d’acteurs privés qui font beaucoup de bien à certains quartiers tout entiers, à l’exemple des cinémas Gaumont, MK2 et Pathé et s’oppose à la thématique gouvernementale de « la culture pour chacun » en proposant de repenser une approche radicalement inverse : « une culture exigeante pour tous ».

Pour conclure, il souhaite que les villes ne restent pas à l’intérieur de leurs frontières et qu’il n’y ait pas d’opposition entre des territoires qui font partie d’un même ensemble. Au-delà des frontières du périph’, il y a des lieux qui doivent se multiplier.


Parmi les différentes interventions des participants, voici quelques thématiques qui se sont exprimées :

1) Les artistes et collectifs d’artistes peintres et sculpteurs, artistes plasticiens attendent  encore la promesse du 104 pour héberger leurs ateliers de création. Les cinémas indépendants méritent aussi d’être des lieux de convivialité afin de fédérer les publics anciens ou nouveaux. En province des expos tournantes d’artistes investissent des hangars. En présence des artistes des oeuvres exposées, ces lieux sont visités et en dehors du lien social qu’ils suscitent, ils génèrent l’appétit renouvelé des visiteurs pour l’art et la culture.

 

2) Si nous avons la chance d’une alternance en 2012, nous risquons de trouver très maigres les enveloppes budgétaires vouées à une politique culturelle ambitieuse. Il faudra faire avec nos moyens, reconnaissons le travail des associations culturelles qui fédèrent du lien social dans les quartiers, faudra-t-il augmenter les subventions ? Médiatiser les propositions culturelles dans les quartiers, au sortir des métros, des stations de bus ? Utiliser nos vedettes populaires pour faire valoir leurs goûts en matière de culture afin d’en faire la publicité.

 

3) On peut regretter l’éducation populaire, chère à Vitez, et la notion « d’élitisme pour tous » qui doit tous nous guider. L’exemple du Musée d’Art Contemporain de Vitry-sur-Seine ou le Mac Val qui mènent une politique active mais dont la fréquentation est problématique est parlant. Ivry-sur-Seine, avec ses 700 lofts d’artistes, est la première ville de France en termes d’artistes, mais Tokyo et Buenos-Aires semblent mieux la connaître que nous…

 

4) On assiste aujourd’hui à la progressive affirmation d’un quatrième secteur économique, celui des biens immatériels, qui dans le domaine de la culture joue un rôle majeur avec la dématérialisation des biens culturels. A l’heure où le budget européen de la culture sort peu à peu de sa relative atonie n’est-il pas indispensable de faciliter le lancement des politiques culturelles volontaristes auxquelles nous aspirons tous en ayant davantage recours à cet échelon encore insuffisamment exploré de l’action culturelle publique, l’Europe, avec le ressort du biais administratif et régional notamment ? La culture pouvant, à terme, devenir une clef centrale de l’économie.

 

5) On constate malheureusement que les politiques entreprises par la droite placent le patrimoine avant la culture et surtout avant la création. Cette situation nuit à l’émergence de nouveaux artistes.

 

6) Pour ce qui concerne la fréquentation, Monet par exemple peut être une locomotive et amener des publics nouveaux.

 

7) Il est indispensable de relancer l’éducation artistique dans les écoles (que l’on enseigne le langage de leur époque aux élèves : NDLR).

 

8) La médiation des agents d’accueil est très importante, elle devrait être étendue à l’extérieur des enceintes culturelles, dans la rue. Le fait d’avoir le BAFA aide à recevoir les enfants.

 

9) Les bâtiments existent, mais ce sont les hommes et leurs qualités particulières qui sont la vraie richesse de ces lieux.

 

10) Il faut souligner l’importance des squats dans les cultures émergentes comme c’est le cas de la maison des Ensembles. Le travail est rendu possible par la location de ces structures, comme c’est le cas au centre d’art contemporain d’Evry. Il ne faut pas se tromper. La droite commence à accumuler du savoir-faire en matière de culture…

 

11) La droite a cassé tous les acquis de la gauche en matière culturelle et a accouché d’un monde monopolaire dans les Médias, à la Télévision, à la Radio… Les nouveaux médias offrent des possibilités extraordinaires pour créer des contre-feux et des contre-pouvoirs médiatiques, comme c’est le cas par exemple de Rue89 et Médiapart. Le combat pour faire accéder les gens à la culture, qui pour l’instant repose sur des pouvoirs circulaires, qui se transmettent en comités restreints. Nest pas terminé. Il faut changer la donne.

 

12) Il faudra régler le problème de l’intermittence. Une manifestation au Palais Royal avait lieu ce jour là (NDLR)… Une révision de la convention générale de l’UNEDIC est à prévoir. Certains sont passés du statut d’intermittents à celui de fonctionnaire municipal. Ce n’est pas généralisable. L’intermittence est indispensable.

 

13) Face à la tentation de la finance, Il n’y a qu’à rappeler la manière dont ont été conduite les politiques Thatcheriennes au Royame-Uni. Tony Blair avait fait l’éloge du secteur privé. Nous avons été trahis par les financiers qui nous ont privés de nos moyens et cela aboutit aux catastrophes sociales auxquelles nous assistons actuellement.

 

14) Le temps est peut être venu de réfléchir à un statut d’intermittent européen qui pourrait permettre d’harmoniser cette problématique à l’échelon européen. L’idée est a priori bonne, mais attention aux péréquations européennes. Le statut des intermittents est beaucoup moins protecteur dans beaucoup de pays voisins.

 

15) Face à la disparition des espaces dédiés à la culture, la création de lieux nouveaux est souhaitable. Mais l’argent n’a pas obligatoirement besoin d’être investi dans le foncier.

 

16) Comparaison Paris / Berlin qui est une ville qui présente beaucoup de friches. Le coût de la vie est plus bas, ce qui est, là aussi, favorable à l’émergence d’une scène underground. Le marché de l’art est florissant en Allemagne. Les collectionneurs et les amateurs y sont nombreux, ce qui revient à poser la problématique de l’enseignement. Paris / NYC : Aux Etats-Unis, à NYC, le climat général était favorable aux artistes, au moins avant le boom immobilier de 1990, qui a chassé tout le monde de Manhattan vers Brooklyn, ou d’autres quartiers. Cela repose le problème de l’émigration des artistes… Et là aussi, on en revient à l’absolue nécessité de former à l’art et à l’enseignement, et on bute contre l’absence de moyens. En France notamment, le pays où le fait culturel est pourtant le mieux reconnu.

 

17) L’exemple du MK2 de Marseille sur la Canebière, est parlant puisqu’il est devenu un Pôle culturel, la culture de masse ouvrant à une culture plus exigeante, comme le souligne l’ouvrage de Frédéric Martel, « Mainstream, Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde » (Flammarion, 2010).

 

18) Il est scandaleux que les promoteurs imposent aux citoyens leur vision de la ville et qu’ils aient plus d’influence qu’eux sur la physionomie générale des territoires et finalement sur leurs politiques culturelles. Au 104, on constate qu’une politique plus marchande attire des publics, avec la bibliothèque, les bars, le manège, les manifestations, ce qui en augmente la convivialité mais ce ne sont pas les mêmes publics. C’est la problématique de l’argent avec une finance qui aujourd’hui a tendance à oppresser. Il faut là aussi changer ce rapport.

 

19) Le Barbizon est un bon exemple de ces endroits voués à la culture qui disparaissent pour des raisons financières. C’était un cinéma dirigé par une association, or le propriétaire chinois, qui l’avait abandonné, a fini par se souvenir qu’il possédait ce bâtiment. L’association a du trouver un nouveau local et le terrain a servi pour un nouveau projet immobilier…

 

20) Evocation de la situation Corse et de la friche de la Belle de Mai à Marseille. Il y a plus de trois cents associations en Corse et la politique de la droite consiste à choisir cent d’entre elles pour faire du saupoudrage plutôt que de financier les associations qui font un travail sérieux et efficace.


Audiovisuel, Culture en luttes, Education populaire, Hadopi, Médias, Patrimoine, secrétariat national culture, Section culture, Spectacle vivant

Soutien aux salariés de RFI et non-respect des jugements par la direction de France Télévisions

28/05/2009

Aujourd’hui 28 mai 2009, les salariés de RFI en sont à leur troisième semaine de grève et rien ne semble montrer que la direction de cette chaîne de radio publique veuille revenir sur la décision unilatérale de licencier 206 personnes et de supprimer 6 rédactions!! 

Nous devons soutenir nos camarades de RFI!!

D’autre part, plusieurs dizaines de salariés intermittents qui ont gagné leur procès contre France Télévisions (FT)  soit aux Prud’hommes, soit en Appel et parfois même en Cassation attendent, depuis des mois quand ce n’est pas des années, que la direction des Ressources Humaines sous la houlette de leur président Patrick de Carolis concède à respecter les jugements et de fait  applique les décisions de justice en faveur des salariés..

Les avocats de ces salariés en sont réduits à faire appel aux représentants de la force publique pour que la direction de FT fournisse enfin les documents administratifs requis, paie les dommages et intérêts auxquels FT a été condamné, avec souvent des astreintes à payer en cas de retard, ou simplement propose aux salariés le contrat de travail en bonne et dûe forme que le jugement leur impose.

Souvent la direction de FT ne respecte pas ces jugements!!

Dans le mépris le plus total des salariés et des juges qui ont appliqué la Loi..

Quand elle ne licencie pas tout simplement ( après des parodies de commissions paritaires auxquelles  tous les syndicats de FT, sans exception, refusent dorénavant de participer après en avoir dénoncé les abus dans un tract commun, signé et daté du 26 septembre 2008..) , pour faute grave et sans indemnités, les salariés qui refusent de signer le contrat proposé par FT, toujours revu à la baisse en terme de salaire et de temps de travail hebdomadaire et donc non conformes aux jugements, avec parfois même des mutations d’office sans indemnités de déplacement!!

Et que dire du « Beruf’s Verbot » auquel ces salariés sont condamnés depuis leur action en justice!?

Ce scandale perdure depuis des mois, FT et son président Patrick de Carolis ne font rien pour trouver des solutions et appliquer la Loi!!

N’oublions pas que nous parlons de la direction d’un grand service public supposé être en première ligne dans le respect et l’application des lois républicaines..

Il s’agit tout simplement d’un déni de justice lorsque des centaines de personnes en sont réduits à vivre sans ressources, dans la précarité alors qu’un jugement leur avait garanti un emploi et un salaire.

Il faut dénoncer ces pratiques et que nos élus créent une commission parlementaire spéciale pour dénoncer cette attitude indigne d’un service public et pour enfin faire appliquer la LOI et les décisions de justice par France Télévisions.

Il s’agit de l’avenir professionnel de centaines de salariés réduits au chômage et du présent de leur famille..

ALAIN SCHLICK (Réalisateur)

Audiovisuel

Redonner du souffle et du sens à notre projet culturel – Sylvie Robert , SN Culture

01/04/2009

 

                    Redonner  du souffle et du sens à notre projet culturel

                                                                                                   Sylvie Robert , SN Culture

  « Toute personne capable d’avoir conscience de ce qu’elle est , de ce qu’elle fait et surtout du rôle qu’elle a dans ses relations à autrui possède une culture : nul ne peut-être exclu de ce royaume » Manuel Vasquez Montalban

 « Faites des créations qu’attend le peuple », dit le Président de la République dans la lettre de mission à sa Ministre de la Culture.

Jean Vilar parlant de la démocratisation culturelle disait : »Avec audace et opiniâtreté , imposer au peuple ce qu’il ne sait pas qu’il désire. ». Cinquante ans séparent ces deux propos.

 Aujourd’hui , en 2009  , nous avons une double  responsabilité . Il faut à la fois  dénoncer fermement la situation dramatique dans laquelle se trouvent l’art et la culture dans notre pays mais aussi  analyser les pratiques culturelles de la société du 21ème siècle , en  mettant à plat nos référentiels antérieurs , en étudiant la complexité du paysage actuel .Il s’agit bien de formuler un projet qui  tente de répondre aux enjeux de demain .

N’oublions pas cependant jamais l’Histoire ,notamment celle écrite par la gauche lorsqu’elle était aux responsabilités, et qui a contribué à doter notre pays d’une grande politique de la culture, à constituer un réseau d’équipements et d’équipes de production et de diffusion de grande qualité et à mettre en place en place une multitudes d ‘initiatives diverses et foisonnantes .

 L’action publique culturelle française est exceptionnelle , exemplaire au point qu’elle est encore enviée par bien  d’autres pays . La nouvelle page à écrire doit se nourrir de cette réalité .

Chacun s’accorde en effet à faire le constat d’une fin de cycle de la politique culturelle , et donc de la nécessité de bâtir un nouveau modèle. Toutefois , il est clair que le contexte actuel de crise financière et économique en rend la démarche complexe et délicate .En même temps , nous assistons à une telle révolution idéologique , celle d’une  droite ultra-libérale qui sans état d’âme atteint les valeurs qui nous sont chères , celles qui touchent  les libertés , le pluralisme , la laïcité , l’égalité que nous n’avons plus le choix  .

 Le monde de la culture et le parti socialiste : « l’histoire d’un désamour »

 La culture et le parti socialiste ont une histoire commune et pourtant il est un fait : la culture a été trop longtemps absente de nos débats , de nos campagnes électorales , de notre réflexion de socialistes alors qu’elle est au coeur des valeurs d’émancipation et de liberté  que nous portons .De quelle culture s’agit-il ? Bien au delà de sa dimension sectorielle , elle est la dimension essentielle de « l’être humain doué de raison » comme de « l’être social qui grandit de sa relation aux autres » , évoqué dans la déclaration de principe du PS . Elle est le travail de la pensée , celle de soi et celle de l’Autre , elle est facteur d’émancipation  individuelle et collective ouvrant à la compréhension du monde et donc à la liberté .Le regard des artistes aide à éclairer les mutations à venir , l’artiste questionne ,il  dérange  , il nous apprend à devenir des citoyens critiques. « Penser , c’est dire non » disait le philosophe Alain  .C’est pourquoi , le droit à créer, à s’informer  est le gage du bon fonctionnement d’une démocratie .Ces libertés sont essentielles pour lutter contre toute forme de standardisation et de normalisation des esprits et des modes de vie . Elles sont aussi  essentielles pour réaffirmer que défendre l’économie de l’intelligence , c’est à dire l’éducation , la recherche , la culture , c’est aussi réaffirmer notre attachement à une société de l’innovation et du savoir .

 Les politiques de la culture auraient-elles perdu le sens politique de la culture ? Peut-être!

En tout cas , il devient  urgent d’affirmer que défendre la culture dans un projet politique , c’est d’abord et avant tout la poser comme un enjeu transversal , comme un élément qui crée du lien , qui nous permet de nous retrouver sur des utopies , comme enfin ce qui nous aide à avoir une vision de la société de demain à partir de nos valeurs communes , de justice et de solidarité . Et il ne suffit pas d’affirmer que les ressources de l’intelligence et de la sensibilité alimentent mieux que toutes autres la croissance économique , il faut rappeler qu’elles sont indispensables au progrès social et au projet démocratique . 

 Le  gouvernement Sarkozy et la culture: une mise à mal programmée

 Cet engagement pour défendre la priorité  culturelle devient urgent car  le gouvernement actuel a décidé d’engager une véritable bataille idéologique avec une cohérence sans faille , une méthode redoutable qui consiste d’abord  à supprimer , à diviser, à réduire , à fragiliser pour quelques temps plus tard faire de grandes annonces et adopter la posture du  défenseur de la cause culturelle . Peut-être est-il dès lors important de rappeler quelques faits et d’identifier les symptômes de la crise qui secoue le monde culturel actuel .

Cela commence en 2007 avec la lettre de mission du Président de la République à Christine Albanel dans laquelle les fondements même de la politique culturelle sont remis en cause .Là encore , les apparences sont trompeuses car après avoir affirmé que «  la démocratisation est un échec » , il prône et impose l’obligation de résultats afin que  l’offre culturelle réponde à l ’attente de la population …Ce populisme est une grande rupture avec la conception de la politique culturelle qui a présidé à l’action de l’Etat depuis  la création du Ministère de la Culture .Le contexte est clair . L’art et la culture sont évalués à l’aune  d’une rentabilité immédiate qu’il faut pouvoir quantifier et mesurer . Ce qui est différent d’une démarche d’évaluation dont les indicateurs doivent être partagés par l’ensemble des acteurs . L’art comme outil critique , la mise en valeur du sensible et la culture comme facteur d’émancipation de l’individu ont disparu .Depuis , l’inquiétude grandit . Le budget ne cesse de baisser .A coup de gels qui se « dégèlent »  lorsque la protestation devient trop forte dans le secteur du spectacle vivant , la chute  du budget du Ministère de la Culture , entamé dès 2002, -sur ce point, c’est la continuité qui prévaut-est une réalité que l’on ne peut plus contester aujourd’hui .

Ainsi ,  on constate que l’action culturelle est malmenée , que l’éducation artistique est négligée , que le patrimoine est sinistré – et ce , malgré  les 100 millions d’euros en plus annoncés par le Président Sarkozy –et que le rayonnement international est complètement délaissé . Le manque d’ ambition pour défendre un vrai service public de la culture est le signe d’un désintérêt évident pour ce secteur . Quant à la loi sur l’audiovisuel public , sous couvert  d’une fausse bonne idée , elle traduit  bien une attaque contre le  service public et elle révèle le souhait d’un renforcement des chaînes privées qui devraient ainsi bénéficier du surcroît de recettes publicitaires . Le spectacle vivant malgré les « yoyos »de son financement  est lui aussi fragilisé . Son paradoxe atteste aussi de la difficulté de la situation actuelle . D’un côté , une créativité foisonnante , une vitalité forte , le développement sans précédent des ars de la rue , des arts de la piste , des musiques actuelles …, de l’autre une crise structurelle dont les signes les plus saillants sont révélés  par la question de l’intermittence  , c’est à dire la rémunération des artistes et des professionnels du spectacle et de l’audiovisuel , la fragilisation sans précédent de projets et une précarisation de plus en forte des artistes .

 Ajoutez à cette situation  , la révision générale des politiques publiques et la crainte d’une suppression du Ministère de la Culture, il faut convenir que l’angoisse est fondée quant à l’avenir de ce secteur . On ne peut oublier  le projet de loi « création et Internet » , destiné à lutter contre le piratage des oeuvres musicales et cinématographiques sur Internet et qui intervient deux ans après la loi dite « DAVSI ».Il démontre une fois encore  un  manque de réflexion voire d’imagination d’un gouvernement  qui pour n’avoir pas anticipé les mutations de la révolution numérique et ses conséquences , ne parvient toujours pas à dépasser l’opposition entre les militants du « tout gratuit » et les défenseurs de la création et des auteurs.

Je terminerai cet exercice « non exhaustif » en évoquant le débat sur le fonctionnement des politiques culturelles et particulièrement le cadre institutionnel et contractuel qui régit les relations entre les différents acteurs publics .Sans préjuger de la conclusion de la réflexion en cours au sein de la commission du comité de réflexion et de propositions sur la Modernisation et le Réequilibrage des Institutions de la Vème République présidé par Edouard Balladur , force est de constater que là aussi , l’époque n’est plus la même . L’Etat s’est désengagé , plus il s’est effacé . A un Etat qui a su impulser s’est substitué un Etat gestionnaire , tandis que les collectivités territoriales fortes de leurs financement et de leur volonté de construire de véritables politiques culturelles se sont imposées comme de vrais acteurs publics de développement .La politique culturelle de l’Etat s’est historiquement mise en oeuvre dans un rapport descendant  .L’Etat était prescripteur , les collectivités territoriales et les institutions culturelles appliquaient ses modalités d’intervention et de financement .. Aujourd’hui cependant  , elle ne sait plus épouser  la réalité de ce qui se crée dans les territoires , là où se déploient projets , pratiques artistiques dans leur relation aux populations . D’où , cette nécessité de redéfinir un nouveau mode de relation fondé sur la complémentarité entre tous ces acteurs publics qui concilie l’attention à la pluralité des démarches artistiques , des lieux , des expressions culturelles   et l’efficacité d’une action publique au service d’un  projet de territoire  . J’ai souhaité évoqué brièvement quelques-uns des symptômes de la crise politique et culturelle que nous vivons . C’est une crise des valeurs , c’est une vraie rupture idéologique orchestrée et assumée par un gouvernement de droite ,  c’est l’illustration d’un manque d’anticipation face aux bouleversements que connaît ce secteur à la fois du côté des artistes , de leur environnement social , technologique mais aussi du côté des citoyens , de leurs pratiques .

C’est finalement le rôle et la place de l’art et de l’artiste dans notre société du 21 ème siècle , face à la mondialisation qui se pose et celle que l’on réserve au citoyen dans cette relation dialectique  .

 Les grands enjeux pour le PS

 L’une des grandes difficultés à  surmonter est d’abord celle de notre incapacité à avoir une approche globale , non segmentée du monde qui nous entoure  .

 Parce que les questions du vivre ensemble , du savoir et de l’innovation sont au coeur de nos préoccupations . Parce que les questions de décentralisation , de création et de transmission font partie intégrante des valeurs que nous portons . Parce que les questions européennes et internationales sont indissociables des réflexions sur la diversité , la laïcité , l’identité et l’ouverture à l’autre . Parce qu’enfin , les questions économiques , d’emploi , du numérique sont intimement liées à notre capacité d’anticiper sur les évolutions sociétales de demain . Parce que les artistes et les politiques peuvent  « dire le monde dans une vision critique et anticipatrice » ,  nous avons , en tant que socialistes , le devoir de réaffirmer l’importance de l’art et la culture dans notre projet .

« La réalité ne peut-être franchie que soulevée » René Char

 Le défi est  en tout premier lieu de redonner du sens au politique comme moyen de réinvestir le champ de la pensée et de l’action publique et comme outil de régulation .

Quand l’art n’a pas la place qu’il mérite , ce n’est pas lui qui va le plus mal , c’est bien plutôt la société qui ne sait plus la lui donner  . Or nous en avons besoin pour reconstruire du vivre-ensemble . Cela passe  par une confiance retrouvée avec le monde de la culture .Car , si l’art et la culture sont  des produits du lien social , elles  sont aussi les conditions d’existence de ce lien .

Le chantier est complexe parce que repenser  un projet culturel suppose de s’affranchir de certains concepts , celui  par exemple de l’oeuvre comme seule finalité , celui  de  l’excellence  comme principal  critère de choix ou  celui du rôle de l’Etat comme unique  expert . Et ce n’est que quelques points , il y en a bien d’autres .

Créer les conditions d’accompagnement des expressions les plus diverses , de la créativité , de l’innovation sur l’ensemble des territoires dans l’exigence et le lien avec les populations  appelle la remise en cause de  nos références , la définition de nouvelles modalités d’intervention , l’insertion de la culture dans  l’ensemble des politiques publiques qui fondent notre projet de société , l’éducation , la recherche , la formation , l’aménagement du territoire , la solidarité , la politique de la ville  (…)C’est alors que resurgit la question de l’éducation populaire comme  élément essentiel d’une politique culturelle humaniste que nous voulons retravailler collectivement .

 Les grands chantiers de réflexion et de travail

 En premier lieu , il convient de repenser la  dialectique entre art/création et public/population.

Dépasser la simple question de l’oeuvre et de l’excellence pour élargir le champ culturel à une dynamique de projet .Un projet artistique et culturel lié à un territoire – dans toutes ses acceptions même imaginaire- qui s’affranchit des modèles et des formes , qui  s’extrait de la relation producteur/consommateur en révélant une nouvelle « figure de l’amateur », qui retrouve le sens des valeurs symboliques partagées .C’est redonner à la place et au rôle de l’art et de l’artiste dans notre société , une dimension essentielle , politique et sociale au sens sociétal du terme .Ce chantier est fondamental car il doit être en prise sur les évolutions du monde contemporain . Etre attentif aux mutations , c’est prendre des risques , c’est s’aventurer , c’est tout simplement ne pas s’enfermer dans des représentations toute faite .C’est ainsi soutenir et promouvoir la création artistique , qui a besoin d’un climat d’indépendance , de conditions pour s’épanouir, et il faut rappeler à ce sujet que la liberté d’expression et de création est une valeur essentielle, chèrement obtenue , mais jamais définitivement acquise. Les menaces qui pèsent sur les libertés publiques sont des menaces directes sur la vie artistique et culturelle.

 Le deuxième grand chantier est  la question de la transmission . Nous l’avons maintes et maintes fois réaffirmé , l’éducation artistique de la maternelle à l’université doit être au coeur de notre projet socialiste .Nous avons tant regretté le plan de 2000 dit  Lang/Tasca qui  a été purement et simplement enterrée alors que le Président de la République vante l’éducation artistique . Les arts du sensible doivent retrouver leur place au côté des savoirs fondamentaux .

J’ajouterai à ce deuxième chantier  , la question des enseignements artistiques et de la formation .

 Le troisième enjeu consiste à bâtir une nouvelle stratégie de régulation des industries culturelles, et ce dans le nouveau contexte de l’ ère numérique et du développement des technologies de l’information et de la communication. Il intéresse la production des contenus comme leur accès au plus grand nombre .La révolution numérique appelle une viligance particulière pour assurer la préservation et le développement du cinéma , de l’édition , de la musique enregistrée et simultanément conduit à revisiter le thême de la démocratisation culturelle , en prenant en compte les nouvelles pratiques artistiques et sociales qui se déploient sur le net. Inventer de nouveaux modèles économiques pour les industries culturelles , sauvegarder le modèle français et européen du droit d’auteur, encourager les nouveaux usages , telles sont les conditions d’un équilibre , encore plus riche et plus libre grâce aux bouleversements technologiques.

 Le quatrième enjeu est celui du nouveau paysage institutionnel de demain . Celui-ci doit redéfinir les cartes dans une nouvelle partition entre l’Etat et les Collectivités Territoriales .  Il touche à  à l’aménagement du territoire , à la question des financements et aux rôles respectifs de chacun des acteurs publics .Cette question qui n’est pas nouvelle doit cependant être traitée , certes dans le nouveau contexte de la réforme des institutions qui  , à l’heure où j’écris ces lignes , n’est pas connue mais aussi  avec une vision réformiste d’un Etat qui doit être en mesure de s’adapter à une nouvelle donne territoriale . Elle concerne le Ministère de la Culture , son positionnement stratégique et transversal , elle  concerne ses services déconcentrés , leurs missions et leur rôle face à la montée en puissance de l’ensemble des collectivités territoriales. Ellesconcerne la répartition des responsabilités et pose la question du chef de file entre tous les acteurs .

 Le cinquième enjeu , tout aussi fondamental, est celui de l’Europe et de la dimension internationale. Alors que l’actuel gouvernement met en coupe réglée le réseau culturel extérieur de notre pays pour des raisons de restriction budgétaire, il nous faudra affirmer avec notre ambition:celle d’un monde culturel multipolaire. Il y a va de la diversité culturelle sur notre planète. La mondialisation culturelle ne saurait être soumise aux seuls intérêts financiers de quelques pays.

L’Europe se dotera-t-elle enfin d’une action d’envergure pour la culture ? La France qui a forgé le concept d’exception culturelle, doit redevenir le fer de lance de la construction d’une Europe de la culture , et les socialistes doivent en être les infatigables promoteurs.

La tâche est immense et passionnante . Elle devra être élaborée collectivement , et se nourrir de l’apport de toutes les forces vives culturelles  .C’est sûrement un sixième chantier …indispensable.

L’engagement de tous  pour la culture est plus que jamais nécessaire . 

Culture en luttes, secrétariat national culture

Communiqué de Patrick BLOCHE, Secrétaire national aux médias Et Razzy HAMMADI, Secrétaire national aux services publics

01/04/2009


Communiqué de

Patrick BLOCHE, Secrétaire national aux médias

Et Razzy HAMMADI, Secrétaire national aux services publics

 

Plan social à RFI, quand l’Etat ajoute de la crise à la crise

 
Patrick Bloche, député de Paris et secrétaire national chargé des médias et Razzy Hammadi, secrétaire national aux services publics ont rencontré hier et aujourd’hui la délégation intersyndicale (SNJ, FO, SNRT-CGT, SNJ-CGT) des représentants du personnel de RFI.

 Lors de ces deux entrevues ont été abordés successivement :

 -       Le plan social lancé en janvier portant sur la suppression de 206 postes soit 20% du personnel.

-       La suppression sans aucune concertation ni information, d’émissions à l’étranger et en direction des communautés étrangères en France menant au démembrement de la mission de service public de RFI, 3ème audience mondiale et à la remise en cause du rôle de la France à l’étranger.

-       La politique conduite par la direction de RFI, représentée par Alain de Pouzilhac (par ailleurs président du comité de surveillance du troisième groupe de casino en France) et par Christine Ochkrent, la compagne du ministre de tutelle de l’audiovisuel extérieur de la France, amène à une politique de casse sociale sous prétexte d’un « déficit chronique » (soit 7 millions d’euros sur un budget total de 130 millions), dont l’existence est principalement due au sous-financement chronique organisé par l’Etat.

Le Parti socialiste tient à rappeler sa solidarité à l’égard des personnels de RFI et sera mobilisé à leur côté dans le cadre des actions et initiatives qu’ils prendront dans les semaines qui viennent.

 Le Parti socialiste demande que le plan social de RFI soit abandonné et que l’Etat par le biais de l’AEF, remette de l’ordre, de la dignité, ainsi que du respect dans le comportement qui doit être le sien, notamment à la tête des entreprise publiques.

 Dans cette perspective, le Parti socialiste exige que le gouvernement  rende public, dans les plus brefs délais, le budget exact de RFI, et notamment la rémunération de ses dirigeants, qui connaît un plan social sans que les informations nécessaires à l’évaluation de son état de santé ne soit communiquées et débattues.

Culture en luttes, Médias

Réflexions sur l’ITW du Président de France Télévisions au Figaro

16/03/2009
Extraits de l’ITW de Patrick de Carolis au Figaro daté du 14 mars 2009 (certains passages ont été soulignés par nous): .. Nous devrions arriver à un accord avec l’État actionnaire sur le plan d’affaires d’ici à fin mars. Damien Cuier y travaille activement et quotidiennement. Puis nous présenterons la réorganisation en entreprise unique à nos salariés et aux partenaires sociaux dans la première quinzaine d’avril. Nous avons une période légale de quinze mois pour définir un nouveau statut social. La période de négociation qui s’ouvre est cruciale pour France Télévisions. En accord avec l’État actionnaire, nous voulons éviter le traumatisme d’un plan social. Je le répète, il n’y aura pas de plan social. En revanche, nous mettrons en place un dispositif de départs anticipés à la retraite fondés sur le volontariat. Selon la photographie statistique de l’entreprise, 900 personnes pourraient entrer dans ce cadre, soit environ 10 % de nos effectifs permanents. Dans le plan d’affaires, il est envisagé que les économies de structures et de coûts de production permettent notamment de compenser le coût de la transformation interne. Compte tenu de nos efforts et de l’évolution des recettes publiques, nous sommes convenus avec l’État actionnaire que 2011 sera la date du retour à l’équilibre opérationnel…

Réflexions:

 

Le Président de France Télévisions (FT) mentionne le terme d’Etat Actionnaire en oubliant que FT n’est pas une société cotée en bourse et que si actionnaires il y a, ce sont les millions de contribuables payant la redevance dont font partie les salariés de France Télévisions..

Le Président de Carolis peut arguer une nouvelle fois qu’il n’y aura pas de plan social alors qu’en direct et depuis plusieurs mois déjà, FT l’organise en se moquant des jugements pour lesquels la holding a été condamnée, violant donc la loi.

En effet, ne respectant souvent pas le code du travail en matière de contrats de CDD, FT a été condamné des dizaines de fois par les Prud’hommes de tout l’hexagone à requalifier des salariés intermittents en CDI et comme riposte à ces décisions légales, FT licencie sans indemnités des salariés pour refus de signer des contrats à temps partiel alors que les jugements ne mentionnent pas ce temps partiel, ou simplement parce qu’ils refusent des mutations d’office!!

FT transforme donc en fautes graves de simples problèmes juridiques et en profite pour faire du chiffre en matière de départs volontaires: l’ensemble des syndicats de FT, toutes tendances confondues, ont dénoncé dans un tract daté du 26 septembre 2008  les effets retors de ces manipulations scandaleuses des Commissions Paritaires par la direction de FT.

Et que dire de la situation des centaines d’intermittents qui ont régulièrement travaillé pour FT dont l’engagement a été rompu unilatéralement et qui se retrouvent en fin de droits sans aucune autre possibilité que de changer de métier pour pouvoir survivre.

Mais comme dirait notre Président de la République: « En matière de réformes, nous n’avons pas vocation à faire de l’aménagement du territoire!! »

Non faire de la politique sociale suffirait amplement.

Depuis sa nomination, Patrick de Carolis répète à l’encan que 900 personnes pourraient entrer dans le cadre de départ volontaire alors qu’à ce jour, selon les syndicats, environ seuls une quarantaine de salariés ont accepté un départ volontaire..

Mais l’important est de faire croire à « l’état actionnaire » qu’il respecte ses engagements de 2007 et maîtrise son navire alors que tout va à vau-l’eau depuis longtemps et que pleuvent sans discontinuer les jurisprudences au bénéfice des salariés qui attaquent FT; l’important pour lui étant surtout, surtout de gagner du temps jusqu’à août 2010, date de la fin de son mandat de président.

.. «S’il n’y avait pas eu l’arrêt de la publicité, je suis certain que TF1 et M6 afficheraient des baisses de recettes non pas importantes mais vertigineuses.» ..

RAS, tout est dit.. Le Service public sert donc la soupe au privé!

.. Mon mandat se termine en août 2010. Cela me laisse le temps de mener à bien cette réforme. C’est le premier point. Le second, c’est qu’il faut avoir une vision qui dépasse mon mandat. Il me semble qu’un manager qui ne dessine l’avenir de son entreprise qu’à l’horizon de ses propres échéances n’est pas un bon manager. Cette réforme, je l’ai voulue, je ferai donc ma part et je la mènerai à son terme car le calendrier me le permet.

A rapprocher de la phrase ci-dessus: « Compte tenu de nos efforts et de l’évolution des recettes publiques, nous sommes convenus avec l’État actionnaire que 2011 sera la date du retour à l’équilibre opérationnel… »

Comme disait Charles Pasqua, du temps de sa splendeur: « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.. »

Et le Président de France Télévisions semble croire qu’on le croit sur parole..

Voire!

Alain SCHLICK

Audiovisuel

Un théâtre et des associations culturelles en danger

13/02/2009

extrait du mail de l’équipe du Théâtre du Pays de Morlaix [NDRL]

L’association Théâtre du Pays de Morlaix – Scène conventionnée Théâtre en territoire, comme plusieurs associations artistiques et culturelles oeuvrant sur le territoire, s’est vu signifier par la Ville de Morlaix une très forte baisse de sa subvention : moins 40% en 2009 !
Concernant le Théâtre du Pays de Morlaix la programmation de spectacles, les actions de sensibilisation et d’initiation, le soutien à la création artistique que nous aurions dû proposer au public au cours de cette année 2009 sont fortement remis en question. Les apports des autres collectivités publiques, dans le cadre du projet de notre Scène conventionnée Théâtre en territoire, sont également en suspens…
Merci de prendre connaissance de la pétition que les acteurs culturels du Pays de Morlaix vous proposent de signer et de rester vigilants à nos côtés ! (lien en page d’accueil)

Culture en luttes, Spectacle vivant , ,

Pour info : Appel du Synavi

10/02/2009

Le Synavi Ile-de-France appelle au rassemblement et à la mobilisation la plus large en réponse à l’actualité liée au monde de la culture et du spectacle vivant.
Vendredi 13 février 2009 à partir de 18h30
à la Maison des réseaux – 221 rue de Belleville – 75019 PARIS

Culture en luttes, Spectacle vivant