L’éducation populaire est morte! Vive l’éducation populaire!
Le Président Sarkozy a utilisé plusieurs fois dans ses discours la figure de l’éducation populaire. N’est-elle que de convenance rhétorique?cosmétique?
En supprimant un ministère de plein exercice, et en le faisant régresser à un Haut Commissariat à la Jeunesse, soit cinquante ans en arrière, il donne l’image, contre productive, d’un entrepreneur qui aurait investi pendant un demi siècle et en refuserait et le retour sur investissement et les bénéfices immatériels.
Sait-il quel bien précieux, il s’apprête à détruire?
En parcourant les figures du discours politique de la Jeunesse, -allégorie-, de la Culture,- métaphore-, du Développement Durable,-oxymore-, les déclinaisons de développement culturel, démocratie culturelle, démocratisation culturelle, de vie associative, de Grenelle de l’environnement, d’Union pour la Méditerranée, de co-développement,… un outil, un moyen apparaît récurrent, incontournable pour qui veut inscrire son action sur la durée, transmettre un patrimoine aux jeunes générations et demeurer dans l’Histoire (pas le musée de l’histoire), l’Histoire: c’est l’éducation.
Les collages institutionnels interministériels de “révision…”, de simplification, n’annulent en rien le coût cumulé de la manie politique d’empilement lexical dit d’ “effet catalogue”.
Or, l’essentiel est là, demeure irréductible: un Etat ne peut brader l’éducation.
Un grand homme d’Etat ne peut faire l’impasse sur l’éducation, encore moins sur l’éducation pour tous, dans un esprit d’égalité d’accès et de traitement.
Métaphore pour métaphore, c’est la poule au pot qu’il supprime.
De la même manière, il ne peut pas parler d’habeas corpus, et laisser tolérer des exemples du non respect de la dignité de l’homme, et du petit d’homme: le “Jeune”.
S’agirait-il alors prosaïquement de jeter le bébé avec l’eau du bain, à l’heure où il descend dans la rue, et est-ce bien responsable et courageux politiquement? L’éducation n’est pas le formatage et la transmission rigide, ni un prétexte pour n’exercer, et sans discernement, sans le mécanisme d’indépendance des pouvoirs, la violence légale qui pourrait alors ne plus l’être.
La Bataille de la Culture, c’est la Bataille du Droit! Identité ou Diversité, telle est la question!
Or, l’éducation populaire est ce phénix : “transversale” se déployant en dehors du temps et du lieu de l’école, vecteur de l’accès de tous aux changements notamment technologiques, elle est une véritable éducation à la mutation. Ce n’est pas la polyvalence, la violence du même, qui convient au changement, c’est la transversalité.
Or, précisément à l’heure des changements de modèles, et où la prégnance mondiale du modèle étatsunien a échoué, et cède le pas à des mondialisations très diverses, il est essentiel de comprendre qu’il faut réhabiliter l’éducation au pouvoir, (éducation citoyenne/éco-responsabilité), l’éducation à la rhétorique (force de persuasion), l’éducation aux sciences poétiques comme ferments de l’initiative économique (invention/liberté d’expression).
Par exemple, on le sait, l’informatique doit beaucoup à la musique. On sait aussi que le Commissariat à l’Energie Atomique travaille avec des artistes. sur la pression de la pulpe digitale comme démultiplicateur d’énergie Oubien que la frontière Art - Sciences –Technologie a été levée assez récemment avec le rapport de J. Claude Risset.
Et il ne faut pas oublier l’éducation à l’intelligence collective, collaborative, trés européenne, qui, elle, suppose de renoncer à un peu de sa superbe, et de son ego…
Aussi, si nous ne comprenons pas qu’un jeune “éloquent” n’est pas insolent et qu’enfant de la portabilité, il est doué d’ubiquité, alors nous sombrerons dans le marasme économique.
Si le pouvoir cède à la tentation de la gouvernance par la peur et la censure, alors, il n’y aura plus de droit, et plus de culture. Plus de Culture, partant, plus de richesse et plus de commerce.
Payerions-nous du prix de cette récession le résultat de ce cycle de relégation de tous les ferments du changement , -jeunes, artistes, entrepreneurs, éducateurs, …?
Ce pont avec un nouveau monde ” des possibles”, l’éducation populaire sait le faire: si l’on veut bien s’abstraire des “images conventionnelles du monde de la jeunesse et de l’éducation populaire” ou de celles , parfois polysémiques, de l’économie sociale et solidaire, l’état des lieux établit qu’il existe des acteurs et des professionnnels formés, aux compétences reconnues, des réseaux , des actions capitalisées, un outil amorti, prêt à être mis en action, et dont l’efficience et le rapport “qualité/prix” ont fait largement leurs preuves.
Il est urgent de stopper l’hémorragie : mettre en débat une véritable Loi-cadre sur l’éducation populaire en chantier a pu être une revendication par le passé de socialistes, de syndicalistes. Un vrai débat sur la Jeunesse, exempt de la duplicité de l’étau du temps, d’un pseudo- calendrier enfermant, et bien inutile, est-ce un défi que Monsieur le Haut Commissaire à la Jeunesse et à la vie associative, Martin Hirsh, puisse relever et initier? En aura-t’il les moyens et le loisir ? Comment pourra-t’il s’y prendre pour faire passer le message que seul le travail sur la durée (durable) relève bien de l’éducation. Et qu’il faut savoir perdre du temps pour en gagner ?Le reste n’est, au mieux que sensibilisation, au pire, manœuvres mercantiles.
Aujourd’hui, de manière plus large et transversale, la LOLF ne saurait, comme l’affirme le Président de la Cour des Comptes, servir seule de pilote, il y a d’autres outils. Et la RGPP ne saurait dénier au Service Public ses atouts, à défaut d’avoir su exploiter par la décision politique, leur valorisation, y compris comptablement, en lieu et place de savoir les conjuguer avec d’autres atouts, notamment du privé.
Au delà de l’éducation, c’est bien un débat sur l’ensemble de la RGPP et de l’utilisation technocratique de la LOLF qui prétend, à distance régir la vie quotidienne et intime de l’ensemble de nos concitoyens que nous demandons.
Saluons, dans ce contexte, le courage, le discernement, et la ténacité de nos députés oeuvrant à s’opposer à une révision musclée de l’Ordonnance de 1945 avec le risque de déboucher sur une relégation durable de la Jeunesse !
Nous vous invitons à contribuer ici au débat, à réagir et à suivre les points de rendez-vous de la Section Culture du PS sur tous les chantiers culturels du “Vivre ensemble”.
Nous vous communiquons aussi les coordonnées du Blog de George Pau Langevin, député de la 21è circonscription de Paris, Vice Présidente du Groupe Socialiste chargée de l’immigration et du co-développement à l’Assemblée Nationale, chargé de la petite enfance à la mairie du 20ème arrondissement , autour de qui le travail sur la diversité et le co-développement culturels a été largement favorisé, et que nous espérons accueillir prochainement à la Section Culture du PS.
http://www.georgepau-langevin.com/categorie-10110175.html
Nous vous relayons divers documents : blogs, lettres, appels, intersyndicales …des sphères de l’éducation transversale.
N’hésitez pas à nous faire parvenir vos réactions, vos informations. A vos plumes !
M. Parade
Trésorière
Education populaire